Dans une mise en garde musclée adressée dont il a le secret lors d’une intervention devant les «forces vives de la Nation» dans la région du Plateau-Central, le président de la transition, Ibrahim Traoré a sommé les banques de mettre à la disposition de l’Etat, 25% des dépôts à terme (DAT), ces placements à court terme auxquels souscrivent les sociétés publiques pour optimiser leurs excédents de trésorerie
Le chef de l’Etat burkinabé affirme que cet argent va permettre au Trésor public d’assurer le paiement de la dette intérieure. «Elles ont jusqu’à la fin de ce mois de mars 2025 pour s’exécuter», a-t-il menacé et d’insister : «on a donné fin mars ! C’est fin mars. Si d’ici fin mars, les 25% ne sont pas là, nous allons passer à autre chose», a-t-il menacé.
Le président de la transition a justifié cette sommation car le Trésor public a besoin d’argent pour les factures des fournisseurs de l’Etat, afin de préserver les emplois dans les entreprises ayant exécuté les travaux publics. Il a révélé au passage que certaines banques se sont déjà exécutées tandis que la plupart d’entre elles hésiteraient encore.
Par ailleurs, il a lancé un appel aux importateurs à se rendre au ministère du Commerce pour obtenir les documents nécessaires pour exercer librement leurs activités. Et qu’ils n’hésitent pas à s’adresser à la Présidence de la République, où un service a été aménagé pour recevoir leurs plaintes en cas d’éventuels désagréments liés à des tentatives de corruption.
Par ailleurs, il a lancé un avertissement aux commerçants qui stockent des produits, en vue d’une spéculation. Il a assuré avoir donné des instructions fermes, afin de contrôler les entrepôts et dénicher ceux qui s’adonnent à cette pratique. «Si on prend des magasins, leur stock sera saisi, et la recette sera versée au Trésor public,» a prévenu le président burkinabé.





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