Le gigantesque projet d’un gazoduc de 25 milliards de dollars, reliant le Nigeria au Maroc pour approvisionner les marchés européens en GNL (gaz naturel liquéfié), prend forme, rapporte notre confrère Sika Finance s’appuyant sur les déclarations de la directrice générale de l’Office national (marocain) des Hydrocarbures du Maroc (Onhym). En effet, Abuja et Rabat s’apprêtent à poser la toute dernière pierre juridique de ce projet aux dimensions titanesques. Un accord intergouvernemental portant sur la construction de ce gazoduc dont le coût est estimé à 25 milliards de dollars, sera signé cette année, confirme Amina Benkhadra.

Cette annonce marque la conclusion de plusieurs années de négociations impliquant treize pays membres de la Cédéao. Le projet est, il est vrai, d’une envergure sans précédent. Long de 6.900 kilomètres, le gazoduc reliera les côtes du Nigeria à celles du Maroc en longeant la façade atlantique du Continent, à travers un tracé hybride combinant des segments sous-marins et terrestres. Sa capacité maximale de production est fixée à 30 milliards de mètres cubes de gaz naturel par an, dont 15 milliards seront réservés à l’approvisionnement du Maroc et au soutien des exportations vers l’Europe. Si le chronogramme de la mise en œuvre de ce gigantesque chantier est tenu, les premières livraisons du GNL nigérian sont attendues en 2030.
Un cadre institutionnel solide appuie le projet
L’idée de ce gazoduc n’est pas nouvelle. Elle remonte à près d’une décennie, en décembre 2016, lors d’une visite d’Etat du Roi Mohammed VI au Nigeria. Elle avait été conçue avec le Président nigérian de l’époque, feu Muhammadu Buhari. Depuis, le projet a lentement mûri, traversant des phases d’études de faisabilité, d’ingénierie et de négociations diplomatiques. Ce qui change aujourd’hui, c’est que ces étapes préparatoires sont désormais achevées, et que le projet dispose d’un cadre institutionnel solide. L’accord intergouvernemental, dont le contenu a été adopté en décembre 2024, fixe les droits et obligations de chacun des treize pays traversés par le gazoduc. Sa signature officielle sous l’égide de la Cédéao doit sceller définitivement l’engagement collectif de la région.
Le schéma de gouvernance retenu par les partenaires est celui d’une holding internationale qui coiffe trois sociétés de projet distinctes, dédiées respectivement aux phases nord, centre et sud du tracé. Cette structure vise à garantir une flexibilité financière tout en tenant compte des spécificités locales de chaque territoire concerné. Au Nigeria, une haute autorité réunissant des représentants ministériels des treize pays participants sera mise en place dès la signature de l’accord, afin d’assurer la coordination politique et réglementaire du chantier. Au Maroc, une coentreprise entre l’ONHYM et la Nigerian National Petroleum Company (NNPC) sera chargée de la supervision de l’exécution, du financement et de la construction du gazoduc.





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