Derniers articles
- Sénégal | Énergie : la SAR prépare le grand virage du raffinage
- Côte d’Ivoire | Mobilité : Abidjan accélère sur le transport intelligent pour désengorger la métropole
- Invité du Mois | Luc Doumont, Président de l’Association internationale des douaniers francophones : « L’Afrique ne doit pas être condamnée à demeurer un fournisseur de matières premières »
- Kenya | Énergie : Nairobi lance un projet de raffinerie de 15 milliards de dollars à Lamu
- Maroc | Législatives 2026 : une nouvelle configuration de la Chambre des représentants
- Afrique du Sud | Diplomatie : Mbeki pressenti pour dénouer la crise avec Washington
- Cameroun | Programme routier : la BAD exclut China Railway 20th Bureau Group pour pratique frauduleuse
- Abidjan | Afrique numérique : Yango mise sur les talents locaux pour soutenir l’innovation et la compétitivité
- Page 4
Jean-Louis Baroux est le fondateurd’APG, premier réseau mondial de représentations de compagnies aériennes, présent dans cent cinquante pays. On lui doit plusieurs essais sur le transport aérien, dont Transport aérien. Ces vérités que l’on vous cache (L’Archipel, 2017) et un roman, Peur sur le Vatican (L’Archipel, 2014).
Voilà un sujet auquel tout le monde peut répondre. Le transport aérien peut-il exister sans le tourisme et quel serait l’avenir du tourisme sans le transport aérien ? Les comportements ont bien changé depuis le début de l’aviation civile moderne à la fin de la deuxième guerre mondiale. On est passé d’un transport très cher, d’une fiabilité aléatoire et fréquenté par une élite, à un transport de masse dont une très grande partie de la clientèle est composée par des touristes.
L’incident, puisqu’il faut bien appeler ainsi ce qui est arrivé à un Airbus de JetBlue la semaine dernière, est significatif de la fragilité des géants de l’aéronautique. Le phénomène est d’ailleurs bien décrit dans un article d’AeroBuzz par son rédacteur en chef Gil Roy.
Comment qualifier autrement la lutte que se livrent les constructeurs d’avions ? Je ne parle pas seulement d’Airbus et de Boeing, mais des motoristes, des équipementiers et des nouveaux arrivants, chinois en particulier, sans oublier Embraer voire ATR. Les chiffres publiés par le cabinet ID Aero dont les analyses font autorité, donnent un peu le tournis.
Le développement du transport aérien se mesure par sa croissance en nombre de passagers, on va atteindre 5 milliards en 2026 et en chiffre d’affaires, on frôle les 1000 milliards de dollars US en 2025 et on les dépassera en 2026. Gardons à l’esprit la montée continue en volume et en recettes du secteur d’activité même si les résultats économiques des compagnies aériennes ne sont pas toujours au rendez-vous. Mais, depuis la fin du Covid la situation s’améliore. En fait la croissance est tirée par l’arrivée d’avions plus performants, ce qui permet une baisse des tarifs aiguisée par une course…
Décidément il faut avoir les reins solides pour créer une compagnie aérienne. Plus on avance dans la technologie, plus la sécurité devient parfaite, plus la consommation de carburant diminue, plus au fond le transport aérien devient un modèle pour le futur de la planète et plus il est attaqué. Et dans cet ensemble, les transporteurs, ceux qui finalement prennent tous les risques, sont les plus impactés par les attaques contre ce secteur d’activité. Pendant des décennies l’aérien civil a été le chouchou des gouvernements. Ceux-ci ont largement aidé leurs compagnies nationales à se développer à coups de protections de tous…
Il est toujours intéressant d’assister à des conférences internationales surtout si, comme au récent World Connect, elles réunissent des participants venus de 92 pays, c’est-à-dire du monde entier. Cela évite de toujours tourner autour des mêmes sujets.
C’est une constante dans le transport aérien depuis que les compagnies aériennes ont accepté de coopérer en échangeant leurs billets au travers des accords «Interline» qui datent de 1948 si ma mémoire est bonne. Mais depuis que ce secteur d’activité est entré dans le monde concurrentiel, les compagnies se rapprochent les unes des autres non seulement par des accords, mais surtout par des prises de participation et, voire même, des rachats.
Tous les clients du transport aérien se rendent bien compte que certaines pratiques paraissent curieuses, voire inutiles. Les interactions entre les acteurs sont pour le moins parcimonieuses, chacun d’eux voulant préserver quelques petits avantages par rapport à d’autres et les législateurs se mêlent parfois de ce qui ne les regardent pas.
