La formation politique de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo fait son entrée au sein de la Commission électorale indépendante (CEI), une entrée officialisée par un décret présidentiel. Pour les observateurs, il s’agit d’un pas supplémentaire vers l’apaisement du climat politique avant des élections locales prévues fin 2023.
Le Parti des Peuples Africains de Côte d’Ivoire (PPA-CI) a été lancé par Laurent Gbagbo en octobre 2021, quelques mois après son retour en Côte d’Ivoire après son acquittement par la justice internationale qui l’avait jugé pour crimes contre l’humanité dans la sanglante crise post-électorale de 2010.
Sa participation au sein de la Commission électorale indépendante (CEI) faisait partie des sujets du dialogue politique qui s’est tenu début 2022 afin de renforcer «la culture démocratique» dans le pays.
En plus de Demba Traoré, la CEI enregistre également l’arrivée d’un autre nouveau membre, Dan Jules Démonsthène, proposé par le parti au pouvoir, le Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP).
L’organe de régulation des élections compte désormais 18 membres : un représentant du président de la République, un du ministère de l’Intérieur, six de la société civile, neuf des partis politiques, dont cinq de l’opposition, et un représentant du Conseil supérieur de la magistrature.
Plusieurs signes d’apaisement politique sont perceptibles en Côte d’Ivoire
«Nous acceptons cette entrée (de Demba Traoré au sein de la CEI) qui était attendue depuis la fin du dialogue politique il y a un an», a réagi auprès de l’AFP le porte-parole du PPA-CI, Justin Koné Katinan qui estime toutefois que la commission électorale reste encore déséquilibrée en faveur du pouvoir. « Cet organe doit être totalement réformé et quitter son caractère partisan », a-t-il ajouté.
La CEI est chargée notamment d’établir et réviser la liste électorale, organiser les élections et veiller à la stricte application du code électoral. Les prochains scrutins en Côte d’Ivoire, les élections municipales et régionales, sont prévus pour octobre et novembre 2023. La présidentielle doit quant à elle avoir lieu en 2025.
Depuis la présidentielle controversée de 2020, où des violences avaient fait 85 morts et 500 blessés, plusieurs signes d’apaisement politique sont perceptibles en Côte d’Ivoire. Des législatives se sont tenues dans le calme en mars 2021, et les opposants Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé ont fait leur retour dans le pays, après leur acquittement par la justice internationale.





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