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L’annonce date de juin 2024 et elle a été réitérée lors du dernier World Economic Forum de Davos dans le pavillon de l’Arabie Saoudite Qu’en est-il des indemnisations ? Il est toujours intéressant de voir les comportements dans les files d’enregistrement ou d’embarquement. Régulièrement des resquilleurs tentent de forcer le passage entrainant de la part des autres passagers de désagréables remarques. Et que dire des réclamations lorsque les avions sont en retard ? Bien entendu cela est très stressant pour des clients un peu inquiets à l’idée de prendre l’avion ou de manquer une correspondance dans l’un des gigantesques «hubs» des gros opérateurs.

Jean-Louis Baroux est le fondateurd’APG, premier réseau mondial de représentations de compagnies aériennes, présent dans cent cinquante pays. On lui doit plusieurs essais sur le transport aérien, dont Transport aérien. Ces vérités que l’on vous cache (L’Archipel, 2017) et un roman, Peur sur le Vatican (L’Archipel, 2014).

Néanmoins, en dépit de toutes ces difficultés, il existe de vraies réussites avec des entrepreneurs professionnels et conscients que les rêves de grandeur ne sont pas compatibles avec cette activité. IL existe dans tous les continents des compagnies dites de «troisième niveau», terme qui devrait être modifié car un peu dévalorisant, et qui sont économiquement prospères. Que ce soit au Gabon ou Afrijet construit avec constance un réseau à base d’ATR 42 ou au Kenya où les lodges ne peuvent être atteints qu’avec des appareils de petite capacité comme les Cessna Caravan largement employés dans d’autres pays africains ou dans les pays asiatiques composés de myriades d’îles accessibles certes en bateau mais dont les dessertes aériennes restent indispensables.  

On parle beaucoup des difficultés que le transport aérien doit affronter pour faire face aux livraisons tardives de la part des constructeurs, aux contraintes liées au lobby écologistes, aux différentes taxations que les gouvernements infligent aux compagnies voire aux pénalités causées par les conflits entre les Etats et les décisions prises de fermer ou d’ouvrir certains espaces aériens tels que la Sibérie.

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La dégringolade a démarré au printemps 2020 et depuis, elle n’a fait que s’aggraver. Le DOT (Departement of Transportation) américain a infligé une amende de 2,5 milliards de dollars au début de 2021, sans doute un peu pour masquer les complicités entre les contrôleurs fédéraux et le constructeur. On pensait que les difficultés s’arrêteraient là, mais cela n’a pas été le cas. D’abord des lanceurs d’alerte se sont manifestés à l’intérieur de Boeing et de son principal sous-traitant Spirit Aerosystems. Deux d’entre eux ont d’ailleurs été atteints de mort subite avant de pouvoir témoigner.

La question commence sérieusement à se poser : le géant Boeing est-il en danger et sa survie est-elle assurée ? L’avalanche de mauvaises nouvelles ne va-t-elle pas entrainer la chute de l’emblématique constructeur ? Le nouveau patron : Kelly Ortberg qui a remplacé pendant l’été Dave Calhoun doit faire face à un énorme arrêt de travail de 33.000 salariés, qui met à bas la production des 737 MAX, 777 et 767. On ne voit pas où la descente va s’arrêter

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Que retenir de tout cela ? C’est d’abord que la demande de transport aérien, loin de fléchir, reste très dynamique. Dès lors la capacité des A380 devient incontournable pour pallier les difficultés de livraison de Boeing, dont on ne sait pas quand elles se termineront. Il est possible que les transporteurs qui ont sorti ce modèle de leur flotte soient amenés à le regretter. Et enfin il est clair que le transport aérien aura besoin d’un très gros porteur, de l’ordre de 100 places pour résoudre l’impossible équation qui consiste à satisfaire la demande de transport tout en atteignant les objectifs de décarbonation annoncés pour 2050.

C’est l’histoire d’un succès transformé en échec pour finir par devenir une réussite pour les transporteurs capables de le rentabiliser. Son histoire a commencé par une esquisse dès 1988 car il fallait à l’époque se positionner en face d’un Boeing triomphant. Pour autant il a fallu attendre 7 ans pour démarrer le projet en 1995 et 10 autres années avant de réaliser le premier vol le 27 avril 2005. La première compagnie livrée a été Singapore Airlines qui a réalisé le premier vol commercial le 15 octobre 2007

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Les opérateurs historiques font face à l’augmentation de leurs coûts de production sous l’effet des demandes croissantes de la part de leur personnel. C’est d’ailleurs le rôle des syndicats devenus très puissants, capables même de bloquer une stratégie d’entreprise comme on a pu le voir il y a quelques années dans le groupe Air France/KLM où la croissance de l’opérateur «low cost» du groupe a été bloquée par les syndicats. Depuis les affaires se sont heureusement arrangées.