Il est un poste dont rêvent tous les salariés ambitieux du transport aérien, celui de Président Exécutif d’une compagnie aérienne. Et pourtant, à la réflexion est-ce un métier si enviable ? Les contraintes aussi bien internes à l’entreprise que reliées à son environnement, au milieu desquelles il doit évoluer, peuvent rendre la vie impossible. Les lister est un vrai casse-tête, mais on peut au moins esquisser les plus voyantes.
Il fut un temps, pas si éloigné, où les compagnies nordiques faisaient envie aux autres opérateurs européens. C’était l’époque où SAS (Scandinavian Airlines System) pouvait être nommée la meilleure compagnie du monde au milieu des années 1980 et où Finnair tissait son réseau entre l’Europe et l’Asie en faisant transiter les passagers par Helsinki. Il faut rappeler que ces compagnies nordiques sont parmi les plus anciennes au monde. SAS a été fondée en 1946, Icelandair en 1937 et même Finnair en … 1923. En dépit de conditions climatiques difficiles et de marchés intérieurs très limités au moins en nombre de clients potentiels, ces opérateurs ont réussi à traverser le temps en devenant des modèles de régularité et d’accueil clients. Les temps en hélas bien changé sauf pour Finnair qui semble bien tirer son épingle du jeu
La newsletter AFRIMAG
Recevez gratuitement la revue des publications Afrimag directement dans votre Email !




![Édito | Les liens indissociables entre le tourisme et le transport aérien [Par Jean-Louis Baroux] Cette évolution s’est faite d’abord très lentement, dans les années 1970 alors que l’aviation civile avait déjà conquis ses lettres de noblesse. Les voyages à motivation personnelle ne représentaient qu’une petite partie de la clientèle, autour de 20% alors que la proportion s’est maintenant inversée. Comment en est-on arrivé là ?](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2025/12/Touristes-et-Aerien-.jpg)
![Edito |Aviation : la puissance ne protège pas de la fragilité [Par Jean-Louis Baroux] En fait il ne s’est pas passé grand-chose, et cela aurait pu rester inaperçu s’il n’y avait pas eu précédemment les accidents des deux Boeing 737 MAX dont ont été victimes Lion Air et Ethiopian Airlines. L’Airbus A320 a fait un piqué intempestif qui a pu être rattrapé par les pilotes et tous les passagers ont atterri sains et saufs. La cause est connue, il s’agit d’un dysfonctionnement du logiciel qui commande la gouverne de profondeur, suite à des radiations solaires. N’étant en aucun cas un spécialiste de ce genre de technique, je me garderai bien d’aller plus avant dans les commentaires. Mais je souhaiterais livrer une réflexion sur la fragilité des deux énormes groupes aéronautiques qui dirigent maintenant, au moins la production et sans doute, même si cela se fait de manière indirecte, tout le transport aérien.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2025/11/Airbus-rappelle-6-000-avions-A320-apres-un-incident-avec-un-logiciel-de-commande-de-vol.jpg)
![Édito | Avionneurs : la lutte des géants [Par Jean-Louis Baroux] L’enjeu est de taille. Les montants sont tellement importants qu’il est difficile de se les représenter. Allez, entrons dans les grands nombres. On estime qu’actuellement 26.750 appareils sont en service commercial dans le monde. Les constructeurs, Boeing en particulier, chiffrent à 50.000 les flottes du transport aérien à l’horizon 2044, c’est dans moins de 20 ans et cela correspond à un doublement du nombre d’avions. Mais ce n’est pas tout, la taille moyenne des appareils augmente régulièrement. Elle est passée de 50 sièges dans les années 1950 à 100 sièges 20 ans plus tard et à 200 sièges maintenant. Et les appareils volent de plus en plus loin.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2025/11/AVsB.jpg)
![Édito | Transport aérien : la vraie concurrence se fait par les aéroports [ Par Jean-Louis Baroux] Gardons à l’esprit la montée continue en volume et en recettes du secteur d’activité même si les résultats économiques des compagnies aériennes ne sont pas toujours au rendez-vous. Mais, depuis la fin du Covid la situation s’améliore. En fait la croissance est tirée par l’arrivée d’avions plus performants, ce qui permet une baisse des tarifs aiguisée par une course à l’affichage le plus performant dans les très gros distributeurs sur Internet.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2025/11/HIA-1536x870.jpg)
