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Jean-Louis Baroux est le fondateurd’APG, premier réseau mondial de représentations de compagnies aériennes, présent dans cent cinquante pays. On lui doit plusieurs essais sur le transport aérien, dont Transport aérien. Ces vérités que l’on vous cache (L’Archipel, 2017) et un roman, Peur sur le Vatican (L’Archipel, 2014).
On s’y était trop habitués. La pression du public, une concurrence effrénée entre les transporteurs, les formidables avancées technologiques, l’arrivée en force des « low costs » et le trop fameux « yield management » ont entraîné une baisse quasi constante des tarifs aériens surtout à partir du milieu des années 1990. Et on s’y était habitué à tel point qu’il était impossible d’imaginer les prix que payaient les passagers dans les années 1970 qui ont vu l’apparition du transport de masse avec l’arrivée des très gros porteurs. Eh bien, cette époque est révolue au moins pour un certain nombre d’années
Édito | Aviation commerciale : guerre du Golfe, les gagnants et les perdants [Par Jean-Louis Baroux]
Les premiers perdants sont évidemment les populations des pays concernés, victimes innocentes de bombardements. On ne peut pas oublier que ce conflit a déjà fait plus de 2.000 morts répartis dans tous les camps. Pris au piège, les habitants n’ont d’autre ressource que de fuir ou faire le dos rond en espérant la fin de leur cauchemar
L’offensive puissante et constante des promoteurs de l’écologie a fait effet d’un épouvantail sur le transport aérien qui, fort injustement attaqué, a cherché des parades quitte à modifier en profondeur certains aspects de cette activité, comme, par exemple l’arrêt de la baisse des tarifs. Toutes les mesures prises, ne sont d’ailleurs pas sans intérêt car plus ce secteur d’activité répondra aux critères de bonne conduite écologique et plus il sera rentable. Cela nécessite néanmoins de colossaux investissements qui ne feront leur plein effet qu’à très long terme, tout en étant financés à court terme. On ne fera pas l’économie d’augmentations de tarifs pour financer les recherches si complexes. Mais les contraintes subies par les opérateurs ne sont sensibles que très progressivement. Un autre facteur est beaucoup plus pénalisant : c’est la géopolitique.
Surprise, la semaine dernière, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) à condamné en dernière instance, après 16 ans de procédures, un (soi-disant) cartel de compagnies aériennes, pour entente sur les prix de service dans le secteur du fret aérien. Cela concerne entre autres Air France, KLM et leur filiale Martinair, mais aussi British Airways ou Singapore Airlines. Et le montant des amendes n’est pas anodin : 183 millions d’euros pour Air France, 127 pour KLM par exemple
Les résultats financiers de 2025 sont en train de tomber et ils donnent une bonne idée de l’évolution du secteur. Les compagnies aériennes européennes se tirent à leur avantage de cette dernière année alors que les géants américains restent un peu à la peine. Au total l’année 2025 n’aura pas été si mauvaise, aidée en cela par un coût du pétrole resté raisonnable autour des 67 dollars le baril en moyenne. Rappelons que, en 2010, les analystes l’attendaient à 200 dollars ! Comme quoi, faire des prévisions surtout à long terme reste un exercice périlleux
Si un continent a bien besoin du transport aérien, c’est bien l’Afrique. Les distances à parcourir sont importantes et les infrastructures au sol relativement faibles et souvent en mauvais état. Raison supplémentaire pour les aspects sécuritaires car ce continent est encore traversé par de nombreuses luttes intestines. J’ajouterai que le taux de croissance africain est l’un des plus élevés au monde et que sa population très jeune est avide de progrès. Bref, tout se conjugue pour que le transport aérien y trouve une place comme nulle autre part ailleurs dans le monde
Le cap des 5 milliards de passagers sera dépassé en 2026. Pour atteindre ce niveau exceptionnel, il ne faut pas moins de 28.000 appareils en service pour desservir un peu plus de 4.000 aéroports dans le monde. Ce volume de trafic commence à poser de sérieux problèmes.
Quelle meilleure reconnaissance du transport aérien que son succès et sa croissance constante depuis sa renaissance en fin de la deuxième guerre mondiale. Il a atteint 5 milliards de passagers, 1.000 milliards de dollars de chiffre d’affaires, autour de 20.000 avions en service et chaque nouvelle version est plus performante que la précédente, et des perspectives toujours optimistes en dépit des nombreux obstacles qui jalonnent son parcours.
