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Colonisation : Le Burundi exige plus de 40 milliards de dollars de réparations 

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Une commission mise en place par le Sénat burundais vient de sortir un rapport sur le tort causé au pays par la colonisation. Ainsi, le gouvernement du Burundi demande à l’Allemagne et la Belgique une réparation de 43 milliards de dollars.

 

«Une requête officielle sera bientôt introduite», a annoncé, récemment, Révérien Ndikuriyo, ancien président du Sénat burundais.  «Ce montant correspond à la valeur financière des torts causés par les colons allemands et belges entre 1896 et 1962, cela comprend, notamment les travaux forcés, les peines cruelles, inhumaines et dégradantes », a-t-il expliqué, ajoutant que ces deux anciennes métropoles doivent restituer les archives et d’autres objets volés durant la colonisation.

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Le Prince Louis Rwagasore 2A la Belgique, Gitega lui repproche d’être à la base des divisions ethniques dans le pays. «Les Belges ont attribué des identités ethniques distinctes entre Hutu et Tutsi, en 1931, sous le règne du roi des Belges, Albert 1er», lit-on dans ce rapport produit par une équipe d’historiens, de chercheurs burundais. Hutu et Tutsi étant les deux principales ethnies du pays.

Pour le gouvernement du Burundi, la classification ethnique de la population mise en place par le roi belge Albert 1er est à l’origine des principaux défis que traverse le Burundi jusqu’à ce jour.

«La continuité de l’État exige que les dirigeants du Royaume de Belgique reconnaissent aujourd’hui et demandent pardon pour les crimes commis au Burundi, et il doit y avoir une restitution des archives», motive Aloys Batungwanayo, historien et chercheur burundais à l’Université de Lausanne en Suisse et un des experts.

Un passé douloureux, impact du colonialisme  

Selon le groupe d’experts d’historiens et d’anthropologues désignés en 2018 par le Sénat burundais, le préjudice de l’impact du colonialisme est très important dont le passé douloureux du pays consécutif à la politique de ‘’diviser pour régner’’ cher aux colonisateurs surtout les Belges.

Le Burundi, comme le Rwanda, a été colonisé par l’Allemagne (1903-1916) et la Belgique (1919-1962). Et ce, après la signature du Traité de Kiganda, au centre du pays, le 6 juin 1903, date à laquelle le Burundi est tombé officiellement dans les mains des colonisateurs allemands après plusieurs années de résistance contre l’infiltration etrangère débutée en 1896. La réparation doit s’étendre sur 66 ans de présence dans le pays (1896-1962).

Par exemple, avec ce Traité de Kiganda, le Roi Mwezi Gisabo s’est engagé à donner 424 tête de vaches, à tracer des routes menant vers les missions catholiques de Mugera (dans la province de Gitega, centre du pays, à plus de 130 km de Bujumbura), de Muyaga (dans la province de Cankuzo, est du pays à plus de 220 km de Bujumbura), etc. Et ce, avec une main d’œuvre gratuite.

Depuis son accession à l’indépendance, avec comme héros le Prince Louis Rwagasore assassiné avant la proclamation de l’Indépendance, le 13 octobre 1961, après que son parti Uprona (Union pour le Progrès National) ait gagné les élections législatives de la même année, le Burundi a connu, cycliquement, par des guerres et des massacres interethniques sur fond de rivalités pour la gestion du pouvoir.

Dans cette recherche commanditée par le Sénat burundais, les Batutsi minoritaires (14℅) avaient le monopole au sein de l’armée et de l’administration jusqu’en 1993.

«C’est à cette date que le Burundi va organiser les premières élections démocratiques, qui, pour la première fois, ont porté au pouvoir Melchior Ndadaye, un membre de l’ethnie hutu majoritaire (85℅).»

Trois mois plus tard, précise ce rapport, ce nouveau président de la République est assassiné dans un coup d’Etat sanglant de la nuit du 20 au 21 octobre 1993, une tragédie qui a marqué le début d’une décennie de guerre civile qui a pris fin par la signature à Arusha en Tanzanie, de l’Accord pour la paix et la réconciliation des Burundais, en 2000.

Le Burundi vient de joindre d’autres pays comme la République démocratique du Congo (RDC) ou la Namibie qui  sont en train de réclamer des réparations à leurs anciennes métropoles.

 

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