Le marché africain est le terrain d’une rude concurrence entre la Chine et les anciennes puissances coloniales en général, et la France en particulier. Cette dernière vient de perdre 30 points de ses parts de marchés au profit des entreprises de l’Empire du milieu.
Tapie dans l’ombre, la Chine tisse tranquillement sa toile, au point de déloger la France de ses anciens prés carrés, comme le juteux marché camerounais. C’est l’ambassadeur de France à Yaoundé, Christophe Guillou, lui-même, qui en a fait l’aveu récemment devant les étudiants de l’Institut des relations internationales du Cameroun (Iric).
Ainsi, de 40% en 1990, la part de marché de la France n’est plus que de 10%, soit 30 points perdus en l’espace d’une trentaine d’années. Cette perte de vitesse est visible dans tous les secteurs, allant des produits manufacturés aux travaux publics en passant par l’exploitation d’infrastructures. C’est le cas récemment de la perte de l’exploitation du port de Douala par le consortium Bolloré-Maersk
Les IDE chinois font la différence
En réalité, de façon relative par rapport à la taille de l’économie la France investit de moins en moins, quand la Chine se montre extrêmement agressive. Ainsi,
« Entre 2000 et 2014, le Cameroun a capté 2750 milliards de d’investissements directs étrangers (IDE), dont 1850 milliards FCFA provenant de la Chine. Ce qui représente environ 67% des IDE entrant au Cameroun […] Les autres IDE provenaient des pays tels que la France, les Etats-Unis, le Nigeria », peut-on lire dans un document de la présidence de la République camerounaise, qui cite les données de la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced).
Pendant ce temps, la France a joué aux abonnés absents, de sorte que les clients et gouvernement camerounais se tournent naturellement vers les partenaires chinois, quand il s’agit de passer commande ou de nouer un partenariat public-privé.

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