Le secteur de l’assurance agricole reste peu développé en Afrique malgré l’immense gisement d’opportunités qu’il offre dans un contexte de recrudescence des événements climatiques extrêmes, souligne un rapport publié par Ecofin Pro, la plateforme professionnelle de l’agence Ecofin.
Le rapport précise que ce segment du marché de l’assurance est encore embryonnaire sur le continent. A peine, 1% des petits agriculteurs africains étaient assurés en 2016/2017 (ndlr : année de référence de l’étude) contre 15% en Amérique latine et près de 50 % en Asie. Selon les données d’Allianz Re, les primes d’assurance agricole ont atteint 320 millions de dollars en Afrique en 2020, soit moins de 2 % du total des primes relatives à l’assurance non-vie.
Au plan mondial, l’Afrique fait figure de petit poucet en matière d’assurance agricole. Il représente moins de 1 % des primes estimées à 46 milliards de dollars dans un marché dominé par les États-Unis et la Chine qui cumulent à eux deux 27 milliards de dollars de primes.
Outre sa taille réduite, le marché africain de l’assurance agricole est très inégalement réparti. L’Afrique du Sud est de loin le premier marché du continent, avec plus de 100 millions de dollars de primes en 2020.
La nation arc-en-ciel est suivie de très loin par le Maroc et le Botswana, qui cumulent des primes comprises entre 20 millions et 40 millions de dollars. Les deux autres marchés avec des primes dépassant la barre des 10 millions de dollars sont la Zambie et le Nigeria.
Le rapport indique également que l’assurance agricole a connu un véritable engouement de la part des gouvernements, qui y voient un moyen de limiter l’impact des catastrophes sur les revenus des petits producteurs et de renforcer la résilience des communautés dans un contexte de changement climatique. Avec le soutien de certains acteurs privés du secteur de l’assurance et les organisations internationales, diverses initiatives ont ainsi fleuri dans de nombreux pays du continent surtout dans l’assurance indicielle qui est perçue comme plus pertinente pour gérer les risques climatiques qui pèsent sur la production.
À côté du secteur public, les assureurs privés peuvent jouer un rôle prépondérant dans le développement de l’assurance agricole. Avec la recrudescence des événements extrêmes en raison du changement climatique, le besoin sera plus important pour aider le secteur agricole à faire face aux risques accrus qui pèsent sur la sécurité alimentaire.
Le dernier rapport d’évaluation de la FAO montre que 8 % du PIB agricole a été affecté entre 1991 et 2021 par des événements climatiques extrêmes comme les sécheresses prolongées et les inondations, soit le double de l’Asie et un niveau légèrement supérieur à celui enregistré en Europe et en Amérique (7,5 %). Ces dégâts considérables montrent que des opportunités existent pour les assureurs de développer des produits adaptés aux besoins des producteurs africains. La micro-assurance agricole constitue dans ce cadre une niche prometteuse pouvant permettre de toucher les acteurs à faibles revenus sur le continent africain, qui abrite 51 millions de fermes dont 80 % ont une superficie inférieure à 2 hectares.
Selon le rapport «État des lieux de la micro-assurance 2022» du Microinsurance Network, co-publié avec la Fondation Munich Re, la valeur potentielle du marché de la micro-assurance agricole en Afrique pourrait atteindre 7 milliards de dollars en Afrique.











