« Avec le bon soutien, les jeunes talents peuvent transformer positivement la RDC.»
Oubliez l’image de la «cuillère d’argent.» Sylvain Mutuku, économiste de formation et passionné de la finance, a sculpté sa réussite à la force du poignet.
Jeune, déjà ancien de PWC Afrique francophone (Bureau de la RDC), son parcours n’a rien d’un long fleuve tranquille. C’est celui du combattant, jalonné d’obstacles et de persévérance, surtout dans la formation continue. Aujourd’hui, il est responsable de la comptabilité et du reporting financier des sociétés de la holding Forrest dans le secteur industriel. Il collabore également au département Contrôle de gestion chez EGMF dans le secteur des travaux publics (routes), génie civil, construction, concassage et produits fabriqués en béton au sein du Groupe Forrest International.
L’itinéraire de Sylvain Mutuku inspire, une leçon pour la nouvelle génération. Interview !
AFRIMAG : Vous exercez dans un grand groupe en RDC, en l’occurrence Forrest, comment appréhendez-vous une telle opportunité en un si jeune âge ?
Sylvain Mutuku : J’appréhende cette opportunité avec beaucoup d’enthousiasme et je suis particulièrement impressionné par la capacité de transformation et d’adaptation du Groupe Forrest face à l’environnement des affaires en RDC. Notamment sa décision courageuse de sortir du secteur minier et d’explorer de nouveaux horizons en l’occurrence les énergies renouvelables, l’agriculture…
Au sein du Groupe Forrest, je me suis lancé un défi, m’adapter et me conformer à la vision de mon employeur : contribution à la maintenance des anciennes activités, développement des projets d’envergure…
AFRIMAG : Justement, quel a été le déclic qui a allumé votre passion pour le monde de la finance ?
Sylvain Mutuku : J’ai toujours aimé jongler avec les chiffres. Cette passion explique l’amour que je porte au monde de la finance.
AFRIMAG : Quel a été le plus grand défi que vous avez dû surmonter au début de votre carrière ?
Comment avez-vous fait pour le transformer en une opportunité ?
Sylvain Mutuku : C’est peut-être dû à cette propension qu’ont certains pour s’adapter facilement aux environnements changeants dans bien de secteurs d’activité.
AFRIMAG : Comment avez-vous continué à vous former et à acquérir de nouvelles compétences après vos études ?
Sylvain Mutuku : C’est d’abord par souci d’assurer ma stabilité familiale, en tant que père de famille que je me suis fixé une ligne de conduite. Appelons cela une discipline me permettant de consacrer 20% de mon revenu salarial à ma formation. Cette formation se traduit en documentation, participation aux conférences, colloques et séminaire.
AFRIMAG : Quelles sont les habitudes que vous vous êtes inculquées pour maintenir votre discipline ?
Sylvain Mutuku : Je me suis inculqué des valeurs, telles que la discipline au travail. Grâce à mon planning quotidien, je me suis établi des routines claires et réalistes. Mon todo, par exemple, dans la semaine et le mois, pour rester concentré, se limite à l’essentiel. C’est ainsi que j’ai pu intégrer l’activité physique régulière dans mon programme hebdomadaire.
AFRIMAG : En tant que responsable de la comptabilité et du reporting, vous êtes passé d’un rôle technique à un rôle de manager. Comment avez-vous géré cette transition ?Sylvain Mutuku : J’ai pu gérer cette phase de transition en étant flexible. Cette flexibilité appelle au sens de la repartie aussi bien horizontale que verticale.
AFRIMAG : Quelle est la compétence la plus importante que vous avez dû acquérir au poste que vous occupez actuellement ?
Sylvain Mutuku : La compétence la plus importante que j’ai dû acquérir en tant que contrôleur de gestion, c’est l’analyse. Cette capacité à déceler les failles lors des contrôles, à ajuster les données financières et formuler des recommandations stratégiques pour l’entreprise.
AFRIMAG : Comment conciliez-vous votre rôle de manager avec vos responsabilités techniques de comptable ? En quoi votre rigueur personnelle vous aide-t-elle à diriger votre équipe ?
Sylvain Mutuku : Pour bien concilier mon rôle de manager avec mes responsabilités techniques de comptable, je cherche à promouvoir l’esprit d’équipe et j’encadre les collaborateurs chacun selon ses capacités en vue d’améliorer les performances.
AFRIMAG : Quel rôle a joué votre mentor ou d’autres personnes dans votre évolution professionnelle ?
Sylvain Mutuku : Mon mentor, tout comme d’autres membres de mon entourage ont joué un rôle de guide, de conseiller, de soutien personnalisé, de modèle et d’inspiration grâce à leur savoir-faire. Leurs expériences et compétences m’ont aidé à acquérir de l’expérience et de l’expertise pour surmonter les obstacles.
AFRIMAG : Avez-vous déjà pensé à devenir, à votre tour, un mentor pour d’autres ?
Sylvain MUTUKU : En toute humilité, je nourris un profond sentiment de laisser une empreinte positive aux jeunes, faire partie de leur source d’inspiration et d’audace pour ne pas se fixer des limites dans l’atteinte de leurs objectifs.
