Le Nigeria franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de relance du secteur des hydrocarbures. À l’issue de son appel d’offres lancé fin 2025, 37 des 50 blocs pétroliers et gaziers proposés ont été attribués à 31 entreprises, majoritairement nigérianes. Si certains bassins longtemps délaissés ont, pour la première fois, suscité l’intérêt des investisseurs, treize blocs sont restés sans candidat, illustrant les défis persistants de l’exploration dans les zones les moins connues.
Sur les 50 blocs pétroliers et gaziers mis en compétition par les autorités nigérianes, 37 ont trouvé preneur, tandis que 13 sont restés sans offre. Les résultats du cycle d’appel d’offres ont été dévoilés mardi 21 juillet à Abuja par la Nigerian Upstream Petroleum Regulatory Commission (NUPRC), à l’issue de la séance de dépôt des offres finales.
Le processus, engagé en novembre 2025, avait suscité un vif engouement avec près de 300 entreprises candidates. Après l’évaluation de leurs capacités techniques et financières, 196 sociétés ont été autorisées à poursuivre la procédure. Au terme du processus, 143 entreprises ont déposé quelque 200 offres portant sur 37 blocs.
Parmi les 31 entreprises retenues figurent principalement des acteurs nigérians, dont SSonic Petroleum, CFP Pipeline, Dutchford E&P, Attabanson Global, Rosem Energy, Asharami et LexOil.
Une sélection fondée sur les engagements, pas seulement sur le prix
Contrairement à une vente aux enchères classique, le montant proposé ne constitue pas l’unique critère d’attribution. La NUPRC applique un système de notation qui évalue simultanément les engagements financiers envers l’État, les programmes d’exploration promis par les candidats ainsi que les garanties financières qu’ils présentent, précise Punch Nigeria.
Les entreprises retenues disposent désormais de 90 jours pour satisfaire à l’ensemble des obligations prévues par le cahier des charges. Le régulateur a également rappelé qu’il appliquera strictement sa politique dite « Explorez ou rendez », qui prévoit le retrait des licences des opérateurs laissant leurs blocs inexploités.
Les bassins de l’intérieur attirent enfin les investisseurs
L’un des principaux enseignements de cet appel d’offres réside dans l’intérêt inédit manifesté pour plusieurs bassins encore peu explorés. Pour la première fois, des zones telles que Benue Trough, Chad, Anambra ou Benin ont enregistré des offres de la part d’investisseurs, selon la NUPRC.
Situés loin du delta du Niger, cœur historique de la production pétrolière nigériane, ces bassins n’avaient jamais suscité un tel engouement lors des précédents cycles d’attribution. Le régulateur souligne toutefois que la majorité des 13 blocs restés vacants se trouvent précisément dans ces régions.
« Ces actifs sont situés dans des bassins qui n’ont pas encore été suffisamment étudiés pour convaincre les investisseurs de leur potentiel commercial. Nous ne sommes donc pas surpris », a expliqué Oritsemeyiwa Eyesan, directrice générale de la NUPRC.
Les blocs non attribués seront remis en compétition lors d’un prochain appel d’offres, dont le lancement a déjà reçu l’aval du président Bola Tinubu.
Objectif : accroître les réserves et relancer la production
Au-delà de l’attribution des licences, Abuja mise sur ces nouveaux investissements pour renforcer durablement sa production d’hydrocarbures. Selon les projections de la NUPRC, les 37 blocs attribués devraient permettre d’ajouter environ 500 millions de barils aux réserves nationales et d’augmenter la production de près de 300 000 barils par jour au cours des trois prochaines années.
Des ambitions qui traduisent la volonté du premier producteur africain de redynamiser son secteur pétrolier, tout en diversifiant progressivement l’exploration au-delà des gisements historiques du delta du Niger.





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