Le transport aérien moderne date de la fin de la deuxième guerre mondiale, il aura 80 ans l’année prochaine. Depuis ce temps il a connu une formidable évolution portée par la fabrication de modèles d’avions de plus en plus performants, d’un contrôle aérien d’une grande fiabilité le tout pour suivre une demande de transport qui ne cesse d’augmenter au fur et à mesure de l’arrivée sur le marché d’une classe moyenne dans les continents les plus peuplés. Mais, alors que les progrès technologiques sont permanents et impressionnants, le modèle des compagnies aériennes est resté figé autour de deux concepts : les transporteurs traditionnels et les compagnies «low cost.» Or il semble bien qu’il faille inventer un nouveau modèle

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Ce secteur d’activité est par essence très fragile et cette faiblesse n’épargne personne y compris les très grands transporteurs. Faut-il rappeler que les 3 plus grands groupes américains et donc mondiaux : Delta Air Lines, United Airlines et American Airlines sont passés eux aussi par la voie du Chapter 11 qui leur a permis de se redresser au prix de colossaux efforts et du licenciement de dizaines de milliers de salariés. SAS et Avianca pour n’en citer que deux n’ont dû leur salut qu’à l’utilisation de ce même moyen.

Le sujet revient régulièrement dans l’actualité dès qu’une nouvelle faillite est prononcée à l’encontre d’une compagnie aérienne.C’est cette fois-ci le cas d’Air Belgium qui va laisser 11000 clients sans solution sauf à acheter un billet sur un autre transporteur. Et même depuis 2023, année faste s’il en fut dans le transport aérien, plusieurs dizaines de compagnies aériennes ont dû cesser leur activité

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Il faut dire que l’arrêt des livraisons des modèles phares de Boeing : les 737, 777 et 767 cargos porterait un coup très dur à une société qui se débat dans d’inextricables difficultés. Le nouveau Directeur général, Kelly Ortberg, hérite non seulement d’une image très dégradée, d’une surveillance pointilleuse de la part des autorités américaines mais en plus d’une dette de 60 milliards de dollars largement créée par les directions précédentes qui ont sacrifié l’avenir de l’entreprise pour distribuer aux actionnaires des ressources financières que la compagnie n’avait pas, le tout avec une action qui a dévissé de 40% depuis le début 2024.

Le constructeur américain n’avait surement pas besoin de cela. Un syndicat majeur de Boeing, IAM fort de ses 30.000 adhérents, vient de déclencher une grève dont on peut espérer qu’elle soit de courte durée si la direction accepte les augmentations de salaires exigées pour la reprise du travail. En fait Jon Holden le dirigeant d’IAM Boeing veut profiter de la faiblesse actuelle du constructeur pour obtenir rapidement satisfaction

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Southwest, le transporteur à l’origine du modèle économique à bas coûts

En juin dernier un évènement est passé un peu inaperçu et pourtant il signe un changement important dans le secteur du transport aérien. Le fonds activiste Elliott Investment Management a investi 1,9 milliard de dollars dans Southwest Airlines ce qui représente un peu plus de 10% du capital avec comme objectif de sortir l’actuelle direction incapable aux yeux de l’investisseur de faire évoluer le modèle économique de la compagnie

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Petit à petit les compagnies se sont séparées de leur personnel, qui était devenu certes un peu pléthorique, pour demander aux clients de faire eux-mêmes le travail à la place de leurs salariés. C’était tout bénéfice tant que les produits et la qualité de service restait acceptable, mais finalement les passagers ont fini par ne plus voir de différence entre les «low costs» et les compagnies traditionnelles. On a touché le fond dans les années 2010.

Cela fait des années que nous dénonçons cette course folle à la multiplication des classes de réservation et des tarifs, soi-disant pour répondre aux demandes des passagers. Or, une étude récente menée par Travelport largement commentée par Déplacements Pros montre tout le contraire, je cite l’article : «42% des interviewés ont l’impression que les offres des compagnies aériennes sont devenues moins adaptées à leurs préférences personnelles.» Autrement dit trop de tarifs tuent la perception des prix

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