fbpx

Assurance Emergence de groupes africains

Pinterest LinkedIn Tumblr +

L’Afrique ne représente qu’une part minime dans l’assurance mondiale, néanmoins son potentiel énorme intéresse les investisseurs. Le continent s’analyse en zones géographiques très différentes.

Sur un marché mondial de 4641 milliards de dollars en 2013, l’Afrique représente quelque 71 milliards de dollars. C’est ce qui ressort des dernières statistiques de la Fédération africaine des assureurs de droit national africain (FANAF), qui cite la Swiss Re. C’est dire que le marché de l’assurance du continent s’analyse plus en termes de potentiel qu’en taille. Selon plusieurs experts, la modestie du secteur s’explique par plusieurs raisons, notamment l’existence d’un marché informel traditionnel, mais aussi et surtout le niveau de développement économique. Dans la plupart des pays africains, les produits d’assurance sont incompris par les populations. De sorte que c’est uniquement l’assurance automobile, imposée par la loi, qui domine le marché. Là où les assureurs auraient pu jouer un rôle important dans la collecte de l’épargne, c’est le système traditionnel des tontines entre amis ou membres d’une même famille qui domine.

Emergence de grands groupes africains

C’est dans ce contexte, qu’essaient d’émerger de grands groupes africains afin d’adapter l’offre à la réalité du marché local. De plus, à l’image du secteur bancaire, les compagnies d’assurances à capitaux purement africains sont en train de dominer le paysage. Ainsi, en Afrique du Nord, on ne retrouve pratiquement plus de grands assureurs étrangers parmi les leaders. En Algérie, aucune compagnie occidentale n’est listée parmi les acteurs influents du secteur. Au Maroc, il y a près de deux décennies, aucune compagnie locale ne pouvait contester le leadership d’Axa Assurance Maroc. Aujourd’hui, la compagnie française n’occupe plus que la troisième position, derrière deux marocaines qui ne cachent pas leurs ambitions continentales. Il s’agit notamment de Wafa Assurance, filiale d’Attijariwafa bank et de RMA Watanya, appartenant au magnat Othman Benjelloun, celui-là même qui possède le groupe panafricain BMCE Bank Of Africa.

L’Angola, 8ème marché africain

Pour ce qui est de l’Afrique lusophone qui comprend essentiellement le Mozambique et l’Angola, deux pays pétroliers, est un marché important pour l’Afrique. Les principales assurances obligatoires sont la RC Auto et les accidents de travail. Les principaux acteurs du marché angolais qui est le 8ème africain et 81ème mondial sont AAA Seguros qui collecte 70% de ses primes dans l’Energie, Global Alliance Seguros, Empresa National Seguros dont le secteur Energie représente 50% du chiffre d’affaires.

Les indo-pakistanais dominent l’Est

Nizar Juma Chairman

Nizar N. Juma, Président du Jubilée Insurance

La réalité peut être bien différente quand on se déplace vers d’autres zones sur le continent. En effet, les marchés de l’Afrique anglophone orientale sont dominés par deux principaux groupes d’assurance tous deux d’origine indo-pakistanaise : le Groupe Jubilee et le Groupe Phoenix. Le Groupe Jubilee étant la branche assurance du Groupe Aga-Khan présent aujourd’hui dans six pays dont 4 pays effectifs et 2 pays en cours de finalisation. Ces deux réseaux sont les plus dynamiques dans cette partie du continent. Par ailleurs, le géant sud-africain ne compte pas laisser ce marché au potentiel important aux groupes asiatiques. Deux des principaux acteurs du marché sud-africain à savoir Santam et Nico sont également sur ce marché.

 

Nigeria : aucune place aux étrangers

banque nigeriaConcernant l’Afrique anglophone occidentale, la zone est évidemment dominée par le Nigeria qui est un marché à croissance soutenue. La forte augmentation du capital minimum décidée par le régulateur en 2007 a permis de diminuer considérablement le nombre des acteurs passant de 103 à 51. Les principaux acteurs de ce marché sont : Leadway, Industrial & General Insurance, AIICO Insurance. Quant au Ghana, parce que nouveau producteur de pétrole et du fait de son appréciable stabilité politique, a vu l’arrivée sur ce marché autrefois uniquement ghanéen de nombreux acteur aussi bien nigérians, de la zone Cima, qu’européens. Alors que les autres marchés notamment, Sierra Leone et Libéria sont assez petits.

L’exception CIMA

Il reste enfin les pays francophones qui ont la particularité d’être regroupés dans une zone commune avec une législation unique. Il s’agit des pays de la zone franc (UEMOA et CEMAC) auxquels s’ajoutent Madagascar, le Burundi et le Rwanda. Cette zone regroupe plus de 150 acteurs compagnies d’assurance dans les différents pays. Cependant, les principaux acteurs sont structurés en réseau ayant pour ambition d’offrir un programme global harmonisé à la clientèle internationale. Les principaux réseaux dont les activités sont présentes dans cette zone : Allianz, Axa, Saham, Globus, Nsia, Sunu. Il convient de rappeler que c’est dans cette zone que l’on voit se développer beaucoup plus rapidement des groupes de dimensions panafricaines et qui essaient tant bien que mal de prendre le dessus sur les géants occidentaux. Ainsi, Colina qui a été racheté par le groupe marocain Saham a une présence dans plus d’une dizaine de pays. Aujourd’hui, Saham Assurances ne cache pas ses ambitions de figurer parmi les leaders africains. Ce n’est pas gagné d’avance notamment devant les géants sud-africains qui ne s’intéressent pas encore au reste du continent. D’autres acteurs de premier plan comme le Groupe Nsia fondé par le patron des patrons ivoiriens, Jean Kacou Diagou et la compagnie Sénégalaise Sunu, très présente en Afrique de l’Ouest, accentuent leur consolidation.

Partager.

Répondre