À l’heure où l’Organisation des Nations Unies ressemble de plus en plus à une organisation paralysée par les vetos croisés et la polarisation extrême des grandes puissances, le profil du prochain Secrétaire général revêt une importance capitale. Dans cette quête complexe d’un chef de la diplomatie mondiale, la candidature de Macky Sall émerge avec une pertinence singulière.
Il serait pourtant tentant, et profondément réducteur, de l’étiqueter comme «le candidat de l’Afrique.» La réalité de son parcours dessine une toute autre ambition : celle du candidat de synthèse par excellence, capable de s’élever au-dessus de la mêlée pour fédérer une communauté internationale fragmentée.
Ce qui caractérise l’ancien président sénégalais sur l’échiquier mondial, c’est avant tout une posture de neutralité stratégique. Dans un monde fracturé, il possède cet atout rare de pouvoir s’asseoir à la même table que les Américains, les Chinois et les Russes, en étant écouté par tous. Les faits parlent d’eux-mêmes. En pleine crise russo-ukrainienne, alors qu’il assurait la présidence de l’Union africaine, Macky Sall n’est pas resté confiné dans un rôle d’observateur. Il a usé de cette centralité pour s’imposer comme le co-promoteur décisif de l’accord sur les couloirs sécurisés d’acheminement du blé, évitant de justesse une famine dévastatrice dans l’Est du continent africain.
Cette capacité à entendre les positions divergentes pour forger un consensus d’action est la marque d’un homme qui défend un multilatéralisme inclusif. C’est d’ailleurs cette même ténacité diplomatique qui a permis, sous son mandat, d’obtenir une avancée historique : l’obtention pour l’Afrique d’un siège de membre permanent au sein du G20.
En observant sa candidature, on y lit l’aboutissement d’une grande tradition diplomatique sénégalaise, assumée et modernisée. L’homme s’inscrit dans la continuité directe des pères fondateurs de la nation. Il puise dans «l’universalisme intégral» de Léopold Sédar Senghor, emprunte à Abdou Diouf cette rigueur et ce pragmatisme d’État. Macky Sall fait la synthèse de cet héritage pour proposer aujourd’hui un véritable universalisme inclusif, une doctrine où chaque nation, petite ou grande, trouve sa place dans la gouvernance mondiale. Il s’inscrit également dans le sillage de Abdoulaye Wade, initiateur de la politique des grandes infrastructures qui a profondément transformé et modernisé le pays sous la présidence de Macky Sall.
Un Secrétaire général de l’ONU doit d’abord prouver qu’il sait éteindre des incendies. Sur ce terrain, l’expérience internationale de l’ancien président en exercice de la CEDEAO plaide pour lui. Avant de prétendre apaiser le monde, le Sénégal a su, sous son impulsion, pacifier et stabiliser son propre voisinage immédiat. Dakar a été la cheville ouvrière du retour à l’ordre constitutionnel et à la démocratie en Gambie, tout en jouant un rôle de stabilisateur incontournable en Guinée-Bissau.
Aujourd’hui, l’ONU n’a plus besoin d’un énième bureaucrate clivant, ni du porte-étendard étiqueté à un bloc spécifique. Avec sa capacité prouvée à parler à toutes les capitales et son expérience concrète de la résolution des crises, Macky Sall incarne ce point d’équilibre indispensable pour remettre le multilatéralisme en marche.






Sénégal

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