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Dégâts collatéraux

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ministre saoudien du pétrole

Ali al-Nouaïmi, ministre saoudien du pétrole

Pour la première fois le ministre saoudien de l’En­ergie s’est officiellement prononcé sur le conflit qui oppose désormais les pays membres de l’OPEP et les nouveaux entrants du marché du pétrole, les Etats-Unis et le Canada. Jusqu’ici larvée, la guerre des prix est devenue ouverte. L’OPEP n’est pas prête à consentir une baisse de ses parts de marché, par conséquent elle maintient ses quotas de produc­tion. Du coup, les prix continueront à baisser pour se situer en deçà de 60 dollars US, au grand bonheur des pays importateurs.

Toutefois, beaucoup de pays africains seront négativement impactés par cette guerre contre les nouveaux entrants. L’Afrique doit une bonne partie de sa croissance aux matières premières, dont les cours sont étroitement liés à ceux de l’or noir et du gaz. En mai dernier, c’est-à-dire avant cette déclaration de guerre, La Banque africaine de développement (BAD) et l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) prévoyaient conjointement une croissance de 4,8% en 2014 et 5,7% en 2015. En réalité, la dynamique africaine repose toujours sur les sous-sols gorgés de matières premières, telles le pétrole, le gaz, les minerais et les ressources agricoles. Comment expliquer les taux de croissance phénoménaux de l’Angola, de la Guinée Equatoriale, de l’Algérie…? Même si d’autres pays pétroliers comme le Ghana et Le Nigeria dont Les croissances sont de moins en moins portées par le pétrole, mais par Les services, peuvent être impactés également.

Il est vrai que des pays comme l’Ethiopie, le Ghana ou le Rwanda ont montré que l’on pouvait baser la croissance sur autre chose que les matières premières. Ces pays réalisent bien une croissance à deux chiffres, basée sur le développement industriel, la compétitivité, l’attractivité et la bonne gouvernance. Aujourd’hui, plusieurs pays africains ont un SMIG inférieur à celui de La Chine qui a décidé de bâtir un marché intérieur fort, donc d’augmenter ses salaires. Dans l’Empire du Milieu, désormais dans les principaux centres de productions, le salaire mensuel d’un ouvrier est d’environ 500 dollars US. Par conséquent, une partie de la production mondiale sera réorientée vers des pays capables de Les accueillir. Les Nations Unies estiment que 85 millions d’emplois devront quitter la Chine vers les pays prêts à la recevoir. La seule question qui se pose est de savoir si les pays pétroliers africains se sont préparés à recevoir une partie de ces emplois qui sont dans des domaines quelquefois hautement technologiques. Ont-ils suffisamment d’infrastructures notamment portuaires, routières et aéroportuaires ? Ont-ils profité de La manne pétrolière et des prix élevés de ces dernières années pour former Les populations? Enfin, ont-ils mis en place un cadre institutionnel pour améliorer le Doing-business ? A toutes ces questions, la réponse n’est pas forcément affirmative.


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