Pendant que l’attention se concentre souvent sur les fintechs ou l’intelligence artificielle, une autre transformation plus discrète est en train d’émerger dans l’agriculture africaine : celle de la donnée agricole. Avec son Africa Tour 2026 lancé depuis la Côte d’Ivoire, la startup FarmUp veut montrer que la digitalisation des fermes pourrait devenir un levier stratégique pour moderniser l’élevage africain et faciliter l’accès au financement.

Dans une grande partie des exploitations agricoles africaines, les décisions continuent souvent de reposer sur l’expérience, l’observation ou des suivis informels.
Historique des soins vétérinaires, dépenses, ventes, suivi du cheptel ou performances des exploitations restent rarement centralisés dans des systèmes structurés.
Ce manque de données pose pourtant un problème beaucoup plus profond qu’il n’y paraît. Sans informations fiables, il devient difficile pour les producteurs de mesurer précisément leurs performances, d’anticiper leurs besoins ou encore d’accéder au financement formel. Dans beaucoup de cas, l’absence de traçabilité transforme les exploitations agricoles en activités difficiles à évaluer pour les banques et investisseurs.
FarmUp veut rendre les fermes africaines plus visibles économiquement
C’est précisément sur cette problématique que FarmUp construit aujourd’hui son modèle.
La startup développe une plateforme destinée aux éleveurs, coopératives et acteurs agricoles afin de centraliser les informations liées aux exploitations : gestion du cheptel, soins vétérinaires, production, dépenses ou encore ventes.
Mais derrière l’outil technologique, l’ambition dépasse largement la simple digitalisation.
Pour son fondateur Christlain Nanko, structurer les données agricoles pourrait progressivement permettre aux exploitations africaines de devenir plus crédibles aux yeux des institutions financières. «Ce que nous construisons vraiment, c’est un pont entre l’éleveur africain et le crédit agricole formel», explique Christlain Nanko, fondateur de FarmUp.
La data devient alors un outil de gestion, mais aussi un levier de bancarisation et de financement.
L’AgriTech africaine change progressivement de visage
Pendant plusieurs années, une partie de l’AgriTech africaine s’est principalement concentrée sur les marketplaces agricoles ou les plateformes de mise en relation. Mais progressivement, les startups commencent à s’attaquer à des couches beaucoup plus profondes : la traçabilité, la structuration des données, la gestion opérationnelle et les infrastructures numériques agricoles.
L’agriculture devient ainsi un sujet technologique autant qu’un sujet de production.
Cette évolution rapproche désormais l’AgriTech de la fintech, de la data et même du scoring de crédit.
Le FarmUp Africa Tour veut connecter technologie et réalités terrain
Avec le lancement du FarmUp Africa Tour 2026, la startup veut désormais aller directement au contact des écosystèmes agricoles africains.
L’objectif est de rencontrer éleveurs, coopératives, incubateurs, institutions agricoles et partenaires locaux afin de mieux comprendre les réalités du terrain et construire des collaborations concrètes autour de la digitalisation des exploitations. Vous pouvez rejoindre la communauté en cliquant sur ce lien: https://forms.zohopublic.eu/contactfar1/form/RejoindreleFarmUpAfricaTourCtedIvoire2026/formperma/GluVEcWW4muHI-L571T0ljR2o9bUQPCyIrCUgrQDaxA?utm_source=chatgpt.com
La Côte d’Ivoire a été choisie comme première étape de cette tournée panafricaine, un choix stratégique pour FarmUp qui considère le pays comme l’un des hubs agricoles et entrepreneuriaux majeurs d’Afrique de l’Ouest.
Derrière la digitalisation agricole, une bataille pour le futur du financement
Aujourd’hui, FarmUp revendique déjà plus de 861 fermes référencées dans plusieurs pays africains et figure parmi les solutions AgriTech distinguées dans différents programmes d’innovation du continent.
Mais au-delà des chiffres, l’enjeu devient beaucoup plus large. Dans un continent où l’agriculture reste un pilier économique majeur, la capacité à produire, structurer et exploiter des données agricoles pourrait progressivement devenir aussi stratégique que la production elle-même.
Et dans cette nouvelle économie agricole pilotée par la donnée, plusieurs startups africaines cherchent désormais à construire les infrastructures numériques capables de transformer durablement la manière dont les fermes africaines seront financées et gérées demain.




![Éclairage | FarmUp : et si la prochaine révolution agricole africaine venait des données … [Par Sylvestre Afery] Dans une grande partie des exploitations agricoles africaines, les décisions continuent souvent de reposer sur l’expérience, l’observation ou des suivis informels. Historique des soins vétérinaires, dépenses, ventes, suivi du cheptel ou performances des exploitations restent rarement centralisés dans des systèmes structurés.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/05/Farm-up-scaled.jpg)
Côte d’Ivoire





