- Page 4

L’annonce date de juin 2024 et elle a été réitérée lors du dernier World Economic Forum de Davos dans le pavillon de l’Arabie Saoudite Qu’en est-il des indemnisations ? Il est toujours intéressant de voir les comportements dans les files d’enregistrement ou d’embarquement. Régulièrement des resquilleurs tentent de forcer le passage entrainant de la part des autres passagers de désagréables remarques. Et que dire des réclamations lorsque les avions sont en retard ? Bien entendu cela est très stressant pour des clients un peu inquiets à l’idée de prendre l’avion ou de manquer une correspondance dans l’un des gigantesques «hubs» des gros opérateurs.

Jean-Louis Baroux est le fondateurd’APG, premier réseau mondial de représentations de compagnies aériennes, présent dans cent cinquante pays. On lui doit plusieurs essais sur le transport aérien, dont Transport aérien. Ces vérités que l’on vous cache (L’Archipel, 2017) et un roman, Peur sur le Vatican (L’Archipel, 2014).

Cette évolution s’est faite d’abord très lentement, dans les années 1970 alors que l’aviation civile avait déjà conquis ses lettres de noblesse. Les voyages à motivation personnelle ne représentaient qu’une petite partie de la clientèle, autour de 20% alors que la proportion s’est maintenant inversée. Comment en est-on arrivé là ?  

Voilà un sujet auquel tout le monde peut répondre. Le transport aérien peut-il exister sans le tourisme et quel serait l’avenir du tourisme sans le transport aérien ? Les comportements ont bien changé depuis le début de l’aviation civile moderne à la fin de la deuxième guerre mondiale. On est passé d’un transport très cher, d’une fiabilité aléatoire et fréquenté par une élite, à un transport de masse dont une très grande partie de la clientèle est composée par des touristes.

Lire la suite
L’enjeu est de taille. Les montants sont tellement importants qu’il est difficile de se les représenter. Allez, entrons dans les grands nombres. On estime qu’actuellement 26.750 appareils sont en service commercial dans le monde. Les constructeurs, Boeing en particulier, chiffrent à 50.000 les flottes du transport aérien à l’horizon 2044, c’est dans moins de 20 ans et cela correspond à un doublement du nombre d’avions. Mais ce n’est pas tout, la taille moyenne des appareils augmente régulièrement. Elle est passée de 50 sièges dans les années 1950 à 100 sièges 20 ans plus tard et à 200 sièges maintenant. Et les appareils volent de plus en plus loin.

Comment qualifier autrement la lutte que se livrent les constructeurs d’avions ? Je ne parle pas seulement d’Airbus et de Boeing, mais des motoristes, des équipementiers et des nouveaux arrivants, chinois en particulier, sans oublier Embraer voire ATR. Les chiffres publiés par le cabinet ID Aero dont les analyses font autorité, donnent un peu le tournis.

Lire la suite
Gardons à l’esprit la montée continue en volume et en recettes du secteur d’activité même si les résultats économiques des compagnies aériennes ne sont pas toujours au rendez-vous. Mais, depuis la fin du Covid la situation s’améliore. En fait la croissance est tirée par l’arrivée d’avions plus performants, ce qui permet une baisse des tarifs aiguisée par une course à l’affichage le plus performant dans les très gros distributeurs sur Internet.

Le développement du transport aérien se mesure par sa croissance en nombre de passagers, on va atteindre 5 milliards en 2026 et en chiffre d’affaires, on frôle les 1000 milliards de dollars US en 2025 et on les dépassera en 2026. Gardons à l’esprit la montée continue en volume et en recettes du secteur d’activité même si les résultats économiques des compagnies aériennes ne sont pas toujours au rendez-vous. Mais, depuis la fin du Covid la situation s’améliore. En fait la croissance est tirée par l’arrivée d’avions plus performants, ce qui permet une baisse des tarifs aiguisée par une course…

Lire la suite
Pendant des décennies l’aérien civil a été le chouchou des gouvernements. Ceux-ci ont largement aidé leurs compagnies nationales à se développer à coups de protections de tous ordres et d’injections d’argent massives. Ils le faisaient car ils y trouvaient leur compte.

