Alors que les États-Unis se trouvent au bord d’une incertitude économique profonde, trois forces s’affrontent : l’ambition politique, l’anxiété des entreprises et la survie des consommateurs. Chacun agit selon ses priorités, mais l’absence de coordination entre ces acteurs aggrave la crise au lieu de la résoudre
Pour l’ancien président Donald Trump, le retour sur la scène politique s’accompagne de promesses : démanteler les politiques de l’ère Biden, restaurer la puissance industrielle, réduire le déficit commercial et renforcer la sécurité nationale. Sa méthode ? Le protectionnisme, les droits de douane et la fermeté économique. Si cette stratégie protège certains emplois locaux, elle augmente aussi les coûts des produits importés, étouffant les entreprises et appauvrissant les consommateurs.
Du côté des entreprises, la pression est immense. Elles doivent maintenir leurs marges malgré l’inflation, les coûts de production en hausse et la baisse de la demande. Un faible retour sur investissement (ROI) entraîne la fuite des actionnaires, la chute des actions, voire la faillite. Dans un tel climat, l’innovation est freinée, les licenciements se multiplient, et la prise de risque devient un luxe.
Quant aux consommateurs, ils sont au cœur de la tempête. L’inflation réduit leur pouvoir d’achat, les salaires stagnent, et chaque dépense devient un dilemme. Couper dans le budget, ce n’est plus renoncer au superflu, mais survivre : manger moins, reporter les soins, ou supprimer les loisirs. Pour des millions de foyers américains, il n’y a plus de marge de manœuvre, seulement de la résilience forcée.
Ce déséquilibre général crée une peur partagée : celle d’une récession. Le gouvernement veut tenir ses promesses électorales, les entreprises veulent rassurer leurs investisseurs, et les citoyens veulent garder leur toit. Mais cette survie individualiste ne peut conduire qu’au désastre collectif.
La vérité est claire : les tarifs douaniers ne suffisent pas à redresser l’économie. Ils doivent s’inscrire dans une stratégie plus large, incluant :
Soutien aux entreprises : Financement accessible, accompagnement dans l’innovation, et adaptation aux nouvelles chaînes d’approvisionnement.
Protection des consommateurs : Baisse du coût de la vie, revalorisation des salaires réels, et accès garanti aux services essentiels (santé, logement, éducation).
Investissements stratégiques : Industrie verte, technologies, logistique, relocalisation et infrastructures durables.
Dialogue structurant : Créer un partenariat entre l’État, les entreprises et la société civile, pour aligner les objectifs et partager les responsabilités.
La confusion actuelle ne profite à personne : ni aux dirigeants qui veulent être élus, ni aux entreprises qui veulent survivre, ni aux familles qui veulent vivre. Si cette situation perdure, la récession que nous redoutons ne sera plus une menace : elle sera notre réalité.
L’heure n’est plus à la posture, mais à l’action. Une action coordonnée, humaine et ambitieuse. Pour que l’économie ne soit pas seulement une bataille de chiffres, mais une solution pour tous.
*Par Willy Lukanga
Fondateur & PDG de Easy Cargo Freight International




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