Après avoir activé son droit de préemption, l’Etat a officiellement pris le contrôle de la filiale locale du groupe bancaire français Société Générale, rebaptisée General Bank of Cameroon (GBC) mardi 12 mai clôturant le processus de désengagement de son ex-actionnaire de référence.
La transaction arrive ainsi à son terme dix mois après la signature de la convention de cession entre Yaoundé et le groupe bancaire français. L’opération avait reçu, début avril, le feu vert de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac).
Selon le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, l’Etat camerounais a acquis les 58,08% de participation détenus par Société Générale dans sa filiale locale pour un montant de 129 milliards de FCFA, soit environ 230,5 millions de dollars. Cette acquisition s’ajoute aux 25,6% déjà détenus par l’Etat qui contrôle désormais 83,68% du capital de la banque, le reste étant aux mains de Sanlam-Allianz.
A travers cette opération, le gouvernement camerounais entend sécuriser la continuité des activités de l’une des plus grandes banques du pays. « Face à la décision stratégique du groupe Société Générale de réorganiser ses activités en Afrique et de se retirer du capital de certaines filiales, l’Etat du Cameroun a fait le choix d’agir avec responsabilité et méthode, dans le souci de préserver les intérêts nationaux, de garantir la stabilité du système financier et d’assurer la continuité des activités », a déclaré le ministre des Finances. Cette prise de contrôle s’accompagne d’un changement d’identité pour la banque, qui abandonne l’enseigne Société Générale Cameroun après plus de soixante ans d’activité. L’établissement opère désormais sous la dénomination General Bank of Cameroon.
Indicateurs financiers rassurants
Les autorités ont tenu à rassurer les clients suite au changement d’actionnaire. Gilbert Didier Edoa, Secrétaire général du ministère des Finances, a assuré que
« rien, absolument rien ne change pour les clients. Toutes les dispositions sont prises pour que le fonctionnement de la banque reste le même et que la transition soit gérée et maîtrisée par les deux parties. Tout ce qui concerne les logiciels, les systèmes informatiques, etc., sera géré dans ce cadre », a-t-il insisté.
Les indicateurs financiers de la banque sont plutôt rassurants. Au premier trimestre 2026, la banque disposait de 138 milliards FCFA de fonds propres nets et d’un portefeuille de 250.000 relations clients. Le ratio de solvabilité atteint 20,5%, soit bien au-dessus du minimum réglementaire fixé à 11,5%. Le niveau de liquidité s’établit, quant à lui, à 211%, contre une norme prudentielle de 100% dans la zone Cemac.
Éventualité d’une ouverture du capital de la nouvelle entité
Si l’objectif immédiat affiché par les autorités est d’assurer la continuité des activités de la banque, l’Etat n’exclut pas, à terme, une ouverture du capital à de nouveaux investisseurs : «le ministre des Finances rassure l’ensemble des parties prenantes que l’État entend préserver, dans la durée, la bonne gouvernance, la transparence et la performance de la banque, tout en envisageant, à terme, l’ouverture du capital à d’autres partenaires stratégiques nationaux et/ou internationaux.»





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