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Entretien avec l’Ingenieur Hani Salem Sonbol, Ceo de l’ITFC

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La Banque islamique de développement (BID) a organisé les 25 avril et 3 mai deux webinaires en collaboration avec la Société internationale islamique de financement du commerce (ITFC) et la Société marocaine d’anesthésie, d’analgésie et de réanimation(SMAAR) afin de permettre aux acteurs hospitaliers africains engagés dans la lutte contre la propagation du coronavirus d’échanger leurs connaissances et leurs expériences. Une plateforme en ligne a été développée à l’issue de ces deux webinaires afin que ces échanges soient pérennes. 

L’Ingenieur Hani Salem Sonbol, Ceo de la Société internationale islamique de financement du commerce (ITFC) partage ses impressions avec AFRIMAG dans cet Entretien.

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 » L’ITFC va consacrer un Programme de reprise post Covid-19 de 550 millions de dollars US”

 

AFRIMAG : Quelles sont vos impressions du 1er webinaire du 25 avril 2020 ? Augure-t-il de retombées positives à court et moyen terme ?

Ing Hani Salem Sonbol

Ing Hani Salem Sonbol

Ing.Hani Salem Sonbol : La Banque islamique de développement(BID) et la Société 

internationale islamique de financement du commerce (ITFC), en collaboration avec leurs partenaires, entre autres la Société marocaine d’anesthésie, d’analgésie et de réanimation (SMAAR), ont développé une plateforme en ligne pour faciliter l’apprentissage et le partage des connaissances entre les équipes médicales des pays africains membres la BID. 

Le premier webinaire, qui s’est déroulé le samedi 25 avril, s’est concentré sur les soins à apporter aux patients atteints de coronavirus, la détection, modalités de classement des cas, suivi et interventions à apporter selon les cas. Plus de 130 médecins, réanimateurs, urgentistes et membres de comités nationaux d’Algérie, du Bénin, du Burkina Faso, du Cameroun, les Comores, Djibouti, du Gabon, de Guinée, de Côte d’Ivoire, du Mali, de Mauritanie, du Maroc, du Niger, du Sénégal, du Tchad, du Togo et de Tunisie ont pu partager leurs expériences et créer des discussions autour de la gestion de la pandémie de Covid-19.

Un deuxième webinaire avec la participation de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a été organisé le 3 mai, où des professeurs et des médecins de différents pays ont partagé leurs connaissances et expériences récentes concernant les protocoles liés à la pandémie. Au total, plus de 9000 professionnels du domaine de la santé ont pu se connecter et bénéficier des deux webinaires. 

Les médecins participants ont exprimé leur satisfaction quant à la qualité des interventions et ont exprimé leur souhait de voir davantage d’événements du même genre, insistant sur l’importance d’une action commune pour combattre cette pandémie.

 

Plusieurs institutions financières internationales ont annoncé et apporté une contribution financière aux pays touchés. La BID et l’ITFC prévoient-t-elle une enveloppe financière pour soutenir les pays membres les plus vulnérables ?

Le groupe de la Banque islamique de développement (BID) a alloué 2,3 milliards de dollars US au programme stratégique de préparation et de réponse à la pandémie du Covid-19. Toutes les composantes sont centrées sur les 3R : Répondre, Restaurer et Redémarrer avec La technologie jouant également un rôle crucial à chaque étape.

Dans le cadre de cette initiative, l’ITFC a instantanément agi pour mettre en place des mesures de financement d’urgence afin que les pays membres continuent à recevoir le soutien nécessaire. Notre « Initiative de réponse rapide » (RRI) Covid-19 a ainsi mis à disposition 300 millions de dollars US, immédiatement disponible. 

En plus de la mise en place des mesures de financement d’urgence, l’ITFC va consacrer un fonds supplémentaire, le Programme de reprise post Covid-19, le « Recovery Response Program » (RRP), sous forme de 550 millions de dollars US sur les deux prochaines années. Le RRP vise à̀ réparer les dommages socio-économiques qui devraient durer plus longtemps que l’impact immédiat du virus. 

