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Egypte : Le blocage du canal de Suez montre comment l’économie mondiale est dépendante de cette voie de passage

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Après plusieurs jours de blocage par un navire qui s’est mis à travers, le canal de Suez est enfin redevenu opérationnel hier lundi 29 mars 2021. Cet événement montre combien l’économie mondiale est dépendante de ce canal creusé il y a plus d’un siècle et demi.

Même dans les moments les plus difficiles, les Anglais savent garder leur humeur « so british ». « J’ai dit à un de mes clients que son parquet bloquait le canal de Suez, il ne m’a pas cru », a osé plaisanté le patron d’une entreprise britannique spécialisée dans le bois, au micro de la BBC samedi.

Eh oui ! Humour mis à part, ce Britannique avait pourtant raison, puisque l’Ever Given, un navire transportant une centaine de conteneurs de meubles Ikea s’est mis au travers du canal de Suez, alors qu’il venait de la Chine pour se rendre en Grande-Bretagne. Il a fallu un coup de vent inhabituel pour que le navire perde le contrôle et que le commerce international soit partiellement à l’arrêt.

« Cela montre une nouvelle fois la fragilité des chaînes d’approvisionnement, longues et complexes, et les limites du just-in-time », à savoir une logistique pensée pour que les marchandises soient livrées « le jour où vous en avez besoin, voire le jour d’après », explique Ian Goldin, professeur à l’université d’Oxford. Or, just-in-time signifie absence de stock, ce qui est synonyme d’interdépendance à l’extrême. La moindre météo défavorable, le moindre conflit, la plus petite rupture dans l’approvisionnement en carburant d’un navire peut créer des retards énormes en bout de chaînes.

Le canal de Suez n’est pas n’importe lequel. En effet, selon la revue spécialisée britannique Lloyd’s List, son blocage pour cette courte période a créé un embouteillage de 425 navires qui attendaient de pouvoir franchir cette voie longue de quelque 190 km reliant la mer Rouge à la Méditerranée. En 2020, près de 19 000 navires ont transité par le canal, ce qui représente une moyenne de 51,5 navires par jour. C’est dire que sans lui, l’économie européenne et africaine si dépendante du commerce avec l’Asie et des échanges pétroliers avec le Golfe peut s’arrêter net.

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