La Caisse autonome de retraite des fonctionnaires (CARFO) du Burkina Faso présente une situation financière saine, avec un excédent technique et un résultat net positif, selon une étude actuarielle réalisée par le cabinet FINACTU. Les ratios prudentiels de gestion financière et économique définis par la Conférence interafricaine de la prévoyance sociale (CIPRES) sont respectés.
Selon FINACTU, ce constat rassurant masque toutefois une dynamique moins favorable : à l’horizon 2050, la croissance des prestations devrait dépasser celle des cotisations et faire basculer la Caisse dans le déficit.
Un régime bien géré, conforté par la loi de 2021
FINACTU avait été retenu à l’issue d’un appel d’offres international pour mesurer les incidences de la loi n° 003-2021/AN du 1er avril 2021, qui réforme le régime de sécurité sociale des agents publics de l’État. Ce texte transfère à la CARFO de nouvelles catégories d’agents, améliore les prestations existantes et en crée de nouvelles. Verdict de l’étude : les cotisations couvrent largement les prestations servies, et la réforme améliore la situation financière de la Caisse sur les deux prochaines décennies.
« Une fois de plus, la CARFO garantit la sécurité financière et économique du régime de sécurité sociale des agents publics de l’État au Burkina Faso. Les résultats de la présente étude actuarielle montrent clairement que la solvabilité dudit régime sera assurée dans l’avenir », s’est félicité Lossani Zina, directeur associé de FINACTU.
Des projections démographiques qui compliquent l’équation
Grâce à son logiciel actuariel ATLAS, le cabinet a modélisé l’évolution des régimes de la CARFO sur cinquante ans. Les dynamiques démographiques à l’œuvre pèseront lourd : les prestations augmenteront bien plus vite que les cotisations, conduisant la Caisse à un déficit global d’ici 2050. Plus délicat encore, la réforme de 2021, bénéfique à court terme, dégrade la situation sur le long terme, une fois passées les deux premières décennies.
FINACTU dit avoir formulé des recommandations destinées à garantir l’équilibre financier de la CARFO sur la période. Leur mise en œuvre conditionnera la capacité du Burkina Faso à tenir, dans la durée, la promesse faite à ses fonctionnaires.





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