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L’annonce date de juin 2024 et elle a été réitérée lors du dernier World Economic Forum de Davos dans le pavillon de l’Arabie Saoudite Qu’en est-il des indemnisations ? Il est toujours intéressant de voir les comportements dans les files d’enregistrement ou d’embarquement. Régulièrement des resquilleurs tentent de forcer le passage entrainant de la part des autres passagers de désagréables remarques. Et que dire des réclamations lorsque les avions sont en retard ? Bien entendu cela est très stressant pour des clients un peu inquiets à l’idée de prendre l’avion ou de manquer une correspondance dans l’un des gigantesques «hubs» des gros opérateurs.

Jean-Louis Baroux est le fondateurd’APG, premier réseau mondial de représentations de compagnies aériennes, présent dans cent cinquante pays. On lui doit plusieurs essais sur le transport aérien, dont Transport aérien. Ces vérités que l’on vous cache (L’Archipel, 2017) et un roman, Peur sur le Vatican (L’Archipel, 2014).

En fait on se demande toujours pourquoi l’Etat italien, le propriétaire, est toujours décidé à céder son transporteur national d’autant plus qu’après un démarrage dans des conditions terriblement difficiles, il a réussi son décollage au point d’atteindre la rentabilité alors que tout le monde le voyait perdu. Il semble bien que les responsables de l’Union européenne aient fait une énorme pression sur le gouvernement Italien pour que son investissement de 1,35 milliard d’euros destiné à récréer une compagnie de rang international soit autorisé uniquement s’il acceptait de la céder au plus tôt. Or, comme personne ne souhaitait parier sur la réussite de la nouvelle compagnie, cette obligation arrangeait finalement tout le monde.

Il semble bien que l’indépendance d’ITA (Italia Transporti Aerea SpA), qui a pris la suite de la défunte Alitalia, soit proche de la fin. Le Groupe Lufthansa n’attend plus que le dernier feu vert de la Commission européenne pour mettre la main sur 49% de la compagnie italienne pour un montant somme toute modeste de 325 millions d’euros En fait le prix est plus que raisonnable si on considère ce que représente ITA. Elle opère 90 appareils, dessert 70 destinations dont 22 en Italie, et les autres réparties sur 25 pays et 4 continents, le tout avec un chiffre d’affaires…

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Dernièrement, lors d’une réunion des responsables des aviations civiles des Etats membres, 11 pays si on enlève les quatre en froid avec l’Organisation, ont mis le prix des billets d’avion à l’intérieur du territoire couvert par les Etats au centre de leurs débats. Et c’est bien normal si on compare les tarifs pratiqués à ceux de l’Europe. En voici quelques exemples pris sur le trajet le plus direct avec un aller le 10 décembre et un retour le 17 décembre 2024 en classe économique : Bamako/Lomé : 4h30 de vol aller-retour pour 891 euros avec la compagnie Asky – Accra/Douala : 8h20 de trajet car il y a une escale au tarif de 1.194 euros toujours avec Asky – Abidjan/Dakar : 5h25 de vol au prix de 525 euros avec Kenya Airways. Et par comparaison sur les routes européennes Paris/Rome : 4h25 de vol au prix de 66 euros avec Ryanair ou Paris/Athènes en 6h50 aller-retour pour un prix de 176 euros avec Transavia ou Londres/Athènes : 7h50 de temps de vol pour 114 euros en prenant EasyJet. J’ai choisi des distances orthodromiques comparables. Les écarts existent également sur des routes identiques selon que l’on voyage dans le sens sud/nord ou l’inverse. Exemples toujours pris aux mêmes dates et en classe économique : Abidjan/Paris au prix de 1.208 euros mais Paris/Abidjan à 993 euros avec le même transporteur, Air France, ou Accra/Londres à 1.466 euros et Londres/Accra pour 1.216 euros voyage effectué avec British Airways.