![Édito | Transport aérien, la cible facile [Par Jean-Louis Baroux] Pendant des décennies l’aérien civil a été le chouchou des gouvernements. Ceux-ci ont largement aidé leurs compagnies nationales à se développer à coups de protections de tous ordres et d’injections d’argent massives. Ils le faisaient car ils y trouvaient leur compte.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2025/11/Compagnies-aeriennes-.jpg)
![Édito | La communication dans le transport aérien, encore des progrès à faire [Par Jean-Louis Baroux] Le premier constat est que le continent européen se distingue des autres par son attraction vers les sujets environnementaux. Depuis quelques années ce sujet imprègne fortement la communication du transport aérien. Il est sous-jacent dans tous les communiqués et aucune intervention sérieuse ne peut éviter de l’évoquer. Ce n’est pas le cas des autres continents qui s’affranchissent volontiers de cette contrainte. L’explication tient sans doute à la géographie.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2025/11/CLARK-Sir-Timothy-President-EMIRATES--1536x898.jpg)
![Édito | Pourquoi les compagnies aériennes se rapprochent-elles ainsi ? [Par Jean-Louis Baroux] C’est ainsi que d’énormes ensembles se sont créés, d’abord aux Etats Unis avec l’émergence de trois gigantesques groupes : American Airlines, Delta Air Lines et United Airlines. L’Europe a suivi le même chemin et Lufthansa Group, IAG et Air France/KLM ont été créés au début des années 2000. La même stratégie se poursuit en Afrique avec la main mise par Ethiopian Airlines sur des compagnies en difficulté au Togo, Congo Kinshasa, et peut-être en Tanzanie. L’Asie arrive avec le rachat d’Asiana par Korean Air ou la fusion des transporteurs indiens Air India et Vistara.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2025/10/ITA-Airways.jpg)
![Édito | Ces abus qui pénalisent le transport aérien [Par Jean-Louis Baroux] Elles ne sont pas non plus exemptes d’abus. Prenons par exemple la tarification. Qui peut expliquer sur quelles bases on multiplie les tarifs, jusqu’à plus de 100 pour un vol long-courrier dans la même classe de service le même jour ? Voilà une première source de frustration ressentie comme une injustice quand un client se rend compte que son voisin de siège a été plus favorisé que lui. Et ce n’est pas tout, les procédures d’embarquement s’apparentent parfois aux rassemblements des moutons avant leur tonte.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2025/10/Rixe-dans-un-vol-.jpg)
![Edito | Pas facile de gouverner une compagnie aérienne [Par Jean-Louis Baroux] Sa prise en compte a changé l’environnement du transport aérien qui jusqu’à présent devait évoluer en se concentrant sur son économie et sa sécurité.Voilà de quoi occuper l’esprit de tout dirigeant. Il faut maintenant y ajouter cette nouvelle contrainte qui, sans qu’on l’ait vraiment vue arriver, influence de plus en plus l’écosystème dans lequel tout transporteur doit évoluer. Aucun programme d’exploitation ne peut être envisagé sans en tenir compte. Elle influe jusqu’aux compositions de flottes et bien entendu aux lignes à desservir. Et elle ne fera que s’accentuer dans les années à venir](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2025/10/Compagnie-aerienne.jpg)
![Edito| La difficile situation des transporteurs nordiques [Par Jean-Louis Baroux] Comme tous les opérateurs traditionnels, ces compagnies ont pris de plein fouet l’assaut des transporteurs «low costs» au milieu des années 1990, au moment où s’est ouvert l’espace aérien européen. Les nouveaux entrants, forts de leur modèle fait de services minimaux, de recettes additionnelles, d’avions modernes, et de personnel géré sans supporter le poids de l’ancienneté ont pu afficher des tarifs totalement incroyables voire peu crédibles aux transporteurs traditionnels. Ces derniers étaient habitués à vendre cher à une clientèle certes limitée mais fidèle un produit couteux à exploiter mais qui avait fait preuve de sa fiabilité. Or voilà qu’arrivent, sur leurs marchés des d’individus venus souvent de pays étrangers capables d’opérer sur leurs territoires en mettant des tarifs que les compagnies traditionnelles étaient incapables de concurrencer car leurs coûts de revient, leur mode d’exploitation et même leur culture étaient incompatibles avec les nouvelles propositions.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2025/10/Finnair-la-compagnie-finlandaise.jpg)
