Le Caire est en pourparlers avec des majors internationaux de l’énergie, dont Shell, TotalEnergies et BP, des groupes qui cherchent à sécuriser un débouché stratégique. Selon « des sources proches du gouvernement » citées par l’agence Reuters, chaque multinationale s’engagera sur la livraison de 15 à 18 cargaisons de gaz naturel liquéfié (GNL) par mois pendant au moins trois ans. La durée de ces accords pourrait s’étaler de trois à cinq ans, mais il reste à finaliser quelques détails.
Ces discussions interviennent alors que la production égyptienne peine à suivre le rythme de la demande croissante et que les marchés mondiaux du GNL restent tendus en raison de la guerre entre l’Iran et les Etats-Unis. En plus des discussions avec Shell, TotalEnergies, BP, le négociant en matières premières Hartree Partners est aussi entré dans la danse. « Il existe une forte volonté de travailler avec les Américains », confie une source gouvernementale égyptienne à Reuters.
Bien que l’économie égyptienne soit restée globalement stable malgré l’impact de la guerre au Moyen-Orient, la facture des importations de gaz naturel du pays a presque triplé, passant d’environ 560 millions de dollars avant le conflit à 1,65 milliard de dollars pour les mêmes volumes en mars dernier.
Les nouveaux accords d’importation que s’apprête à conclure Le Caire seraient valorisés entre 8 et 11 milliards de dollars par an, si on les rapproche aux contrats similaires conclus récemment avec une prime d’environ 1,5 dollar par rapport au prix de référence européen du GNL, assure Reuters. Cela constituerait un défi supplémentaire pour le gouvernement, qui doit faire face au poids des échéances de la dette qui absorbe la majeure partie du budget de l’Etat, et une devise nationale qui se maintient à peine depuis le début du conflit entre l’Iran et les Etats-Unis.
Chaque dollar dépensé pour les importations de GNL et de carburant est un dollar qui n’est plus disponible pour les investissements et les dépenses à caractère social.
L’Egypte a importé un total de 985 milliards de pieds cubes de gaz entre juillet 2025 et juin 2026, y compris en provenance d’Israël. D’après des documents officiels consultés, ses importations devraient atteindre 1.081 milliards de pieds cubes en juillet 2027. Cette flambée des achats de gaz sur le marché international traduit surtout le recul de la production nationale. La production égyptienne de gaz naturel, en décrochage depuis plusieurs années, s’est établie en moyenne mensuelle, à moins de 4,4 milliards de pieds cubes par jour au cours de l’exercice 2025-2026 et devrait encore diminuer pour atteindre 4,2 milliards de pieds cubes par jour au cours de l’exercice actuel.





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