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L’annonce date de juin 2024 et elle a été réitérée lors du dernier World Economic Forum de Davos dans le pavillon de l’Arabie Saoudite Qu’en est-il des indemnisations ? Il est toujours intéressant de voir les comportements dans les files d’enregistrement ou d’embarquement. Régulièrement des resquilleurs tentent de forcer le passage entrainant de la part des autres passagers de désagréables remarques. Et que dire des réclamations lorsque les avions sont en retard ? Bien entendu cela est très stressant pour des clients un peu inquiets à l’idée de prendre l’avion ou de manquer une correspondance dans l’un des gigantesques «hubs» des gros opérateurs.

Jean-Louis Baroux est le fondateurd’APG, premier réseau mondial de représentations de compagnies aériennes, présent dans cent cinquante pays. On lui doit plusieurs essais sur le transport aérien, dont Transport aérien. Ces vérités que l’on vous cache (L’Archipel, 2017) et un roman, Peur sur le Vatican (L’Archipel, 2014).

Le premier effet de cette digitalisation à outrance est la disparition des personnels dans les aérogares, remplacés par soit des outils informatiques liés aux smartphones, soit par des bornes auxquelles est difficile de parler et pour les derniers sujets la mise à disposition des téléphones là où il y avait des comptoirs et des agents auxquels les passagers pouvaient s’adresser. Certes je n’oublie pas que ces nouveaux outils peuvent avoir du bon. La sortie des cartes d’embarquement sans passer par un comptoir d’enregistrement est très certainement un progrès unanimement apprécié. Les systèmes de recherche des bagages perdus sont de plus en plus performants.

On ne compte plus les initiatives destinées à faire baisser le coût du transport aérien sans douleur pour les professionnels du secteur. Et pourtant ce sont bien eux les premiers impactés ainsi que les clients, bien entendu. Les premiers, les salariés jugés facilement remplaçables, je parle des personnels au sol sont une cible facile pour les chasseurs de coûts. Chaque fois que l’on peut les remplacer par un outil informatique il n’y a aucune hésitation. Pour le moment, les personnels navigants ne sont pas touchés car la règle d’un steward ou hôtesse pour 50 sièges est encore respectée et il y a peu de chances pour que cela change et enlever une partie de l’équipage dans le cockpit des avions n’est pas pour demain alors qu’on sait piloter les appareils depuis le sol et qu’en théorie, on pourrait s’en passer

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En fait, cela a commencé par la toute fin de 2024. Le 25 décembre le vol Azerbaïdjan Airlines opéré en Embraer 190 reliant Bakou à Grozny a, selon toute vraisemblance, été frappé par un missile et il s’est écrasé au Kazakhstan après que les pilotes ont tout tenté pour le sauver. 38 morts.

Bien que la progression du nombre de passagers se poursuive pour atteindre selon les experts de l’IATA plus de 5 milliards en fin d’année, de nombreuses difficultés ont affecté la fin de 2024 et le début de 2025. Cela a commencé par une série de catastrophes aériennes jamais enregistrées au cours des 5 dernières années. Et les causes en sont très variées, voire incommunes à ce jour en attendant les conclusions des enquêteurs. Je note qu’en la matière rien ne sert d’échafauder des hypothèses avant le rapport final et que celui-ci peut prendre beaucoup de temps avant d’être publié.

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 Carsten Spohr, PDG du Groupe Lufthansa

C’est fait, le Groupe Lufthansa vient de boucler l’achat de 41% des actions de la compagnie ITA Airways (Italia Transporto Aereo SpA) pour un montant de 325 millions d’euros, et ce n’est qu’une première étape car le groupe allemand détient le droit de racheter la totalité du capital pour une valeur totale de 829 millions d’euros. C’est un coup de maître auquel d’ailleurs je ne croyais pas. Je misais sur le nationalisme italien et la fierté des Romains ajoutés à la bonne santé du successeur de feue Alitalia

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les compagnies aériennes n’ont eu comme seul argument commercial que la baisse continue des tarifs, sous la pression d’une concurrence féroce et l’arrivée du modèle «low cost.» Ainsi la seule recette liée à la vente des billets d’avion ne suffit plus à équilibrer les comptes. Il a fallu développer des produits annexes les (Ancilliary products) pour compléter le chiffre d’affaires. Ceux-ci atteignent près de 15% de la recette, sans que des coûts spécifiques leur soient attachés, à part des développements informatiques. C’est ainsi que le produit aérien a été dépouillé afin d’obliger les clients à acheter ces fameux produits dérivés : enregistrements des bagages, accès wifi à bord, priorités d’embarquement, assurances, que sais-je ? Finalement ces nouvelles recettes deviennent un élément incontournable à l’équilibre du transport aérien

La question mérite sérieusement d’être posée. Les premiers effets du NDC (New Distribution Capability) de IATA commencent à porter ses fruits. Rappelons qu’il s’agit d’une nouvelle norme d’échanges de messages entre les transporteurs et le marché. Elle permet non seulement d’échanger des lettres et des chiffres, mais également des images et du son. Ainsi plus rien n’empêche les compagnies aériennes de développer à peu de frais leur propre tour opérateur. Certes le NDC met plus de temps que prévu pour se développer. Seuls les plus gros transporteurs se sont lancés dans les développements informatiques nécessaires, mais ils pèsent un poids considérable dans le transport aérien mondial et ils peuvent imposer leur stratégie

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Une semaine auparavant un Embraer 190 de la compagnie Azerbaïdjan Airlines a été frappé par un missile tiré semble-t-il par une batterie antiaérienne russe par erreur. Cela nous ramène au premier défi du transport aérien, la sécurité des vols. Ces deux accidents si différents tant par leur cause que par leur environnement prouvent que la sécurité n’est jamais complètement assurée en dépit des extraordinaires progrès enregistrés dans ce domaine.

