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Education !

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Education ! Parée de toutes les vertus et pourtant, jusqu’à un passé récent, nos dirigeants ne l’ont pas placée au centre de leurs priorités.

Pourquoi doit-on parler aujourd’hui d’éducation ? Pour au moins trois raisons. La première est que le magazine américain Forbes (voir dossier) vient de consacrer  un dossier spécial sur 20 jeunes talents africains, des femmes notamment, dont l’itinéraire exceptionnel peut servir d’exemples. Leur parcours a évidemment commencé par une formation dans les meilleures universités africaines et mondiales.

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La deuxième est relative à l’African Leadership Academy (ALA), établissement d’excellence, basé à Johannesburg, voulu, fondé et financé par des Africains, pour former les leaders africains de demain et pour être mieux imprégnés des réalités africaines. Et c’est là, le détail qui fait la différence et que même les meilleures universités occidentales ne pourraient offrir à nos élites.

La troisième découle de la question de savoir si les Etats africains jouent convenablement leur partition dans le financement de l’éducation et de la formation universitaire et technique. Elles sont au début et à la fin du développement économique et sociale d’une nation. Sans elles, l’Afrique ne saura pas pérenniser la croissance de 6% à 7% qui la tient depuis quelques années. On s’achemine forcément vers des investissements de plus en plus sophistiqués dans le secondaire et le tertiaire, après que l’agriculture et les mines ont été les principaux moteurs de la croissance. Il nous faudra alors de plus en plus de financiers, d’ingénieurs, de techniciens qui prennent le relais.

Ainsi, l’éducation et la formation doivent être placées au centre des préoccupations des politiques publiques et l’Etat doit veiller à ce qu’elles soient de qualité. Les nations qui placent une bonne partie de leur PIB dans le secteur éducatif sont celles qui innovent, accroissent leur valeur ajoutée et sont logiquement les plus compétitives.  

Selon Hendrik van der Pol, directeur de l’Institut de statistique de l’Unesco, les États-Unis, où vivent seulement 4 % de la population mondiale âgée de 5 à 25 ans, représentent plus d’un quart du budget mondial total de l’éducation. Ne soyons donc pas étonnés que Facebook, Google, Yahoo, Twitter et j’en passe appartiennent à cette nation. Pour Hendrik Van Der Pol, les États-Unis dépensent presque autant que l’ensemble des gouvernements des six régions du monde suivantes : les États arabes, l’Europe centrale et orientale, l’Asie centrale, l’Amérique latine et les Caraïbes, l’Asie du Sud et de l’Ouest et l’Afrique subsaharienne.

Parallèlement, les gouvernements d’Afrique subsaharienne ne dépensent que 3 % des ressources mondiales dédiées à l’éducation pour une population qui représente 15 % de la population d’âge scolaire. Selon les estimations, le budget de l’éducation d’un seul pays comme la France, l’Allemagne ou l’Italie dépasse les dépenses d’éducation de l’ensemble des pays d’Afrique subsaharienne. Ce constat est suffisamment inquiétant pour que les pays africains, aujourd’hui en pleine croissance, injectent une bonne part de leur richesse créée annuellement dans l’éducation en générale, scolaire en particulier.

Pour revenir au dossier  de Forbes, il est intéressant de noter qu’au-delà de leurs parcours et leur engagement pour le continent, ils ont un point commun celui d’avoir le niveau d’éducation reçu. Bagage qu’ils veulent mettre au service du continent à en juger par leurs initiatives concrètes. L’écrasante majorité d’entre eux pouvaient se contenter des places de choix qu’ils occupaient dans des firmes multinationales, mais à l’instar de Magatte Wade (1ère du classement Forbes), ils préfèrent se mettre à leur compte en Afrique où ils participent à l’accroissement de la richesse. L’action des fondateurs d’African Leadership Academy n’est pas si différente : doter l’Afrique d’institutions éducatives de classe mondiale capables de former les meilleurs pour les orienter justement vers le marché africain.   

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