Comme il l’avait annoncé, Accra vient de lancer l’opération de rapatriement volontaire de migrants ghanéens vivant en Afrique du Sud qui font face à une flambée xénophobe dans le pays. Trois cents ressortissants ghanéens étaient rassemblés ce mercredi 27 mai dans la matinée à l’aéroport Oliver Tambo de Johannesburg pour embarquer sur l’un des premiers vols de retour au pays après que les vagues de violences anti-migrants en Afrique du Sud ont suscité de l’inquiétude dans les capitales africaines.
Le groupe comprenait des femmes et des enfants, dans le cadre d’un processus de rapatriement volontaire pour des citoyens ghanéens qui affirment ne plus se sentir en sécurité. Accusées de passivité par les chancelleries africaines, les autorités sud-africaines collaborent avec Accra sur une liste d’environ 800 personnes qui ont exprimé la volonté de quitter le pays. Un responsable de l’immigration sud-africain, a révélé à une chaîne de télévision privée que sur les 300 personnes, seules 10 étaient en situation régulière dans le pays.»
Ce rapatriement fait suite à une vague de manifestations violentes anti-immigration ces dernières semaines, les militants réclamant un contrôle plus strict des sans-papiers en accusant les étrangers de contribuer à la criminalité et au chômage.
Les organisations de défense des droits de l’Homme affirment que les migrants sont pris pour boucs émissaires par les noirs sud-africains qui les tiennent responsables des problèmes économiques du pays, notamment du chômage élevé qui approche les 30 % et touche massivement la population noire.
Le haut-commissaire du Ghana en Afrique du Sud, Benjamin Quashie, a déclaré que ces départs s’inscrivent dans le cadre des efforts visant à apaiser les tensions tout en préservant des liens diplomatiques solides entre Accra et Pretoria.
Les autorités sud-africaines ont mollement condamné les violences perpétrées contre les ressortissants étrangers provenant de l’Afrique sub-saharienne et se sont engagées à réprimer les attaques xénophobes, rappelant que «de tels actes n’ont pas leur place dans une démocratie.»
Cela dit, le ministre des Affaires étrangères du Ghana, Samuel Okudzeto Ablakwa, s’est adressé à ses compatriotes avant leur départ d’Afrique du Sud après des attaques afrophobes incessantes : «vous n’arriverez pas au Ghana en orphelins, un accueil de héros vous attend… »





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