Le groupe belge Sipef poursuit son offensive dans la filière bananière ivoirienne. Avec le rachat de Tiabam, près de Tiassalé, le producteur entend gagner en volumes et surtout en efficacité opérationnelle, dans un marché dopé par la demande européenne.
Sipef étoffe son dispositif ivoirien. Le groupe belge a annoncé, le 7 septembre, l’acquisition de Tiabam, une plantation bananière située dans la zone de Tiassalé. L’opération, menée via sa filiale locale Plantations J. Eglin, doit être finalisée avant la fin du mois. Son montant reste confidentiel.
D’une superficie d’environ 450 hectares, dont 320 actuellement plantés en bananiers, Tiabam présente surtout un avantage stratégique : sa proximité avec le domaine d’Akoudjé, déjà exploité par Sipef. Le groupe compte ainsi mutualiser plusieurs fonctions, des achats à la logistique, en passant par l’encadrement technique, le conditionnement et l’export.
Des synergies à la clé
Pour Petra Meekers, directrice générale de Sipef, cette acquisition doit permettre à Plantations J. Eglin de changer d’échelle et de dégager des synergies opérationnelles. Tiabam emploie près de 400 personnes et produit chaque année entre 12 000 et 14 000 tonnes de bananes.
Plus de 70 % de cette production prend la direction de l’Europe, tandis que le solde est commercialisé en Afrique de l’Ouest, notamment sur le marché ivoirien. Un positionnement qui permet à Sipef de conjuguer exportation et présence régionale.
Vers les 70 000 tonnes
Avec cette opération, Plantations J. Eglin exploitera désormais six domaines dans le district des Lagunes. Le groupe disposait déjà de 1 238 hectares de bananeraies en Côte d’Ivoire, principalement consacrés à la variété Cavendish Grande Naine, prisée sur les marchés d’exportation.
En 2025, les plantations ivoiriennes de Sipef ont produit 52 159 tonnes, en progression de 2,2 % sur un an, malgré les fortes pluies et plusieurs épisodes de tempête. L’intégration de Tiabam pourrait rapprocher la production du groupe du seuil des 70 000 tonnes annuelles, notamment grâce à la montée en puissance des nouvelles superficies développées à Akoudjé.
La Côte d’Ivoire aiguise les appétits
L’opération intervient dans une filière ivoirienne en pleine consolidation. Première activité du sous-secteur horticole national, la banane bénéficie de l’appétit du marché européen. Selon les données des douanes ivoiriennes, les ventes du secteur ont généré 141,4 milliards de francs CFA en 2024, soit environ 250 millions de dollars et près du double du niveau enregistré en 2015.
En 2025, la Côte d’Ivoire a exporté quelque 271 000 tonnes de bananes, représentant plus du tiers des volumes africains, selon la FAO. De quoi conforter l’intérêt des grands opérateurs internationaux pour un marché où la bataille se joue désormais autant sur les volumes que sur la maîtrise des coûts et de la chaîne logistique.





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