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L’annonce date de juin 2024 et elle a été réitérée lors du dernier World Economic Forum de Davos dans le pavillon de l’Arabie Saoudite Qu’en est-il des indemnisations ? Il est toujours intéressant de voir les comportements dans les files d’enregistrement ou d’embarquement. Régulièrement des resquilleurs tentent de forcer le passage entrainant de la part des autres passagers de désagréables remarques. Et que dire des réclamations lorsque les avions sont en retard ? Bien entendu cela est très stressant pour des clients un peu inquiets à l’idée de prendre l’avion ou de manquer une correspondance dans l’un des gigantesques «hubs» des gros opérateurs.

Jean-Louis Baroux est le fondateurd’APG, premier réseau mondial de représentations de compagnies aériennes, présent dans cent cinquante pays. On lui doit plusieurs essais sur le transport aérien, dont Transport aérien. Ces vérités que l’on vous cache (L’Archipel, 2017) et un roman, Peur sur le Vatican (L’Archipel, 2014).

 Carsten Spohr, PDG du Groupe Lufthansa

C’est fait, le Groupe Lufthansa vient de boucler l’achat de 41% des actions de la compagnie ITA Airways (Italia Transporto Aereo SpA) pour un montant de 325 millions d’euros, et ce n’est qu’une première étape car le groupe allemand détient le droit de racheter la totalité du capital pour une valeur totale de 829 millions d’euros. C’est un coup de maître auquel d’ailleurs je ne croyais pas. Je misais sur le nationalisme italien et la fierté des Romains ajoutés à la bonne santé du successeur de feue Alitalia

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les compagnies aériennes n’ont eu comme seul argument commercial que la baisse continue des tarifs, sous la pression d’une concurrence féroce et l’arrivée du modèle «low cost.» Ainsi la seule recette liée à la vente des billets d’avion ne suffit plus à équilibrer les comptes. Il a fallu développer des produits annexes les (Ancilliary products) pour compléter le chiffre d’affaires. Ceux-ci atteignent près de 15% de la recette, sans que des coûts spécifiques leur soient attachés, à part des développements informatiques. C’est ainsi que le produit aérien a été dépouillé afin d’obliger les clients à acheter ces fameux produits dérivés : enregistrements des bagages, accès wifi à bord, priorités d’embarquement, assurances, que sais-je ? Finalement ces nouvelles recettes deviennent un élément incontournable à l’équilibre du transport aérien

La question mérite sérieusement d’être posée. Les premiers effets du NDC (New Distribution Capability) de IATA commencent à porter ses fruits. Rappelons qu’il s’agit d’une nouvelle norme d’échanges de messages entre les transporteurs et le marché. Elle permet non seulement d’échanger des lettres et des chiffres, mais également des images et du son. Ainsi plus rien n’empêche les compagnies aériennes de développer à peu de frais leur propre tour opérateur. Certes le NDC met plus de temps que prévu pour se développer. Seuls les plus gros transporteurs se sont lancés dans les développements informatiques nécessaires, mais ils pèsent un poids considérable dans le transport aérien mondial et ils peuvent imposer leur stratégie

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Une semaine auparavant un Embraer 190 de la compagnie Azerbaïdjan Airlines a été frappé par un missile tiré semble-t-il par une batterie antiaérienne russe par erreur. Cela nous ramène au premier défi du transport aérien, la sécurité des vols. Ces deux accidents si différents tant par leur cause que par leur environnement prouvent que la sécurité n’est jamais complètement assurée en dépit des extraordinaires progrès enregistrés dans ce domaine.