Le bras de fer est entamé entre Ryanair et les Etats européens. Ces derniers, voyant la croissance régulière des flux de passagers aériens, et pensant donner des gages aux écologistes, ont tous pris le chemin de la taxation des compagnies. A leurs yeux, cela a un double effet : d’abord ralentir les volumes de trafic en particulier les mouvements d’avions sources d’une pollution ciblée par certains électeurs, et surtout faire rentrer de l’argent dans les caisses publiques qui en ont bien besoin. Taxer les passagers est bien vu électoralement car ils sont encore en minorité par rapport aux électeurs et…
La sous-traitance est plus que largement répandue dans le transport aérien. Elle n’est pas nouvelle et pourtant elle n’existait pratiquement pas dans les débuts de ce secteur d’activité. Les constructeurs, les opérateurs et les aéroports avaient tous intégré les différentes composantes de leurs métiers. Les compagnies aériennes avaient même gardé les fonctions de nettoyage des cabines dans leur périmètre. Et puis, le temps passant, les personnels des grandes sociétés ont demandé et obtenu des avantages couteux pour les compagnies et ces dernières, une fois lancées dans une course effrénée pour afficher un des tarifs toujours plus bas, se sont vues…
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![Edito | Aviation commerciale : stop à la baisse des tarifs aériens [Par Jean-Louis Baroux] Il serait plus honnête, disons le mot, d’afficher directement le nouveau tarif plutôt que de maintenir les accroches promotionnelles. C’est tout de même prendre les consommateurs pour des gogos. Cette pratique est d’autant plus curieuse que la plupart des transporteurs crient avant d’avoir mal. Les plus importants d’entre eux pratiquent le « hedging » qui consiste à se protéger des aléas en achetant leur carburant longtemps à l’avance.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/03/Avion-.jpg)
![Édito | Aviation commerciale : guerre du Golfe, les gagnants et les perdants [Par Jean-Louis Baroux] Le transport aérien et son corollaire le tourisme sont également deux des secteurs d’activité les plus touchés, mais il y des nuances et parmi les protagonistes il y a aussi des gagnants.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/03/Dubai-1-1-scaled.jpg)
![Edito | La géopolitique, principale incertitude pour le transport aérien [Par Jean-Louis Baroux] Elle vient de se rappeler à notre bon souvenir depuis l’extension du conflit au Moyen-Orient. Brutalement le trafic aérien dans la région a été mis à l’arrêt presque complet. Il faut dire que les avions civils peuvent représenter des cibles de choix alors qu’ils sont dans l’incapacité de se défendre et que les aéroports constituent des infrastructures importantes, parfaitement localisées et qu’il suffit d’un seul impact, même sur un parking, pour les mettre à l’arrêt.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/03/Dubai-.jpg)
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![Édito | Aérien : le réveil de l’Afrique [Par Jean-Louis Baroux] Et pourtant, ce secteur d’activité est encore loin de sa maturité. Les causes en sont multiples. D’abord la résistance des Etats à l’ouverture de leur espace aérien afin de protéger leur compagnie nationale. Les conventions signées ne sont pas respectées en dépit des déclarations triomphales qui marquent la fin des réunions. Ensuite un manque flagrant de capitaux. Le transport aérien est un gros demandeur de fonds propres et les Etats, pour la plupart propriétaires de leur transporteur national freinent pour financer les équipements. Et puis il faut bien mentionner la corruption qui règne dans nombre de pays ce qui limite l’accès de l’argent au bon endroit.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/02/Ethiopian-Airlines-1-1.jpg)
![Édito | Aérien : l’impasse [Par Jean-Louis Baroux] D’abord il faut disposer de l’espace aérien en particulier dans les zones très denses comme les Etats Unis ou l’Europe. Ensuite il faut bien admettre que le transport aérien est source d’émission de CO², même s’il ne représente que moins de 3% des émissions. Enfin il faut tenir compte de l’attitude des populations riveraines des grands aéroports qui supportent de plus en plus mal le survol des appareils même si ceux-ci font de moins en moins de bruit.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/02/Al-Maktoum.jpg)
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![Édito | Aérien : les compagnies peuvent-elles dicter leur loi aux États ? [Par Jean-Louis Baroux] Mais les choses ne sont pas si simples. D’abord les nouvelles taxes que les compagnies devront bien acquitter seront intégralement mises à la charge des consommateurs et ces derniers commencent sérieusement à râler. Et les transporteurs ont une parade toute trouvée : puisque les Etats ne les aiment pas, ils s’en vont purement et simplement. C’est exactement ce que les compagnies «low costs» sont en train de faire. Or ces dernières ont tenu un rôle essentiel dans le maintien des économies des régions délaissées par le développement industriel.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/01/Avion-1-1.jpg)
![Édito | Transport aérien : les limites de la sous-traitance [Par Jean-Louis Baroux] Alors la grande période de la sous-traitance a été lancée, souvent même avec l’appui des grands donneurs d’ordre. Le bénéfice économique a été certain. Le donneur d’ordre débarrassé de la contrainte sociale avait beau jeu de mettre en concurrence les sous-traitants dont il avait d’ailleurs aidé la création pour faire baisser le prix de revient du service.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/01/Avion--1536x1024.jpg)
