Le Trésor kényan s’apprête à racheter jusqu’à 500 millions de dollars de ses obligations souveraines en devises afin d’allonger la maturité de sa dette et d’alléger la pression sur ses échéances, rapporte l’agence Bloomberg, s’appuyant sur des « sources proches du dossier.»
Cette transaction interviendrait durant l’année fiscale qui s’achèvera fin juin 2027 (ndlr : l’exercice budgétaire en cours, qui a débuté le 1er juillet 2026). Le montage consisterait à procéder à l’émission simultanée de nouvelles obligations libellées en dollars et de les substituer par des emprunts à taux bas. Selon Bloomberg, la décision finale n’a pas encore été arrêtée.
Reste que si elle se concrétise, cette opération sera le quatrième rachat de ce type mené en deux ans. Elle traduirait une accélération de la gestion active de la dette par le Trésor kényan : remplacer une dette arrivant à échéance par des titres de maturité plus longue.
En février 2026, le pays avait levé 2,25 milliards de dollars en deux tranches, dont une obligation arrivant à échéance en 2039 assortie d’un coupon de 8,70 %, afin de financer un précédent rachat et de couvrir le déficit budgétaire. Auparavant, le Kenya avait levé 1,5 milliard de dollars en 2024, puis 3 milliards en 2025, et conclu avec la Chine un accord de swap de devises.
À Nairobi, le contexte financier reste tendu. Le Kenya consacre davantage de ressources au service de sa dette qu’à la santé et à l’éducation. Le FMI le classe parmi les pays présentant un risque élevé de surendettement. Sur les 43,7 milliards de dollars de dette extérieure recensés fin mars 2026, le pays devait 15,3 milliards à la Banque mondiale, 10,6 milliards aux détenteurs d’eurobonds et près de 4,69 milliards à la Chine, selon les données du Trésor.





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