Cette année encore de nombreux défis attendent le transport aérien. Celui-ci a d’ailleurs terminé 2024 de manière bien triste avec le crash de la compagnie sud-coréenne Jeju Air qui a fait 179 morts suite, si on a bien compris les premières investigations, à une ingestion d’oiseaux et l’explosion de l’appareil, un Boeing 737-800 contre un mur en fin de piste alors que l’équipage n’avait pas réussi à sortir le train d’atterrissage. Voilà vraiment une accumulation de malchances que l’enquête pourra sans doute fournir les explications puisque les boîtes noires ont été retrouvées

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Le carnet de commandes est au plus haut avec plus de 15.000 appareils or les livraisons des deux principaux constructeurs sont en baisse par rapport à 2023. Si entre janvier et septembre Airbus avait engrangé 645 commandes nettes et Boeing 272, au total 917 en seulement 3 trimestres, les livraisons d’Airbus sont estimées à seulement 770 en 2024 et celles de Boeing ont énormément de peine à décoller, le constructeur américain n’a livré que 13 avions au mois de novembre soit 4 fois moins que l’année précédente.

Le transport aérien a retrouvé ses couleurs antérieures et les résultats de 2024 seront historiques même si le mur des 5 milliards de passagers et de 1.000 milliards de recettes ne sera pas franchi cette année. Il s’en faudra sans doute de très peu. Et la croissance se poursuit sans que l’on sache très bien où elle va s’arrêter Les compagnies du Golfe sont toujours en demande de plus d’appareils sous la pression de l’Arabie Saoudite, le nouveau venu dans le club fermé des très grosses compagnies et le retour d’Etihad en meilleure forme. L’Asie poursuit son développement et l’Afrique…

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C’est faux me direz-vous et vous aurez raison. Le premier vol commercial a eu lieu en Floride en… 1914 et avant la deuxième guerre mondiale de grandes compagnies telles que Pan Am, Air France, Imperial Airways et d’autres sillonnaient déjà le ciel et avaient tracé d’importants réseaux internationaux. Pan Am, par exemple traversait le Pacifique avec des hydravions géants et les opérateurs européens allaient jusqu’en Australie et dans nombre de pays asiatiques et africains. Alors pourquoi dater le transport aérien de 1944 ?

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Est-ce une raison pour ne rien faire ? Certainement pas. Le secteur aérien a d’ailleurs pris le problème à bras le corps depuis au moins une bonne vingtaine d’années. Les appareils actuels sont beaucoup moins gourmands en carburant et en émanations sonores. En dépit des cris d’orfraie de certains apôtres de l’écologie, le transport aérien ne les a pas attendus pour travailler sur cette question, ne serait-ce que parce que cela est rentable. Moins les appareils consomment de carburant fossile et plus le secteur est profitable.

C’est une affaire entendue : la decarbonation totale du transport aérien en 2050 ne sera pas possible. En effet les quelque 14.000 appareils actuellement en commande, seront livrés entre 2025 et 2035 et ils ont une durée de vie d’au moins 30 ans. Or ils sont construits avec une technologie qui génère encore du CO² et la production de SAF (Sustainable Aviation Fuel) sera largement insuffisante pour assurer un transport aérien décarboné

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D’abord nous ne parlerons que des grands transporteurs, les seuls à se livrer une concurrence féroce, il y va d’ailleurs de leur survie. La moindre défaillance est payée au prix fort, surtout auprès de la clientèle affaires qui, avec moins de 50% des passagers assure plus des 2/3 du chiffre d’affaires des compagnies. Les très gros opérateurs se caractérisent par des flottes de plusieurs centaines d’appareils, des réseaux de plus de 100 destinations, plus de 30 millions de passagers annuels et un chiffre d’affaires d’au moins 20 milliards de dollars US.

Récemment un cadre dirigeant d’une grande compagnie aérienne me demandait ce qui différenciait les produits des transporteurs afin de guider les choix des clients. J’avoue avoir suggéré un moment de réflexion et voici quelques pistes D’abord nous ne parlerons que des grands transporteurs, les seuls à se livrer une concurrence féroce, il y va d’ailleurs de leur survie. La moindre défaillance est payée au prix fort, surtout auprès de la clientèle affaires qui, avec moins de 50% des passagers assure plus des 2/3 du chiffre d’affaires des compagnies. Les très gros opérateurs se caractérisent par des flottes de plusieurs centaines…

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En fait on se demande toujours pourquoi l’Etat italien, le propriétaire, est toujours décidé à céder son transporteur national d’autant plus qu’après un démarrage dans des conditions terriblement difficiles, il a réussi son décollage au point d’atteindre la rentabilité alors que tout le monde le voyait perdu. Il semble bien que les responsables de l’Union européenne aient fait une énorme pression sur le gouvernement Italien pour que son investissement de 1,35 milliard d’euros destiné à récréer une compagnie de rang international soit autorisé uniquement s’il acceptait de la céder au plus tôt. Or, comme personne ne souhaitait parier sur la réussite de la nouvelle compagnie, cette obligation arrangeait finalement tout le monde.