Décidément il faut avoir les reins solides pour créer une compagnie aérienne. Plus on avance dans la technologie, plus la sécurité devient parfaite, plus la consommation de carburant diminue, plus au fond le transport aérien devient un modèle pour le futur de la planète et plus il est attaqué. Et dans cet ensemble, les transporteurs, ceux qui finalement prennent tous les risques, sont les plus impactés par les attaques contre ce secteur d’activité. Pendant des décennies l’aérien civil a été le chouchou des gouvernements. Ceux-ci ont largement aidé leurs compagnies nationales à se développer à coups de protections de tous…

Lire la suite
C’est ainsi que d’énormes ensembles se sont créés, d’abord aux Etats Unis avec l’émergence de trois gigantesques groupes : American Airlines, Delta Air Lines et United Airlines. L’Europe a suivi le même chemin et Lufthansa Group, IAG et Air France/KLM ont été créés au début des années 2000. La même stratégie se poursuit en Afrique avec la main mise par Ethiopian Airlines sur des compagnies en difficulté au Togo, Congo Kinshasa, et peut-être en Tanzanie. L’Asie arrive avec le rachat d’Asiana par Korean Air ou la fusion des transporteurs indiens Air India et Vistara.

C’est une constante dans le transport aérien depuis que les compagnies aériennes ont accepté de coopérer en échangeant leurs billets au travers des accords «Interline» qui datent de 1948 si ma mémoire est bonne. Mais depuis que ce secteur d’activité est entré dans le monde concurrentiel, les compagnies se rapprochent les unes des autres non seulement par des accords, mais surtout par des prises de participation et, voire même, des rachats.

Lire la suite
Sa prise en compte a changé l’environnement du transport aérien qui jusqu’à présent devait évoluer en se concentrant sur son économie et sa sécurité.Voilà de quoi occuper l’esprit de tout dirigeant. Il faut maintenant y ajouter cette nouvelle contrainte qui, sans qu’on l’ait vraiment vue arriver, influence de plus en plus l’écosystème dans lequel tout transporteur doit évoluer. Aucun programme d’exploitation ne peut être envisagé sans en tenir compte. Elle influe jusqu’aux compositions de flottes et bien entendu aux lignes à desservir. Et elle ne fera que s’accentuer dans les années à venir

Il est un poste dont rêvent tous les salariés ambitieux du transport aérien, celui de Président Exécutif d’une compagnie aérienne. Et pourtant, à la réflexion est-ce un métier si enviable ? Les contraintes aussi bien internes à l’entreprise que reliées à son environnement, au milieu desquelles il doit évoluer, peuvent rendre la vie impossible. Les lister est un vrai casse-tête, mais on peut au moins esquisser les plus voyantes.

Lire la suite
Comme tous les opérateurs traditionnels, ces compagnies ont pris de plein fouet l’assaut des transporteurs «low costs» au milieu des années 1990, au moment où s’est ouvert l’espace aérien européen. Les nouveaux entrants, forts de leur modèle fait de services minimaux, de recettes additionnelles, d’avions modernes, et de personnel géré sans supporter le poids de l’ancienneté ont pu afficher des tarifs totalement incroyables voire peu crédibles aux transporteurs traditionnels. Ces derniers étaient habitués à vendre cher à une clientèle certes limitée mais fidèle un produit couteux à exploiter mais qui avait fait preuve de sa fiabilité. Or voilà qu’arrivent, sur leurs marchés des d’individus venus souvent de pays étrangers capables d’opérer sur leurs territoires en mettant des tarifs que les compagnies traditionnelles étaient incapables de concurrencer car leurs coûts de revient, leur mode d’exploitation et même leur culture étaient incompatibles avec les nouvelles propositions.

Il fut un temps, pas si éloigné, où les compagnies nordiques faisaient envie aux autres opérateurs européens. C’était l’époque où SAS (Scandinavian Airlines System) pouvait être nommée la meilleure compagnie du monde au milieu des années 1980 et où Finnair tissait son réseau entre l’Europe et l’Asie en faisant transiter les passagers par Helsinki. Il faut rappeler que ces compagnies nordiques sont parmi les plus anciennes au monde. SAS a été fondée en 1946, Icelandair en 1937  et même Finnair en … 1923. En dépit de conditions climatiques difficiles et de marchés intérieurs très limités au moins en nombre de clients potentiels, ces opérateurs ont réussi à traverser le temps en devenant des modèles de régularité et d’accueil clients. Les temps en hélas bien changé sauf pour Finnair qui semble bien tirer son épingle du jeu

Lire la suite