La Cédéao (Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) est un lieu où les échanges peuvent déboucher sur des mesures concrètes. Certes l’organisation créée à Lagos le 29 mai 1975 est actuellement un peu en difficulté avec la pseudo exclusion de 4 Etats situés au beau milieu de cette zone géographique : le Burkina Faso, la Guinée, le Mali et le Niger, tous gouvernés par des pouvoirs militaires qui, soucieux de l’indépendance de leur pays ont coupé les liens qu’ils entretenaient avec la France ce qui, accessoirement a également des répercussions dans l’ensemble de l’Europe occidentale

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Or, les low costs avaient dès le début intégré le fait que le seul prix du billet d’avion, proposé à des niveaux incroyablement bas, ne suffirait pas à équilibrer leurs comptes. Il fallait dès lors réduire la prestation à un niveau tel que les clients soient amenés à acheter un service supplémentaire pour bénéficier d’un minimum de confort.

La première question à laquelle il faut répondre est de savoir ce que l’on achète en prenant un billet d’avion. Il y a l’avant et l’après l’arrivée des low costs. Avant, un billet d’avion couvrait la totalité de la prestation soit le transport des passagers d’un aéroport à un autre, sa place dans l’avion, le transport de ses bagages (avec une limite de poids car les appareils étaient moins performants que ceux utilisés maintenant), mais également l’enregistrement des passagers avec l’attribution de leur siège et des bagages, une prestation à bord différente selon la classe choisie par le client, les…

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Néanmoins, en dépit de toutes ces difficultés, il existe de vraies réussites avec des entrepreneurs professionnels et conscients que les rêves de grandeur ne sont pas compatibles avec cette activité. IL existe dans tous les continents des compagnies dites de «troisième niveau», terme qui devrait être modifié car un peu dévalorisant, et qui sont économiquement prospères. Que ce soit au Gabon ou Afrijet construit avec constance un réseau à base d’ATR 42 ou au Kenya où les lodges ne peuvent être atteints qu’avec des appareils de petite capacité comme les Cessna Caravan largement employés dans d’autres pays africains ou dans les pays asiatiques composés de myriades d’îles accessibles certes en bateau mais dont les dessertes aériennes restent indispensables.  

On parle beaucoup des difficultés que le transport aérien doit affronter pour faire face aux livraisons tardives de la part des constructeurs, aux contraintes liées au lobby écologistes, aux différentes taxations que les gouvernements infligent aux compagnies voire aux pénalités causées par les conflits entre les Etats et les décisions prises de fermer ou d’ouvrir certains espaces aériens tels que la Sibérie.

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La dégringolade a démarré au printemps 2020 et depuis, elle n’a fait que s’aggraver. Le DOT (Departement of Transportation) américain a infligé une amende de 2,5 milliards de dollars au début de 2021, sans doute un peu pour masquer les complicités entre les contrôleurs fédéraux et le constructeur. On pensait que les difficultés s’arrêteraient là, mais cela n’a pas été le cas. D’abord des lanceurs d’alerte se sont manifestés à l’intérieur de Boeing et de son principal sous-traitant Spirit Aerosystems. Deux d’entre eux ont d’ailleurs été atteints de mort subite avant de pouvoir témoigner.

La question commence sérieusement à se poser : le géant Boeing est-il en danger et sa survie est-elle assurée ? L’avalanche de mauvaises nouvelles ne va-t-elle pas entrainer la chute de l’emblématique constructeur ? Le nouveau patron : Kelly Ortberg qui a remplacé pendant l’été Dave Calhoun doit faire face à un énorme arrêt de travail de 33.000 salariés, qui met à bas la production des 737 MAX, 777 et 767. On ne voit pas où la descente va s’arrêter

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Que retenir de tout cela ? C’est d’abord que la demande de transport aérien, loin de fléchir, reste très dynamique. Dès lors la capacité des A380 devient incontournable pour pallier les difficultés de livraison de Boeing, dont on ne sait pas quand elles se termineront. Il est possible que les transporteurs qui ont sorti ce modèle de leur flotte soient amenés à le regretter. Et enfin il est clair que le transport aérien aura besoin d’un très gros porteur, de l’ordre de 100 places pour résoudre l’impossible équation qui consiste à satisfaire la demande de transport tout en atteignant les objectifs de décarbonation annoncés pour 2050.

