Disposant de très peu de marges budgétaires, le gouvernement égyptien a augmenté ce mardi 10 mars les prix d’une large gamme de produits pétroliers au moment où les cours mondiaux du pétrole et du gaz s’embrasent suite à la guerre américano-israélienne contre l’Iran, et qui a conduit à la suspension du passage des navires pétroliers dans le détroit d’Ormuz
Le prix du diesel, l’un des carburants les plus couramment utilisés dans le pays, a augmenté de 3 livres égyptiennes pour atteindre 20,50 livres (près de 39 cents du dollar américain) contre 17,50 livres auparavant. De leur côté, les prix de l’essence ont augmenté jusqu’à 16,9 %, selon la qualité. Le litre d’essence à indice d’octane 80 est passé à 20,75 livres tandis que l’essence à indice d’octane 92 est passée à 22,25 livres, et l’essence à indice d’octane 95 coûte désormais 24 livres. Ces augmentations de 14 % à 17 % sont les premières de l’année, elles font suite à une précédente hausse de près de 10,5 % à 12,9 % en octobre 2025. Le Caire avait à l’époque décidé le gel des prix des carburants sur le marché intérieur pour au moins un an, invoquant des facteurs locaux, régionaux et internationaux, mais les autorités viennent d’être rattrapées par les conséquences de la guerre au Moyen-Orient. «Cette décision intervient compte tenu de la situation exceptionnelle résultant des développements géopolitiques au Moyen-Orient et de leurs effets directs sur les marchés mondiaux de l’énergie,» a justifié le ministère de l’Energie dans un communiqué.
Cette décision intervient quelques jours après que le Premier ministre, Mostafa Madbouly, a déclaré que l’Etat pourrait recourir à des «mesures exceptionnelles» si les prix mondiaux du carburant augmentent sensiblement en raison de la guerre. L’ombre du FMI plane également sur la décision. En effet, le gouvernement égyptien a contracté des facilités de financement auprès du Fonds monétaire international (FMI) depuis 2016, des prêts totalisant 12 milliards de dollars pour relancer l’économie après des années de troubles politiques depuis le début des manifestations du Printemps arabe. Depuis, l’institution de Bretton-Woods a incité Le Caire à réduire les subventions sur les carburants, l’électricité et les produits alimentaires, tout en renforçant les filets sociaux. L’Egypte a conclu un accord avec le FMI en mars 2024 pour un programme de prêt élargi de 8 milliards de dollars US.
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