L’accord préliminaire conclu par Tunis en octobre 2022 avec le FMI sur un programme d’aide de 1,9 milliard de dollars en contrepartie de réformes économiques sensibles est resté au point mort. Très peu de progrès ont été accomplis dans leur mise en œuvre dans un contexte de crise politique, économique et sociale. Sans la perfusion financière du voisin algérien et des monarchies du Golfe, Tunis se serait déjà effondrée. Bruxelles et Rome expriment leur inquiétude et disent tout haut ce que toutes les chancelleries occidentales pensent tout bas.
L’Italie a exhorté le Fonds monétaire international (FMI) à débloquer un programme d’aide de 1,9 milliard de dollars en faveur de la Tunisie pour éviter une déstabilisation de ce pays qui entraînerait un nouvel afflux massif des migrants vers l’Europe, rapporte l’agence Reuters, citant le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani. «J’ai réitéré la nécessité pour le Fonds d’intervenir rapidement en faveur de la stabilisation et de la croissance de la Tunisie, en lui apportant un soutien économique et financier», a déclaré le chef de la diplomatie italienne suite à un entretien avec la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva. Le chef de la diplomatie italienne a également précisé avoir exhorté le FMI à «faire preuve de souplesse» afin d’éviter un éventuel effondrement financier de la Tunisie, un pays dont les 1 300 km de côtes servent de point de départ vers l’Europe pour des milliers de candidats à l’émigration clandestine en Europe.
Inquiète, Rome redoute désormais l’effondrement de la Tunisie en disant tout haut ce que pensent tout bas, les chancelleries occidentales. «La stabilité et la prospérité de la Tunisie, dans le respect des libertés et des droits fondamentaux, sont cruciales pour la stabilité de l’ensemble de la région méditerranéenne», a mis en garde le diplomate italien. Hier lundi 20 mars, c’est le chef de la diplomatie de l’Union européenne Josep Borell qui avait publiquement exprimé son inquiétude de voir la Tunisie s’effondrer à cause de la situation économique et du blocage politique dans le pays.
Selon les données du ministère italien de l’Intérieur, plus de 20 000 migrants clandestins sont arrivés en Italie depuis le début de l’année en cours, contre 6.100 durant de la même période de 2022.
En réponse aux inquiétudes de Bruxelles, Tunis a, sans surprise adopté la méthode Coué. La diplomatie tunisienne a qualifié, ce mardi 21 mars, les propos tenus par le Haut Représentant de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borrell, de «sélectifs» et «disproportionnés». Selon elle, les «propos prononcés sont disproportionnés tant au vu de la résilience bien établie du peuple tunisien tout au long de son histoire, que par rapport à une menace migratoire vers l’Europe en provenance du sud».





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