La rumeur revêt la moitié de la vérité, dit un adage populaire. Face à des rumeurs qui enflent sur une dévaluation prochaine du franc que partagent les six Etats membres de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cameroun, Gabon, Guinée Equatoriale, Tchad, Congo-Brazzaville et République Centrafricaine), la Banque centrale de la CEMAC a été contrainte à un démenti dans un communiqué publié le week-end.
Selon l’institution d’émission, ces rumeurs sont «infondées et ne reposent sur aucun élément économique ou décision institutionnelle.» La Banque des Etats de l’Afrique centrale rappelle que le franc CFA demeure une monnaie stable et pleinement convertible, profitant de la garantie de coopération monétaire avec la France ainsi que de réserves de change confortables. «Notre monnaie, garantie par la coopération avec la France et soutenue par des réserves de change confortables, reste stable et convertible. Les fondamentaux économiques de la CEMAC, bien que marqués par des défis, ne justifient en rien une telle mesure,» souligne la BEAC. De ce fait, martèle-t-elle, «aucune dévaluation du franc CFA n’est à l’ordre du jour.» La Banque centrale réaffirme par ailleurs ses priorités stratégiques que sont : le maintien de la stabilité des prix, la préservation des réserves de change et la supervision d’un système financier sain et résilient.
Sur le volet des réserves de change, l’un des piliers de la stabilité monétaire, celles-ci devraient reculer de 2,6 % à la fin de l’année 2025, pour s’établir à 6.377,3 milliards de francs CFA. Cela équivaut à une couverture de 4,2 mois d’importations des biens et services, contre 4,9 mois un an plus tôt. Par ailleurs, la croissance dans la sous-région de la CEMAC devrait s’établir à 2,4% en 2025, un taux en léger recul par rapport aux 2,7 % enregistrés en 2024.
La dernière dévaluation du franc CFA remonte à 32 ans, en janvier 1994. Le franc avait alors été dévalué de 50 %, une décision qui avait été vécue comme un traumatisme à l’époque. Ce changement de parité par rapport au franc français visait à corriger la surévaluation du franc CFA qui pénalisait les exportations et freinait la croissance, afin de restaurer la compétitivité des économies de la zone et relancer l’activité économique.











