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Jean-Louis Baroux est le fondateurd’APG, premier réseau mondial de représentations de compagnies aériennes, présent dans cent cinquante pays. On lui doit plusieurs essais sur le transport aérien, dont Transport aérien. Ces vérités que l’on vous cache (L’Archipel, 2017) et un roman, Peur sur le Vatican (L’Archipel, 2014).
Tous les clients du transport aérien se rendent bien compte que certaines pratiques paraissent curieuses, voire inutiles. Les interactions entre les acteurs sont pour le moins parcimonieuses, chacun d’eux voulant préserver quelques petits avantages par rapport à d’autres et les législateurs se mêlent parfois de ce qui ne les regardent pas.
Il est un poste dont rêvent tous les salariés ambitieux du transport aérien, celui de Président Exécutif d’une compagnie aérienne. Et pourtant, à la réflexion est-ce un métier si enviable ? Les contraintes aussi bien internes à l’entreprise que reliées à son environnement, au milieu desquelles il doit évoluer, peuvent rendre la vie impossible. Les lister est un vrai casse-tête, mais on peut au moins esquisser les plus voyantes.
Il fut un temps, pas si éloigné, où les compagnies nordiques faisaient envie aux autres opérateurs européens. C’était l’époque où SAS (Scandinavian Airlines System) pouvait être nommée la meilleure compagnie du monde au milieu des années 1980 et où Finnair tissait son réseau entre l’Europe et l’Asie en faisant transiter les passagers par Helsinki. Il faut rappeler que ces compagnies nordiques sont parmi les plus anciennes au monde. SAS a été fondée en 1946, Icelandair en 1937 et même Finnair en … 1923. En dépit de conditions climatiques difficiles et de marchés intérieurs très limités au moins en nombre de clients potentiels, ces opérateurs ont réussi à traverser le temps en devenant des modèles de régularité et d’accueil clients. Les temps en hélas bien changé sauf pour Finnair qui semble bien tirer son épingle du jeu
Nous sommes habitués aux chiffres sans cesse croissants du transport aérien, en gros et pour l’année 2025, 5 milliards de passagers, 1.000 milliards de dollars de chiffre d’affaires, plus de 15.000 appareils en exploitation régulière par 1.200 transporteurs dont 800 transportent 98% du marché
Cette question amène une réponse évidente : à transporter des passagers. Bien entendu c’est sa vocation première et le succès du transport aérien en est la plus éclatante démonstration. Près de 5 milliards de passagers en 2025 et une demande qui ne cesse de croitre. Songeons que les habitants plus des 2/3 de la planète n’ont toujours pas accès à ce mode de transport et dès qu’ils le peuvent ils s’y précipitent. Il n’a qu’à voir la formidable évolution de l’aérien en Inde où la compagnie Indigo, par exemple a passé commande de 500 appareils d’une capacité moyenne proche de 200 sièges et a pris une option équivalente. Donc pas de doute, les compagnies aériennes ont une vocation unique : transporter des passagers ou du fret avec des avions. Mais ce n’est pas tout et en regardant de plus près une compagnie aérienne a d’autres vocations.
Les GDS (Global distribution Systems) ne sont pas récents dans l’univers du transport aérien. Créés par les grandes compagnies aériennes entre la fin des années 1970 et le début des années 1980, suite à la dérégulation du transport aérien américain décidée par le Président Carter en 1978, ils se sont imposés comme l’outil incontournable de la distribution en reliant les agents de voyages aux systèmes d’inventaires des transporteurs Cela a tellement bien marché, que les compagnies aériennes traditionnelles, en grande difficulté suite aux aléas politiques et aux arrivées des concurrents «low costs,» ont progressivement revendu leurs participations pour très cher…
La compétition est particulièrement difficile pour décrocher la première position entre les compagnies aériennes. Que doit-on prendre comme principal critère : le nombre de passagers ? le chiffre d’affaires ? le nombre d’appareils ? le nombre de salariés ? et sur quel périmètre se baser : la compagnie leader, le groupe aggloméré autour de celle-ci ? Bref le rang est discuté et discutable.
