Les banques commerciales exerçant dans les pays de la zone CEMAC (les six Etats d’Afrique centrale ayant en commun l’usage du franc CFA- Gabon, Cameroun, Guinée équatoriale, Congo-Brazzaville, République Centrafricaine et Tchad) devront disposer d’un capital social minimum de 25 milliards FCFA, soit environ 45 millions dollars à partir du 1er janvier 2027 contre 10 milliards FCFA actuellement. Tandis que les établissements financiers devront pour leur part disposer d’un capital minimum de 4 milliards FCFA, contre 1 milliard FCFA actuellement.
Cette décision prise par la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac) lors d’une session extraordinaire tenue la semaine dernière à Libreville, prend effet le 1er janvier 2026. Les banques et établissements financiers déjà en activité avant le 1er janvier 2026 bénéficient quant à elles d’un délai de 12 mois, jusqu’au 31 décembre 2026, pour se conformer aux nouvelles exigences réglementaires. Les établissements qui ne pourront pas disposer du capital requis dans ce délai devront soumettre, au plus tard le 30 juin, un plan de relèvement du capital au Secrétaire général de la COBAC, présentant un calendrier précis d’augmentation du capital jusqu’à l’année 2029.
Le règlement prévoit une montée progressive du capital, afin d’éviter des ruptures dans l’activité bancaire. Ce nouveau cadre remplace le règlement de 2009, qui fixait le capital minimum des banques à 10 milliards FCFA. Ce seuil est resté inchangé pendant 15 ans, malgré l’augmentation des besoins de financement et des risques auxquels sont exposées les banques.
La décision portant relèvement du capital minimum des banques s’inscrit dans un processus d’harmonisation avec l’autre zone CFA en Afrique de l’Ouest. Au sein de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA), le capital minimum des banques a été fixé à 20 milliards FCFA depuis le 1er janvier 2024, avec un délai de mise en conformité courant jusqu’en janvier 2027. Chez le voisin nigérian, la Banque centrale a lancé un vaste programme de recapitalisation qui s’achèvera en avril 2026. A quatre mois de l’échéance, 16 banques sur 36 ont déjà atteint les nouveaux seuils réglementaires.