L’ITFC implique également fortement ses partenaires internationaux, régionaux et locaux pour étendre les mesures de financement et contribuer aux besoins critiques des pays membres et, si nécessaire, à̀ la mobilisation de services d’appui au développement du commerce pendant la pandémie. Il s’agit notamment d’aider les pays membres de l’OCI à élaborer des stratégies pour le pilotage et la construction d’établissements de santé́. 

L’ITFC et ses partenaires ont également approuvé le plan d’action du programme ‘Arab-Africa Trade Bridges’ (AATB) pour soutenir les pays africains et arabes à maintenir leurs économies face au défi mondial causé par la pandémie de la Covid-19. La 4ème réunion du Comité exécutif du programme AATB, qui s’est tenue virtuellement, a rassemblé les dirigeants de l’ITFC et ceux des institutions membres, notamment la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA), et ICIEC, ainsi que des cadres supérieurs de l’Afreximbank et la Banque islamique de developpement (BID)…

Le programme AATB a pour mandat de favoriser l’intégration régionale entre les pays africains et arabes et de renforcer le développement des exportations des PME dans les secteurs importants à l’économie de ces pays. Avec la crise actuelle, les organisations membres réorienteront tous les engagements financiers existants vers une série de mesures provisoires et à moyen terme qui répondent directement aux besoins des deux régions. 

À ce jour, les initiatives commerciales dans le cadre du programme AATB ont donné lieu à des transactions d’une valeur de 150 millions de dollars US. L’AATB joue un rôle clé pour assurer un approvisionnement régulier, plus que nécessaire, pendant cette période.

 

Quels sont les pays qui aujourd’hui font figure d’exemples en Afrique et ailleurs dans la lutte contre le coronavirus et dont les pays membres peuvent s’inspirer ?

Plusieurs pays Africains, dont le Maroc, le Rwanda et l’Ouganda ont pris des mesures de distanciation sociale dès la détection des premiers  cas d’infection, visant à limiter la propagation du virus. Ces mesures, qui diffèrent d’un pays à un autre tenant compte de la réalité de chaque pays, ont prouvé leur efficacité d’où le nombre “réduit” de cas positifs dans ces pays. 

 

Certains pays africains revendiquent aujourd’hui avoir découvert un remède contre le COVID-19 (Madagascar). Est-il prévu une collaboration avec ces pays quand bien même ils ne seraient pas membres de la BID ? 

En principe, la collaboration avec des pays non membres pour transférer du savoir-faire et des connaissances aux pays membres n’est pas exclue, d’autant plus dans une situation exceptionnelle. Toutefois, l’ITFC a fixé comme priorité et a mis tous ses moyens pour répondre aux demandes émanant des pays membres pour les soutenir dans leurs efforts de lutte contre le Covid-19.

Enfin, l’un des problèmes majeurs des pays africains face au Covid-19 est le manque d’équipements. 

 

Le transfert d’informations et de compétences prévoit-il aussi le transfert de compétences en faveur des pays membres les plus vulnérables ?

Depuis la création du programme AATB, les produits pharmaceutiques ont été considérés comme un secteur-clé pour l’intégration commerciale régionale mais en ce temps de crise plus que jamais tous les efforts sont mobilisés pour fournir une assistance technique et financière, matérielle mais aussi de savoir-faire.

Les mesures immédiates visent à soutenir les laboratoires dans 10 pays d’Afrique de l’Ouest par la fourniture de kits de test Covid-19, du matériel de laboratoire et des équipements de protection individuelle (EPI) pour le personnel médical et paramédical. Cette assistance aux laboratoires africains, élaborée en collaboration avec l’Institut Pasteur de Dakar,  sera accompagnée par des programmes de formation en ligne pour renforcer le savoir-faire et les connaissances, notamment sur des protocoles et procédures opérationnelles standard (POS) pour diagnostiquer et gérer le coronavirus par le biais de la E-Platform et des webinars organisés.

Les systèmes de santé de nombreux pays africains étant encore vulnérables, l’AATB en partenariat avec les entités africaines concernées notamment l’Organisation africaine de standards, se concentrera également sur l’harmonisation des normes pharmaceutiques en Afrique et l’amélioration de l’accès au marché des produits pharmaceutiques.

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