74% des banques opérant en Afrique subsaharienne considèrent les risques liés à la cybersécurité comme étant le principal frein à la poursuite de leur transformation numérique.
C’est l’enseignement majeur qui résulte de l’édition 2022 de l’enquête de la BEI sur les banques en Afrique publiée en fin de semaine dernière. Menée entre avril et juin 2022 auprès de 70 banques, cette enquête intitulée «La finance en Afrique 2022 : naviguer en eaux troubles» révèle que 90% des établissements de crédit sondés déclarent que la pandémie du coronavirus a accéléré leur transformation numérique, et 7 sur 10 affirment qu’elles ont élargi leur offre des services numériques aux clients.
Toutefois, plusieurs facteurs freinent la poursuite de ce processus de transformation numérique. Outre les risques liés à la cybersécurité, les banques citent entre autres, les exigences relatives à la connaissance de la clientèle (64%), l’insuffisance de l’infrastructure informatique (55%), la concurrence des opérateurs télécoms et de fintechs (53%). Près d’une banque sur deux interrogée désigne, par ailleurs, le déficit des compétences en informatique, le manque de financement, le flou autour des exigences réglementaires, le manque de demande et l’incertitude relative aux évolutions technologiques futures.
Le coût du refinancement, un cauchemar
L’enquête révèle, d’autre part, que 55% des banques africaines déclarent que leur première source d’inquiétude concerne le coût ou la disponibilité de financements en monnaie locale, dans un contexte marqué par une forte exposition à la dette souveraine et une situation budgétaire vacillante de plusieurs Etats.
La BEI relève une accélération de la croissance de l’écosystème des services financiers numériques en Afrique. En avril 2022, on recensait plus d’un millier de fintechs sur le continent, contre 450 en 2020. Les services de paiement et de prêt constituent toujours les produits phares, mais le secteur s’est diversifié. Les domaines clés de croissance comprennent les solutions logicielles et l’utilisation de la technologie blockchain. Le Nigeria compte le plus grand nombre de fintechs (24 %), devant l’Afrique du Sud avec (20 %), le Kenya (17 %) et l’Égypte (9 %). ‘
Outre les assauts de fintechs, l’autre source d’inquiétude majeure des banques actives en Afrique subsaharienne est la chute de la qualité des actifs des portefeuilles pour 45% des établissements sondés.
Sur un autre registre, près d’une banque sur deux déclare avoir procédé à une évaluation de l’exposition de son portefeuille au risque climatique, contre 42% en 2021. Près de 70 % des banques considèrent également les prêts à l’appui du climat comme une occasion à saisir dans la lutte contre le changement climatique.
![Tribune | La carte des fractures : le nexus séparatisme-exclusion -instabilité politique et risque terroriste [Par Pr. Hzaine El Hassane] Les derniers rapports des observatoires de la violence terroriste, ainsi qu'une enquête que nous avons menée, suggèrent deux constats : Primo, l'Afrique est toujours au centre de la carte des attentats des dix dernières années, et le terrorisme est le premier défi à la paix et à la sécurité africaine. Sans surprise, l'Afrique est la région la plus durement touchée, mais des parcours comme celui du Maroc montrent que le terrorisme n'est pas une fatalité et que l'africanité n'en est pas la cause. Secundo, le fléau terroriste est le résultat d'une combinaison de facteurs dont certains relèvent du niveau individuel (milieu familial, âge, éducation, caractère, enrôlement ou isolement, etc.) et d'autres du niveau macro national, qui est le niveau d'analyse choisi pour cet essai. Ni la pauvreté toute seule, ni la mauvaise gouvernance, ni les griefs ethniques, chacun dans son silo, n'expliquent ou ne déterminent ce phénomène : c'est une synergie, un nexus, qui fait qu'un pays bascule ou résiste.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/06/Les-chefs-des-agences-de-lutte-contre-le-terrorisme-se-reunissent-a-El-Jadida-320x180.jpg)










