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Entrepreneuriat et formation des jeunes : Les nouveaux visages de la philanthropie africaine

Etablissement d’enseignement supérieur à Dakar

Etablissement d’enseignement supérieur à Dakar

Ils prônent une nouvelle approche et un soutien accru aux jeunes africains à travers la promotion de l’entrepreneuriat et la formation. Qui sont ces nouveaux visages de la philanthropie africaine ?

11 décembre 2014. La Fondation Tony Elumelu lance un appel à candidatures auprès des jeunes entrepreneurs africains pour le Tony Elumelu Foundation Entrepreneurship Programme (TEEP), soit 100 millions de dollars US pour soutenir 10000 jeunes entrepreneurs africains pendant dix ans sous forme d’un programme pluriannuel de formation, de financement et d’accompagnement. Pourtant le fondateur de la société d’investissement Heirs Holdings, n’est pas le seul milliardaire ou managers de grands groupes africains à consacrer une partie de sa fortune ou bénéfice à promouvoir l’entrepreneuriat et la formation des jeunes africains. Patrice Motsepe, Mo Ibrahim, Othman Benjelloun, Mostafa Terrab, Theophilus Danjuma, Donald Gordon, Mark Shuttleworth… s’y sont tous mis, marchant ainsi sur les plates bandes de leurs homologues occidentaux. Globalement, selon l’African Grantmakers Network (AGN), les fortunes du continent consacrent chaque année plus de 7 milliards de dollars à des œuvres caritatives, soit 1 % de leur patrimoine. Ce ratio est de 9 % en Europe et en Asie. Mais s’il reste beaucoup de chemin à parcourir, force est de reconnaitre que la tendance s’est accélérée ces dernières années. Certains d’entre eux sont même allés beaucoup plus loin. C’est le cas du Sud-africain Patrice Motsepe. En janvier 2013, l’homme le plus riche d’Afrique du Sud  a annoncé qu’il allait donner la moitié de sa fortune à une fondation caritative, suivant l’appel de Bill Gates et Warren Buffett. Né à Soweto, Patrice Motsepe, 51 ans, qui contrôle le groupe minier African Rainbow Minerals, est la huitième fortune africaine avec 2,65 milliards de dollars, selon le magazine américain Forbes. “Le besoin et les défis sont grands, et nous espérons que notre promesse de don en encouragera d’autres en Afrique du Sud, en Afrique et dans d’autres économies émergentes à donner et à faire du monde un endroit meilleur”, avait-il déclaré dans un communiqué. “J’ai décidé il y a quelque temps de donner au moins la moitié des fonds générés par nos actifs familiaux pour élever des Sud-africains défavorisés, pauvres et marginalisées”, a relevé Motsepe qui est par ailleurs le premier Africain à répondre à “Giving Pledge” (promesse de don), une campagne lancée en 2010 par l’investisseur Warren Buffett et le fondateur de Microsoft, Bill Gates, afin d’encourager les personnalités les plus riches à faire don de l’essentiel de leur fortune à des fins philanthropiques. Depuis le lancement de leur appel en 2010, environ 70 milliardaires ont suivi leur exemple, dont le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg ou le co-fondateur d’Intel, Gordon Moore. Pour de nombreux observateurs, cet appel a depuis changé beaucoup de choses dans l’approche des fortunes africaines. Quoi qu’il en soit, Motsepe avait été suivi par l’Anglo-soudanais Mo Ibrahim. De son côté, le Nigérian Tony Elumelu a répondu à l’appel de Barack Obama, en 2013, pour réunir 16 milliards de dollars afin d’améliorer l’électrification du continent.

Guidés souvent par des motivations variées, qui vont de la pure charité à un sens bien compris des relations publiques, en passant par la foi religieuse et peut-être parfois un sentiment latent de culpabilité, ces hommes d’affaires semblent privilégier aujourd’hui l’entrepreneuriat. Ils puisent leurs inspirations et leurs compétences dans le monde de l’entreprise et cherchent à mesurer les effets de leurs investissements en termes de rendement social. Le développement de l’Afrique devient ainsi une cause défendue par des personnalités aussi variées. Certains observateurs y voient la révolution du monde de la philanthropie, qui devient de plus en plus complexe et de plus en plus concurrentiel. En tous les cas, ils seraient aujourd’hui nombreux à ne pas déclarer leurs dons pour plusieurs raisons, liées notamment à l’origine de leur richesse ou à des environnements fiscaux parfois nébuleux… En outre, la difficile traçabilité des sommes octroyées, particulièrement en Afrique, freinerait la bonne volonté des donateurs potentiels.

Enseignement Fondation Tony Elumelu Formation professionnelle Mécénat

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