C’est l’histoire d’un succès transformé en échec pour finir par devenir une réussite pour les transporteurs capables de le rentabiliser. Son histoire a commencé par une esquisse dès 1988 car il fallait à l’époque se positionner en face d’un Boeing triomphant. Pour autant il a fallu attendre 7 ans pour démarrer le projet en 1995 et 10 autres années avant de réaliser le premier vol le 27 avril 2005. La première compagnie livrée a été Singapore Airlines qui a réalisé le premier vol commercial le 15 octobre 2007

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Les opérateurs historiques font face à l’augmentation de leurs coûts de production sous l’effet des demandes croissantes de la part de leur personnel. C’est d’ailleurs le rôle des syndicats devenus très puissants, capables même de bloquer une stratégie d’entreprise comme on a pu le voir il y a quelques années dans le groupe Air France/KLM où la croissance de l’opérateur «low cost» du groupe a été bloquée par les syndicats. Depuis les affaires se sont heureusement arrangées.

Le transport aérien moderne date de la fin de la deuxième guerre mondiale, il aura 80 ans l’année prochaine. Depuis ce temps il a connu une formidable évolution portée par la fabrication de modèles d’avions de plus en plus performants, d’un contrôle aérien d’une grande fiabilité le tout pour suivre une demande de transport qui ne cesse d’augmenter au fur et à mesure de l’arrivée sur le marché d’une classe moyenne dans les continents les plus peuplés. Mais, alors que les progrès technologiques sont permanents et impressionnants, le modèle des compagnies aériennes est resté figé autour de deux concepts : les transporteurs traditionnels et les compagnies «low cost.» Or il semble bien qu’il faille inventer un nouveau modèle

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Ce secteur d’activité est par essence très fragile et cette faiblesse n’épargne personne y compris les très grands transporteurs. Faut-il rappeler que les 3 plus grands groupes américains et donc mondiaux : Delta Air Lines, United Airlines et American Airlines sont passés eux aussi par la voie du Chapter 11 qui leur a permis de se redresser au prix de colossaux efforts et du licenciement de dizaines de milliers de salariés. SAS et Avianca pour n’en citer que deux n’ont dû leur salut qu’à l’utilisation de ce même moyen.

Le sujet revient régulièrement dans l’actualité dès qu’une nouvelle faillite est prononcée à l’encontre d’une compagnie aérienne.C’est cette fois-ci le cas d’Air Belgium qui va laisser 11000 clients sans solution sauf à acheter un billet sur un autre transporteur. Et même depuis 2023, année faste s’il en fut dans le transport aérien, plusieurs dizaines de compagnies aériennes ont dû cesser leur activité

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Il faut dire que l’arrêt des livraisons des modèles phares de Boeing : les 737, 777 et 767 cargos porterait un coup très dur à une société qui se débat dans d’inextricables difficultés. Le nouveau Directeur général, Kelly Ortberg, hérite non seulement d’une image très dégradée, d’une surveillance pointilleuse de la part des autorités américaines mais en plus d’une dette de 60 milliards de dollars largement créée par les directions précédentes qui ont sacrifié l’avenir de l’entreprise pour distribuer aux actionnaires des ressources financières que la compagnie n’avait pas, le tout avec une action qui a dévissé de 40% depuis le début 2024.

Le constructeur américain n’avait surement pas besoin de cela. Un syndicat majeur de Boeing, IAM fort de ses 30.000 adhérents, vient de déclencher une grève dont on peut espérer qu’elle soit de courte durée si la direction accepte les augmentations de salaires exigées pour la reprise du travail. En fait Jon Holden le dirigeant d’IAM Boeing veut profiter de la faiblesse actuelle du constructeur pour obtenir rapidement satisfaction

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