AFRIMAG : Passer de responsable de la comptabilité à contrôleur de gestion est un cheminement qui pourrait vous amener à la direction. Quels sont vos ambitions et objectifs pour l’avenir ?
Sylvain Mutuku : Faire carrière ! Bref, cultiver de bonnes ambitions tout en évitant l’auto-surestimation.
AFRIMAG : Vous avez exprimé le désir de transmettre et partager vos expériences. Que diriez-vous à un jeune qui veut se lancer dans cette profession ? Quels sont les conseils que vous lui donneriez pour réussir ?
Sylvain Mutuku : Je lui conseillerai humilité, patience, expériences et diligence dans l’entreprise. La sincérité et l’intégrité sont également des valeurs sûres à cultiver dans l’entreprise.
AFRIMAG : Votre parcours est un bel exemple de réussite pour la jeunesse congolaise. Que pensez-vous du rôle que peuvent jouer les jeunes professionnels comme vous pour le développement du pays ?
Sylvain Mutuku : Les jeunes professionnels sont le moteur de développement, porteurs d’innovation et d’esprit de renouveau. Avec le bon soutien, les jeunes talents peuvent transformer positivement la République démocratique du Congo. Pour ce faire, ils ont besoin, entre autres, de formation professionnelle adaptée aux besoins de l’Entreprise RDC et un esprit d’innovation et d’audace.
Dix astuces pour devenir une personne de valeur, selon Sylvain Mutuku
- Découvrir son don, placer sa foi en Dieu et croire en soi
Vous devez déterminer votre don et pouvoir le canaliser dans le bon sens.- Eviter de trop ratiociner avant de passer à l’action
Ne manquez pas de courage pour tenter votre chance. C’est en vivant les choses qu’on apprend beaucoup plus rapidement.- N’ayez pas peur du changement
Si la peur est humaine ne vous laissez pas tétaniser au point de perdre le sens du discernement.- Éviter de se rabaisser
La tendance à se sous-estimer, à se dévaloriser est la marque des perdants. C’est un état d’esprit qui vous incline dans la flemme. Tout le contraire de l’esprit d’entreprise et novateur- Arrêter de vouloir toujours faire plaisir à tout le monde
Un tel état d’esprit est la négation de votre épanouissement. Faites ce qui vous paraît juste.- L’engagement, l’excellence, la rigueur et la constance
Pour réussir en entreprise, quels que soient le métier, la profession ou l’activité, la première chose à faire, c’est de se poser la question : pourquoi j’exerce cette activité ? Si la réponse se limite au gain pécuniaire, c’est que vous êtes sur une mauvaise pente. La réponse doit être suffisamment forte : travailler pour s’épanouir, apporter des solutions aux problèmes de l’entreprise entre autres- La formation continue
Elle vous permet de vous mettre à jour dans ce que vous faites. C’est également une source de compétitivité et de prospérité aussi bien matérielle que de connaissance.- L’intelligence émotionnelle (IE)
L’intelligence émotionnelle influence notre façon de travailler, notre capacité à décider, nos relations avec nos collègues, notre compréhension des besoins de nos clients et en règle générale, notre vie.- L’autonomie, l’organisation et la discipline L’autonomie, l’organisation et la discipline sont des valeurs interreliées et essentielles pour l’efficacité et le bien-être, qu’il s’agisse de travail ou d’études.
- La réputation et la force du réseau
Pour bâtir une bonne réputation professionnelle, vous devez montrer du respect envers vos collègues, même en cas de mauvaise ambiance. Cela favorisera le respect en retour et contribuera à un environnement de travail non toxique. Soyez honnête, intègre et sincère. C’est le prix d’une réputation solide.
![Édito | Transport aérien : faut-il avoir peur de la guerre dans le Golfe ? [Par Jean-Louis Baroux] Il y a d’abord le récurent problème de l’approvisionnement en carburant. Un très bon article d’Air Journal éclaire la situation européenne. 70% du carburéacteur consommé en Europe provient du Moyen-Orient et en particulier du complexe Al Zour du Koweit. Il est clair que cette source de fourniture de Jet A ou Jet A1 va être singulièrement réduite tant que le détroit d’Ormuz ne sera pas réouvert à la navigation et cela peut prendre plusieurs mois après la fin des hostilités, qui elle, n’est pas pour demain.](https://afrimag.net/wp-content/smush-webp/2026/04/Zour-320x173.jpg.webp)




République démocratique du Congo![Édito | Transport aérien : faut-il avoir peur de la guerre dans le Golfe ? [Par Jean-Louis Baroux] Il y a d’abord le récurent problème de l’approvisionnement en carburant. Un très bon article d’Air Journal éclaire la situation européenne. 70% du carburéacteur consommé en Europe provient du Moyen-Orient et en particulier du complexe Al Zour du Koweit. Il est clair que cette source de fourniture de Jet A ou Jet A1 va être singulièrement réduite tant que le détroit d’Ormuz ne sera pas réouvert à la navigation et cela peut prendre plusieurs mois après la fin des hostilités, qui elle, n’est pas pour demain.](https://afrimag.net/wp-content/smush-webp/2026/04/Zour-450x244.jpg.webp)