Il semble bien que l’indépendance d’ITA (Italia Transporti Aerea SpA), qui a pris la suite de la défunte Alitalia, soit proche de la fin. Le Groupe Lufthansa n’attend plus que le dernier feu vert de la Commission européenne pour mettre la main sur 49% de la compagnie italienne pour un montant somme toute modeste de 325 millions d’euros En fait le prix est plus que raisonnable si on considère ce que représente ITA. Elle opère 90 appareils, dessert 70 destinations dont 22 en Italie, et les autres réparties sur 25 pays et 4 continents, le tout avec un chiffre d’affaires…

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Dernièrement, lors d’une réunion des responsables des aviations civiles des Etats membres, 11 pays si on enlève les quatre en froid avec l’Organisation, ont mis le prix des billets d’avion à l’intérieur du territoire couvert par les Etats au centre de leurs débats. Et c’est bien normal si on compare les tarifs pratiqués à ceux de l’Europe. En voici quelques exemples pris sur le trajet le plus direct avec un aller le 10 décembre et un retour le 17 décembre 2024 en classe économique : Bamako/Lomé : 4h30 de vol aller-retour pour 891 euros avec la compagnie Asky – Accra/Douala : 8h20 de trajet car il y a une escale au tarif de 1.194 euros toujours avec Asky – Abidjan/Dakar : 5h25 de vol au prix de 525 euros avec Kenya Airways. Et par comparaison sur les routes européennes Paris/Rome : 4h25 de vol au prix de 66 euros avec Ryanair ou Paris/Athènes en 6h50 aller-retour pour un prix de 176 euros avec Transavia ou Londres/Athènes : 7h50 de temps de vol pour 114 euros en prenant EasyJet. J’ai choisi des distances orthodromiques comparables. Les écarts existent également sur des routes identiques selon que l’on voyage dans le sens sud/nord ou l’inverse. Exemples toujours pris aux mêmes dates et en classe économique : Abidjan/Paris au prix de 1.208 euros mais Paris/Abidjan à 993 euros avec le même transporteur, Air France, ou Accra/Londres à 1.466 euros et Londres/Accra pour 1.216 euros voyage effectué avec British Airways.

La Cédéao (Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) est un lieu où les échanges peuvent déboucher sur des mesures concrètes. Certes l’organisation créée à Lagos le 29 mai 1975 est actuellement un peu en difficulté avec la pseudo exclusion de 4 Etats situés au beau milieu de cette zone géographique : le Burkina Faso, la Guinée, le Mali et le Niger, tous gouvernés par des pouvoirs militaires qui, soucieux de l’indépendance de leur pays ont coupé les liens qu’ils entretenaient avec la France ce qui, accessoirement a également des répercussions dans l’ensemble de l’Europe occidentale

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Or, les low costs avaient dès le début intégré le fait que le seul prix du billet d’avion, proposé à des niveaux incroyablement bas, ne suffirait pas à équilibrer leurs comptes. Il fallait dès lors réduire la prestation à un niveau tel que les clients soient amenés à acheter un service supplémentaire pour bénéficier d’un minimum de confort.

La première question à laquelle il faut répondre est de savoir ce que l’on achète en prenant un billet d’avion. Il y a l’avant et l’après l’arrivée des low costs. Avant, un billet d’avion couvrait la totalité de la prestation soit le transport des passagers d’un aéroport à un autre, sa place dans l’avion, le transport de ses bagages (avec une limite de poids car les appareils étaient moins performants que ceux utilisés maintenant), mais également l’enregistrement des passagers avec l’attribution de leur siège et des bagages, une prestation à bord différente selon la classe choisie par le client, les…

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