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Chine-Mauritanie : Une coopération « en béton »

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Le port autonome de Nouakchott

Le port autonome de Nouakchott, fruit de la coopération chinoise

De plus en plus, la République populaire de Chine marque sa présence en Mauritanie, pays avec lequel elle entretient des relations diplomatiques depuis l’aube des indépendances. Sur le plan économique, les mauritaniens ont tendance à faire la part entre l’aide chinoise, « en béton », et celle des pays occidentaux qu’on accuse souvent de récupérer d’une main ce qu’ils donnent de l’autre.
La Chine reste, à l’heure actuelle, le meilleur partenaire économique de la Mauritanie, en termes d’efficience de l’aide : des hôpitaux à Kiffa, Sélibaby et Nouakchott, le port autonome de Nouakchott (et son extension qui a fait bénéficié la Mauritanie d’un prêt chinois de 294 millions de dollars), le palais des congrès, le Stade olympique et la Maison de la culture entre autres réalisations par lesquelles Pékin marque sa présence en Mauritanie.
Mais depuis 2008, la présence chinoise en Mauritanie a pris un aspect plus « humain ». L’implication de dizaines de Chinois dans les affaires, notamment le commerce du thé vert et de produits ménagers made in China, ainsi que leur présence de plus en plus marquée dans les BTP, apparait à des hommes d’affaires mauritanien comme un envahissement. A l’image de ce que vivent la plupart des pays subsahariens.
Favorisée par le pouvoir actuel, cette offensive commerciale chinoise s’est traduite par la construction d’un centre commercial où des produits chinois provenant d’un énorme dépôt construit au port de Nouakchott se vendent comme des petits pains étant moins chers que ceux proposés par les commerces mauritaniens et libanais.
Un simple tour dans l’un des marchés de la capitale Nouakchott permet de se rendre compte de la présence chinoise à travers les différents articles et produits que proposent les commerçants mauritaniens. Vêtements, ustensiles de cuisine, machines électroniques, téléviseurs, récepteurs, antennes, pièces de rechange auto, téléphones portables, tout porte le label chinois. Avec néanmoins, cette appréhension que la qualité fait défaut.
Cependant, d’autres relations d’affaires, liées à la pêche ou à l’armement, sont moins médiatisées. On n’en connaît que ce que révèle l’ancien ambassadeur américain, Hankins, dans un câble de Wikileaks révélant que l’ancien ambassadeur chinois Li Guoxue avait supervisé, en février et mars 2011, le séjour en Mauritanie des dirigeants de six sociétés chinoises venues explorer les opportunités d’investissement en Mauritanie. Hankins pense cependant que ces sociétés ont été créées pour opérer spécifiquement en Mauritanie où d’importantes concessions leur auraient été faites, à l’image de celles accordées à Poly Hondone à Nouadhibou.
L’on explique le passage, sans transition, de « travailleurs de l’Etat chinois » (coopérants) à celui de particuliers qui ont envahi le marché mauritanien par les difficultés économiques que connaissent certaines provinces de Chine. Ils arrivent du Hénan, province du centre-est de la Chine, considérée à la fois comme une des plus peuplées et des plus pauvres, ou de Zhenghzhou, où le chômage pousse une main d’œuvre essentiellement agricole vers les villes.
Ce sont ainsi des millions des paysans surnuméraires appelés «mingonq», littéralement le « peuple du travail », qui rejoignent les grandes villes chinoises pour travailler dans les chantiers de construction ou dans les usines d’assemblage et de confection de la partie orientale du pays. Mais les villes côtières ne peuvent absorber la totalité de ces arrivées massives et les migrants les moins démunis s’appuient sur les réseaux en place pour envisager une migration internationale. A l’évidence, la Mauritanie est devenue une destination

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