Alors que nous tirons vers la fin de la campagne électorale au Burkina Faso pour le double scrutin présidentiel et législatif, l’embuscade meurtrière de l’Etat islamique contre un convoi du détachement militaire de Tin-Akoff, le mercredi 11 novembre 2020, tuant 14 soldats relance de plus belle le débat sur la stratégie de lutte contre le terrorisme.
C’est d’ailleurs, l’une des plus graves attaques contre l’armée depuis cinq ans. Alors, si les terroristes avaient voulu souhaiter une campagne électorale sanglante aux 13 prétendants du fauteuil présidentiel qu’ils ne se seraient pas pris autrement.
Attaques muettes, gratuites,…

Depuis cinq ans maintenant, il ne se passe plus un jour sans que des soldats, gendarmes, policiers, chefs religieux ou de village n’aient la peau trouée de balles ou sautent sur des mines artisanales. Si quelques rares attaques sont revendiquées, la plupart est muette, gratuite sans motivation apparente. Et la réponse face à des ennemis qui attaquent, c’est la riposte, et le gouvernement se démène comme un beau diable pour sauver les meubles. Pas question de laisser les fusils aux râteliers, il faut poursuivre la guerre contre ces ennemis invisibles, a renchéri le Président-candidat Roch Marc Christian Kaboré lors de son meeting dans les Cascades, répliquant ainsi à ses challengers qui n’excluent pas de prendre langue avec les chefs terroristes pour avoir du répit sur le pays, une fois installés au palais de Kossyam.
En attendant que cette guerre de stratégies entre les candidats connaisse son dénouement au soir du dimanche 22 novembre, il va sans dire que pour l’heure, le Burkina Faso n’a encore fait preuve de sa puissance de feu sur ces ‘’fous de Dieu’’ qui écument sa partie septentrionale. C’est dire que la recette actuelle pour exterminer l’hydre n’est pas salvatrice. Alors, ne sied-t-il pas d’en essayer une autre au lieu de godiller toujours entre fermeté inefficace, naïveté et résignation ? Quid donc de la diplomatie souterraine ? A ce propos, si pour Sun Tzu, «l’art de la guerre asymétrique de l’époque contemporaine a bouleversé les stratégies», ce n’est pas une aventure hasardeuse que de tenter de négocier hors caméras, hors micro et même des circuits traditionnels de la diplomatie. D’autant que comme le dit l’adage, quand on négocie, on finit toujours par s’entendre.
La Mauritanie, un exemple de deal avec des djihadistes !
Tout dépend de ce que chacun met sur la table. Cela dit, la prospection d’autres stratégies dont la diplomatie pour ne pas dire la négociation sans pour autant en faire dans la compromission souverainiste relève-t-il de l’impossible ? Pour sûr, des Etats en ont expérimenté avec des résultats escomptés. La Mauritanie, pays qui a donné naissance au G5 Sahel en février 2014, et bien que très exposée, territorialement avec un grand désert sablonneux, a résolu le problème du terrorisme, par la canonnière, mais aussi par cette diplomatie de pénombre. Pas d’acte djihadiste depuis belle lurette. Le Tchad connaît les mêmes attaques, mais très souvent, ses guerriers assènent des coups durs aux assaillants en déployant sa puissance de feu régulièrement au-delà même de ses frontières avec la récente opération ‘’Colère de Boma’’. Alors, l’option est claire et nette. Ou l’on dispose des moyens militaires et logistiques pour casser du terroriste ou l’on envisage une stratégie de l’arbre à palabres sans pour autant vendre l’âme du pays au diable et davantage sans pour autant arrêter d’armer les troupes et étoffer le renseignement. Au Burkina Faso, avec toujours le même mode opératoire, les FDS sont décimées !
Négocier, n’est ni un signe de faiblesse, ni une compromission souverainiste, mais entre un accord à minima et ces vies fauchées des jeunes soldats et civils qu’on ramasse chaque jour, le choix, ne se discute guère. Et un Président peut et doit pouvoir identifier le fil d’Ariane à suivre pour toucher qui de droit pour pacifier un temps soit peu son pays et pouvoir réaliser tranquillement son programme. Même des pays très développés et puissants militairement usent de ce subterfuge diplomatique pour souffler si ce n’est que le terrorisme même est en train de devenir un ‘’deal international’’ qui fait bon marché d’armes. D’ailleurs, ces élections présidentielle et législatives se passeront sans une quinzaine de communes pour raison d’insécurité. Lesdites localités étant considérées comme des «zones rouges» où la Commission électorale dit ne pas être en mesure de déployer des agents électoraux.





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