Le titre est un peu provocateur, mais la question mérite d’être posée. Bien entendu les transporteurs «low-costs» ne vont pas disparaître, mais leur produit et leur mode de fonctionnement rejoignent les méthodes des compagnies traditionnelles et d’ailleurs, ces dernières ont également largement fait évoluer leur opération vers le modèle «low costs.» Dès lors, et tout au moins pour ce qui concerne les courts et moyens courriers, il n’y aura plus qu’un seul modèle hybride pour lequel il serait judicieux de trouver un nom
Pieter Elbers, le CEO de la compagnie indienne IndiGo, qui a passé la plus grosse commande d’appareils jamais vue avec 1021 avions tous chez Airbus, faisait remarquer que la seule vraie différence entre les compagnies aériennes se faisait avec la qualité du personnel de bord. Est-ce si vrai ?
Les 3 et 4 juillet 2025 une petite minorité de contrôleurs aériens français : 272 le jeudi 03 et 251 le vendredi 04 juillet 2025 sur un total de 3.462 aiguilleurs du ciel employés par le service de la navigation aérienne DSNA qui dépend de la DGAC, la Direction Générale de l’Aviation Civile Française se sont mis en grève
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![Édito | Ces abus qui pénalisent le transport aérien [Par Jean-Louis Baroux] Elles ne sont pas non plus exemptes d’abus. Prenons par exemple la tarification. Qui peut expliquer sur quelles bases on multiplie les tarifs, jusqu’à plus de 100 pour un vol long-courrier dans la même classe de service le même jour ? Voilà une première source de frustration ressentie comme une injustice quand un client se rend compte que son voisin de siège a été plus favorisé que lui. Et ce n’est pas tout, les procédures d’embarquement s’apparentent parfois aux rassemblements des moutons avant leur tonte.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2025/10/Rixe-dans-un-vol-.jpg)
![Edito | Pas facile de gouverner une compagnie aérienne [Par Jean-Louis Baroux] Sa prise en compte a changé l’environnement du transport aérien qui jusqu’à présent devait évoluer en se concentrant sur son économie et sa sécurité.Voilà de quoi occuper l’esprit de tout dirigeant. Il faut maintenant y ajouter cette nouvelle contrainte qui, sans qu’on l’ait vraiment vue arriver, influence de plus en plus l’écosystème dans lequel tout transporteur doit évoluer. Aucun programme d’exploitation ne peut être envisagé sans en tenir compte. Elle influe jusqu’aux compositions de flottes et bien entendu aux lignes à desservir. Et elle ne fera que s’accentuer dans les années à venir](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2025/10/Compagnie-aerienne.jpg)
![Edito| La difficile situation des transporteurs nordiques [Par Jean-Louis Baroux] Comme tous les opérateurs traditionnels, ces compagnies ont pris de plein fouet l’assaut des transporteurs «low costs» au milieu des années 1990, au moment où s’est ouvert l’espace aérien européen. Les nouveaux entrants, forts de leur modèle fait de services minimaux, de recettes additionnelles, d’avions modernes, et de personnel géré sans supporter le poids de l’ancienneté ont pu afficher des tarifs totalement incroyables voire peu crédibles aux transporteurs traditionnels. Ces derniers étaient habitués à vendre cher à une clientèle certes limitée mais fidèle un produit couteux à exploiter mais qui avait fait preuve de sa fiabilité. Or voilà qu’arrivent, sur leurs marchés des d’individus venus souvent de pays étrangers capables d’opérer sur leurs territoires en mettant des tarifs que les compagnies traditionnelles étaient incapables de concurrencer car leurs coûts de revient, leur mode d’exploitation et même leur culture étaient incompatibles avec les nouvelles propositions.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2025/10/Finnair-la-compagnie-finlandaise.jpg)
![Édito | Les futurs géants du transport aérien [Par Jean-Louis Baroux] Et la croissance continue au même rythme de 5% par an ce qui amène un doublement tous les 15 ans et ce, en dépit du formidable lobby écologiste, le principal ennemi de ce mode de transport. Je note néanmoins qu’en dépit de cette croissance continue, le transport aérien produit une proportion de CO² en constante diminution par rapport aux autres secteurs économiques de la planète. Il est maintenant sous la barre des 3% et le chiffre va forcément diminuer avec l’arrivée d’une nouvelle génération d’appareils, une meilleure gestion de l’espace aérien et une taille moyenne des avions en constante augmentation. Cette croissance ne sera pas tirée par les transporteurs traditionnels qui poursuivront bon an mal un une progression en dessous de 4%, mais par de nouveaux arrivants.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2025/09/Turkish-Airlines-.jpg)
