fbpx

La banque JPMorgan annonce financer le projet de «Super League» européenne de football

Pinterest LinkedIn Tumblr +

No«Je peux confirmer que nous finançons l’opération», a indiqué un porte-parole à Londres de la banque américaine.

                                                                                         AFP

La banque américaine JPMorgan a annoncé lundi qu’elle allait financer le projet de «Super League» européenne de football, porté par une poignée de clubs parmi les plus riches et qui secoue le monde de football. Douze grands clubs anglais, espagnols et italiens ont en effet annoncé la création d’une «Super League» privée et quasiment fermée, concurrente de la Ligue des champions. «Je peux confirmer que nous finançons l’opération», a indiqué à l’AFP un porte-parole à Londres de la banque, ajoutant n’avoir pas d’autre commentaire à ce stade.

Cette nouvelle compétition privée est lancée par douze grands clubs, dont six sont issus de la Premier League, le championnat le plus suivi en Europe. Le but est de supplanter la prestigieuse Ligue des champions et constitue une déclaration de guerre à laquelle l’UEFA a promis de répliquer en excluant les équipes dissidentes et leurs joueurs.

Ébranlé par la pandémie de Covid-19, le sport roi en Europe voit en effet son avenir s’inscrire en pointillé avec une remise en cause de l’actuel système pyramidal de redistribution des ressources télévisuelles entre la Ligue des champions, compétition phare, et les championnats nationaux.

Un projet dommageable

Le projet a suscité une vague d’indignation, y compris parmi les supporters, mais également au sein du monde politique. Cette «Super League» est contraire aux valeurs européennes de «diversité» et d’«inclusion», a estimé Margaritis Schinas, vice-président de la Commission européenne, sur Twitter.

Le premier ministre britannique Boris Johnson a lui estimé que cette proposition était «très dommageable pour le football». «Cette compétition parallèle, injuste et ultime étape d’un sport business éloigné des supporters et de la passion du peuple français pour le football, doit être combattue sans ménagement», a estimé le Rassemblement National dans un communiqué.

Le lancement de cette «Super League», offre à laquelle le PSG et le Bayern Munich n’auraient pas donné suite, intervient alors que l’UEFA réunit lundi son comité exécutif pour entériner une refonte de sa Ligue des champions à l’horizon 2024.

De nombreux clubs opposés au projet

Le Bayern Munich et Dortmund, les deux clubs allemands présents au conseil d’administration de l’Association européenne des clubs (ECA) se sont clairement prononcés contre le projet de création d’une «Super League», affirme lundi le patron du Borussia Dortmund Hans-Joachim Watzke. «Les deux clubs allemands représentés au conseil d’administration de l’ECA, le FC Bayern Munich et le Borussia Dortmund, ont présenté des points de vue à 100% identiques dans toutes les discussions», a expliqué le directeur exécutif du BVB dans un communiqué sur le site du club.

Dans la soirée de dimanche, l’ECA s’était affirmée «fortement opposée à un modèle de Super League fermée».

L’hostilité au projet se fait par ailleurs sentir chez de nombreux clubs européens, en témoignent les réactions de Razvan Burleanu, président de la Fédération roumaine de football, de Jakob Jensen, président de la Fédération danoise de football, ou de la Fondation des supporters d’Arsenal (AST) par exemple: «Ce projet représente la mort de tout ce que le football devrait être», et notamment «une compétition basée sur le mérite sportif et une compétition équilibrée (…) L’AST fera tout ce qu’elle peut pour s’y opposer».

Un projet générateur de revenus

Les clubs rebelles (AC Milan, Arsenal, Atlético Madrid, Chelsea, FC Barcelone, Inter Milan, Juventus, Liverpool, Manchester City, Manchester United, Real Madrid et Tottenham) prétendent instaurer un système de ligue quasi fermée comparable aux championnats nord-américains de basket (NBA) ou de football américain (NFL).

«En contrepartie de leur engagement, les clubs fondateurs recevront un versement en une fois de l’ordre de 3,5 milliards d’euros destinés uniquement à des investissements en infrastructures et compenser l’impact de la crise du Covid-19», expliquent les organisateurs, qui promettent aussi une «Super League» féminine.

Si ces revenus mirifiques sont confirmés, ils supposent des recettes bien supérieures à celles obtenues par l’UEFA pour l’ensemble de ses compétitions de clubs (Ligue des champions, Ligue Europa et Supercoupe d’Europe), qui avaient généré 3,2 milliards d’euros de droits TV en 2018-2019, avant une pandémie qui a fortement plombé le marché européen des droits sportifs.

Partager.

Répondre