Le détroit d’Ormuz est un passage maritime stratégique, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre, déclenchée le 28 février par des frappes israélo-américaines sur l’Iran. Malgré tout, Trump répète à l’envi que le détroit est contrôlé par les États-Unis, qui mènent un blocus des ports iraniens. «Maintenant que nous en avons le contrôle, devrions-nous rebaptiser le détroit d’Ormuz « détroit Trump »?», a d’abord écrit le président américain sur sa plateforme Truth Social.
La Maison-Blanche a ensuite diffusé sur les réseaux sociaux une carte où la voie maritime qui sépare l’Iran et le sultanat d’Oman est désignée sous le nom de «détroit Trump» avec le commentaire «Ça sonne bien». Pressé par un journaliste de l’AFP sur la question, le locataire de la Maison-Blanche a toutefois affirmé quelques heures plus tard en souriant qu’il avait «juste lancé ça comme ça».
Mi-août, le président américain avait publié une carte montrant le détroit d’Ormuz, passage névralgique pour le commerce mondial du pétrole, le décrivant comme un «nouveau territoire américain».
Frénésie de rebaptisations
Donald Trump, 80 ans, a plusieurs fois poussé jusqu’à la concrétisation des idées de rebaptiser des étendues d’eau pouvant initialement apparaître comme des plaisanteries. La semaine dernière, il a signé un décret pour changer le nom du «lac Ontario», situé à la frontière canadienne, en «lac Amérique», dans le cadre d’une dispute commerciale entre les États-Unis et son voisin du Nord.
Et dès son retour au pouvoir, en janvier 2025, il avait rebaptisé le golfe du Mexique en «golfe de l’Amérique», une décision contestée par Mexico, qui était alors dans le viseur de la politique anti-immigration de Trump. Plus largement, le Républicain s’est lancé dans une frénésie de rebaptisations à son nom, notamment la grande salle de spectacle de Washington, le Kennedy Center, un institut pour la paix, ainsi qu’une plateforme de vente de médicaments appelée «Trump Rx». Parallèlement, le Trésor américain a émis mercredi des pièces d’un dollar à l’effigie du président pour marquer le 250e anniversaire de l’indépendance des États-Unis.
Le détroit d’Ormuz s’est imposé comme un enjeu majeur dans un conflit qui ne montre aucun signe d’apaisement. Mi-juin, les États-Unis et l’Iran avaient signé un protocole d’accord censé déboucher sur un règlement durable, qui n’a rien donné. Après un mois de calme, les hostilités viennent de reprendre avec des frappes américaines près du détroit et des réponses iraniennes contre des intérêts américains au Moyen-Orient. Washington et Téhéran posent des conditions a priori irréconciliables à la réouverture de la voie maritime.
Source : AFP

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