Cette année encore de nombreux défis attendent le transport aérien. Celui-ci a d’ailleurs terminé 2024 de manière bien triste avec le crash de la compagnie sud-coréenne Jeju Air qui a fait 179 morts suite, si on a bien compris les premières investigations, à une ingestion d’oiseaux et l’explosion de l’appareil, un Boeing 737-800 contre un mur en fin de piste alors que l’équipage n’avait pas réussi à sortir le train d’atterrissage. Voilà vraiment une accumulation de malchances que l’enquête pourra sans doute fournir les explications puisque les boîtes noires ont été retrouvées

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Le carnet de commandes est au plus haut avec plus de 15.000 appareils or les livraisons des deux principaux constructeurs sont en baisse par rapport à 2023. Si entre janvier et septembre Airbus avait engrangé 645 commandes nettes et Boeing 272, au total 917 en seulement 3 trimestres, les livraisons d’Airbus sont estimées à seulement 770 en 2024 et celles de Boeing ont énormément de peine à décoller, le constructeur américain n’a livré que 13 avions au mois de novembre soit 4 fois moins que l’année précédente.

Le transport aérien a retrouvé ses couleurs antérieures et les résultats de 2024 seront historiques même si le mur des 5 milliards de passagers et de 1.000 milliards de recettes ne sera pas franchi cette année. Il s’en faudra sans doute de très peu. Et la croissance se poursuit sans que l’on sache très bien où elle va s’arrêter Les compagnies du Golfe sont toujours en demande de plus d’appareils sous la pression de l’Arabie Saoudite, le nouveau venu dans le club fermé des très grosses compagnies et le retour d’Etihad en meilleure forme. L’Asie poursuit son développement et l’Afrique…

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C’est faux me direz-vous et vous aurez raison. Le premier vol commercial a eu lieu en Floride en… 1914 et avant la deuxième guerre mondiale de grandes compagnies telles que Pan Am, Air France, Imperial Airways et d’autres sillonnaient déjà le ciel et avaient tracé d’importants réseaux internationaux. Pan Am, par exemple traversait le Pacifique avec des hydravions géants et les opérateurs européens allaient jusqu’en Australie et dans nombre de pays asiatiques et africains. Alors pourquoi dater le transport aérien de 1944 ?

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Est-ce une raison pour ne rien faire ? Certainement pas. Le secteur aérien a d’ailleurs pris le problème à bras le corps depuis au moins une bonne vingtaine d’années. Les appareils actuels sont beaucoup moins gourmands en carburant et en émanations sonores. En dépit des cris d’orfraie de certains apôtres de l’écologie, le transport aérien ne les a pas attendus pour travailler sur cette question, ne serait-ce que parce que cela est rentable. Moins les appareils consomment de carburant fossile et plus le secteur est profitable.

C’est une affaire entendue : la decarbonation totale du transport aérien en 2050 ne sera pas possible. En effet les quelque 14.000 appareils actuellement en commande, seront livrés entre 2025 et 2035 et ils ont une durée de vie d’au moins 30 ans. Or ils sont construits avec une technologie qui génère encore du CO² et la production de SAF (Sustainable Aviation Fuel) sera largement insuffisante pour assurer un transport aérien décarboné

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D’abord nous ne parlerons que des grands transporteurs, les seuls à se livrer une concurrence féroce, il y va d’ailleurs de leur survie. La moindre défaillance est payée au prix fort, surtout auprès de la clientèle affaires qui, avec moins de 50% des passagers assure plus des 2/3 du chiffre d’affaires des compagnies. Les très gros opérateurs se caractérisent par des flottes de plusieurs centaines d’appareils, des réseaux de plus de 100 destinations, plus de 30 millions de passagers annuels et un chiffre d’affaires d’au moins 20 milliards de dollars US.

Récemment un cadre dirigeant d’une grande compagnie aérienne me demandait ce qui différenciait les produits des transporteurs afin de guider les choix des clients. J’avoue avoir suggéré un moment de réflexion et voici quelques pistes D’abord nous ne parlerons que des grands transporteurs, les seuls à se livrer une concurrence féroce, il y va d’ailleurs de leur survie. La moindre défaillance est payée au prix fort, surtout auprès de la clientèle affaires qui, avec moins de 50% des passagers assure plus des 2/3 du chiffre d’affaires des compagnies. Les très gros opérateurs se caractérisent par des flottes de plusieurs centaines…

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