![Édito | A quoi sert une compagnie aérienne ? [Par Jean-Louis Baroux] Les «legacys» Ce sont les compagnies traditionnelles. Elles ont créé le transport aérien en utilisant la protection des Etats qui de leur côté les utilisent comme moyens de prestige, mais également de pression diplomatique et même de politique interne. Les 197 pays du monde dont deux sont seulement observateurs à l’ONU, le Vatican et la Palestine et deux ne sont pas enregistrés Taiwan et les Iles Cook, ont tous ou presque leur propre transporteur.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2025/09/Avion-.jpg)
![Édito | Les GDS grands profiteurs de l’IA [Par Jean-Louis Baroux] Les GDS (Global distribution Systems) ne sont pas récents dans l’univers du transport aérien. Créés par les grandes compagnies aériennes entre la fin des années 1970 et le début des années 1980, suite à la dérégulation du transport aérien américain décidée par le Président Carter en 1978, ils se sont imposés comme l’outil incontournable de la distribution en reliant les agents de voyages aux systèmes d’inventaires des transporteurs](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2025/09/Amadeus-.jpg)
![Edito | La plus grosse compagnie aérienne au monde [Par Jean-Louis Baroux] Pour autant les plus gros transporteurs sont sans conteste américains et le choix entre American Airlines, United Airlines et Delta Airlines est fluctuant d’une année sur l’autre. En Europe le groupe Lufthansa avec ses filiales allemandes, et les transporteurs nationaux suisse, autrichien, et belge, sans compter la très grosse participation dans la compagnie nationale italienne, pèse d’un très grand poids d’autant plus qu’il se dirige vers un management centralisé. Néanmoins, je me rends au consensus actuel qui attribue à American Airlines Group le titre de premier transporteur aérien au monde.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2025/09/American-Airlines-.jpg)
![Tribune | Compagnies aériennes : la fin des «low-costs» [Par Jean-Louis Baroux] Depuis déjà pas mal de temps la différence entre les deux concepts avait tendance à s’amenuiser. Les transporteurs historiques ont adopté assez facilement le service spartiate à bord de leurs vols, surtout pour ce qui concerne les classes économiques. Ils n’ont pas encore pris l’habitude d’encaisser les prestations supplémentaires à bord, car les personnels navigants ne veulent pas manipuler l’argent, contrairement à ceux des «low-costs» dont une part non négligeable de leur rémunération provient de cette source.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2025/08/Spirit-1536x864.jpg)
![Tribune | Comment les compagnies aériennes se différencient-elles ? [Par Jean-Louis Baroux] Le transport aérien est organisé de manière à ce que tous les opérateurs aient les mêmes chances car ils sont au final dépendants des mêmes règles et ce quel que soit leur pays d’origine. C’est d’ailleurs la seule manière de pouvoir échanger des passagers et des marchandises d’un pays à l’autre et c’est ce qui a contribué grandement au fulgurant développement de cette activité.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2025/08/Connecting--1536x745.jpg)
![Aérien | Aiguilleurs du ciel : CA SUFFIT ! [Par Jean-Louis Baroux] Le résultat a été dévastateur : rien qu’en France 933 vols ont été annulés le jeudi et 1.125 le vendredi soit entre 25% du trafic sur les plateformes parisiennes jusqu’à 50% dans les aéroports du sud comme Nice, par exemple. Cerise sur le gâteau, tous les vols de l’aviation d’affaires ont été annulés. Si on prend une moyenne de 150 passagers par vol, les 2.058 annulations ont impacté un peu plus de 300.000 passagers sans compter les retards et les clients des vols privés. Et sans compter non plus les quelque 1.500 vols européens contraints à l’annulation car dans l’impossibilité de survoler le territoire français par lequel transite une forte proportion de vols du continent.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2025/07/Aiguille-.jpg)
