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Développement industriel : l’Afrique toujours hors-circuit  

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La contribution de l’Afrique à la valeur ajoutée manufacturière mondiale est encore très faible (1,6%). C’est là un défi de taille que ce continent de 1,3 milliard d’habitants doit relever en s’attelant à la transformation sur place de ses matières premières qui constituent 71% de ses exportations.

Selon une étude publiée par le PricewaterhouseCoopers (PwC), cette situation est source de vulnérabilité économique et met sous tension la compétitivité des pays concernés. Pour y faire face, l’Afrique a besoin de 12 à 13 millions de nouveaux emplois par an.
Au cours des trois dernières décennies, la valeur ajoutée manufacturière (VAM) a connu un pic de 19% en Afrique du Nord et a reculé de 14% à 10% en Afrique subsaharienne. 
Malgré ses 1,28 milliard d’habitants, l’Afrique a la plus faible contribution à la VAM mondiale, soit environ 1,6% en 2015. Si on enlève l’Afrique du Sud et le Maghreb, la contribution à la VAM mondiale n’est plus que de 1%. A l’exception de l’Afrique du Sud et des pays d’Afrique du Nord, la quasi-totalité des Africains vit dans des pays où la VAM est inférieure à 100 dollars par habitant. A titre de comparaison, la VAM par habitant se situe autour de 820 dollars en Chine et 5 220 dollars aux Etats-Unis. 
En outre, 80% de la VAM africaine est liée soit aux ressources naturelles, soit aux activités professionnelles à faible intensité technologique. Or, c’est lorsque le secteur industriel s’oriente vers un modèle à plus forte valeur ajoutée technologique que son impact est le plus fort pour l’économie. Parallèlement, l’industrialisation doit reposer sur la création d’un environnement économique et social favorable. «Il faut changer la manière dont la politique industrielle est pensée, construite et appliquée, estime Jonathan Le Henry, directeur Stratégie & Afrique francophone chez PwC. Il faut adopter une approche plus pragmatique, moins dogmatique.»  L’analyse des choix de politiques industrielles en Afrique a permis de dégager quatre stratégies pour stimuler le développement industriel. Cela passe par la capitalisation sur les ressources naturelles héritées, pour créer de nouvelles activités à plus forte valeur ajoutée, à la création des conditions nécessaires à l’amélioration du climat des affaires en passant par la mise en place de stratégies favorisant les partenariats, le partage de valeur et le transfert de technologies et le recours aux technologies de la révolution industrielle 4.0 pour dégager des gains de productivité. 
Avec un potentiel qui n’est plus à démontrer (sept des dix pays qui connaissent la plus forte croissance au monde sont en Afrique), l’Afrique dispose des pré-requis d’un développement industriel durable et inclusif. Si les pays du continent déjà lancés dans cette voie évitent le défaut à l’allumage, le défi pourra alors être relevé au cours de la décennie.

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