fbpx

Bancarisation : Les défis des banques en Afrique francophone

Pinterest LinkedIn Tumblr +

Malgré les progrès enregistrés ces dernières années par le secteur bancaire en Afrique de l’Ouest, notamment à la faveur de l’augmentation sensible du nombre de points de services, le faible niveau de bancarisation constitue encore l’un des plus grands défis du secteur sur le continent.

BCEAO

Siège de la BCEAO

Selon les spécialistes de la question, la bancarisation se définit comme étant le degré de pénétration des services offerts par les banques ou les institutions de microfinance dans une population donnée. Elle est mesurée par un indicateur, appelé «taux de bancarisation», qui traduit la proportion des personnes qui disposent d’un compte. Les dernières statistiques disponibles font état d’un taux de bancarisation autour de 7,4% à 8% notamment dans la zone de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA). Ces taux extrêmement faibles, comparativement à ceux observés au Maroc (45%), en Tunisie (60%) ou en France (99%), pourraient être expliqués selon des études serieuses par l’absence ou le manque de culture financière ; la méfiance ou le manque de confiance vis-à-vis du système bancaire classique ; le faible niveau de revenu des populations ; la prédominance du secteur informel qui privilégie l’utilisation de la monnaie fiduciaire au détriment de la monnaie scripturale ; les difficultés liées aux conditions d’ouverture d’un compte sur le continent. Face à cette situation, les autorités de l’Union ont initié des actions en vue de promouvoir la bancarisation de l’économie. C’est ainsi qu’elles ont édicté, en 2002, une directive en faveur de la promotion de la bancarisation et de l’utilisation des moyens de paiement scripturaux. A cet égard, le Règlement n°15/2002/CM/UEMOA relatif aux systèmes de paiement dans les Etats membres de l’Union a institué le principe du droit au compte qui consiste à accorder à toute personne physique ou morale disposant d’un revenu régulier d’au moins 50 000 FCFA, le droit d’ouvrir un compte. Cette mesure vise notamment à faciliter l’accès des populations à faibles revenus aux services bancaires de base.

L’article 4 de la loi n°2004-15 du 4 juin 2004 relative à la promotion de la bancarisation et à l’utilisation des moyens de paiement scripturaux dispose, notamment, que les salaires des fonctionnaires doivent être payés par des moyens scripturaux. Cette loi prévoit plus largement que : «toutes opérations financières portant sur une somme d’un montant supérieur ou égal au montant de référence (100 000 FCFA) fixé par instruction de la Banque Centrale entre d’une part, les particuliers, entreprises et autres personnes privées et, d’autre part, les personnes publiques et parapubliques notamment l’Etat, les administrations et les entreprises publiques, doivent être effectuées par chèque ou par virement sur un compte ouvert auprès des services financiers de La Poste ou d’une banque».

Dans le cadre de la mise en œuvre de la directive susvisée, l’Etat du Sénégal a décidé par circulaire primatoriale de domicilier les salaires de ses agents dans les banques. Par ailleurs, la BCEAO a entrepris depuis 2010 une campagne de promotion de la bancarisation et des moyens de paiement scripturaux dans les huit pays membres de l’UEMOA. Cette campagne de communication participe de la consolidation des acquis de la réforme des systèmes de paiement, engagée depuis 1999 dans l’espace UEMOA. Elle vise notamment à accroitre le nombre des usagers du système bancaire et à promouvoir une véritable démocratisation de l’accès aux services bancaires. Toutefois, malgré ces nombreux efforts consentis par les autorités nationales et monétaires, l’accès à un compte bancaire reste encore limité pour une importante frange de la population. Or, l’ouverture d’un compte pourrait constituer un moyen privilégié pour les populations d’accéder à d’autres produits et services financiers tels que les produits d’épargne, les produits d’assurance et le crédit. Ces enjeux justifient la réalisation de l’Enquête nationale auprès des populations non bancarisées (ENPNB). Celle-ci a pour principal objectif d’analyser les principales causes de la non bancarisation ainsi que les difficultés liées à l’ouverture d’un compte, d’une part et, d’autre part, de déceler des critères susceptibles de présider au choix d’une institution financière (banque, SFD et Poste). Il faut croire que le résultat de ces enquêtes permettra, à terme, de formuler des recommandations aussi bien à l’endroit des autorités que des institutions financières, en vue du renforcement de l’efficacité des plans d’actions disponibles, destinés à relever le taux de bancarisation qui constitue le plus gros défi du secteur.

Partager.

Répondre