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Ethiopie : La 2ème turbine du «Barrage de la Renaissance» en marche

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L’Ethiopie a démarré jeudi la deuxième des 13 turbines que comptera son méga barrage construit sur le Nil-Bleu et confirmé que la troisième étape du remplissage du réservoir était en cours, malgré les protestations du Soudan et de l’Egypte en aval.

Fin juillet dernier, Le Caire avait protesté auprès du Conseil de sécurité de l’ONU contre l’intention annoncée de Addis Abeba de poursuivre «unilatéralement» durant la saison des pluies en cours le remplissage du réservoir entamé en juillet 2020, ce malgré l’absence d’accord entre les trois pays concernés sur le sujet.

Avant de pousser le bouton démarrant la deuxième turbine du Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (Gerd), situé dans le nord-ouest du pays, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a à nouveau tenté de rassurer Khartoum et Le Caire : «Nous l’avons dit et répété aux pays en aval, particulièrement l’Egypte et le Soudan : en produisant de l’électricité nous développons notre économie et désirons permettre à nos citoyens qui vivent dans le noir de voir la lumière ; l’objectif n’est pas de les mettre sur la touche ou de nuire» à ces pays, a-t-il déclaré.

Ce que confirme le troisième remplissage actuellement en cours, c’est que les travaux effectués pour retenir 22 milliards de m3 d’eau et générer de l’électricité via deux turbines n’entraînent pas de pénurie d’eau dans les pays en aval, a-t-il aussi affirmé.

Soudan et Egypte ont plusieurs fois demandé à l’Ethiopie de cesser ses opérations de remplissage de ce barrage, en attendant que soit conclu un accord tripartite sur ce sujet et sur les modalités de son fonctionnement.

Tributaires du Nil, les deux pays affirment que ce méga barrage, présenté comme le plus gros d’Afrique avec une puissance annoncée de plus de 5.000 mégawatts (MW) à terme et une capacité de retenue de 74 milliards de m3, va nuire à leur approvisionnement en eau.

Situé à une trentaine de kilomètres de la frontière soudanaise, sur le Nil-Bleu qui rejoint le Nil-Blanc à Khartoum pour former le Nil, le Grand barrage de la Renaissance est long de 1,8 kilomètre et haut de 145 mètres.

Le projet a été lancé en 2011 par l’Ethiopie pour un montant de quatre milliards de dollars.

Sa capacité de production prévue de 5.000 MW permettra de doubler la production actuelle de l’Ethiopie, dont environ la moitié seulement des quelque 120 millions d’habitants ont accès à l’électricité et qui souhaite à terme devenir un important exportateur d’énergie électrique.

Saisie en 2021, l’ONU a recommandé aux trois pays de poursuivre leurs pourparlers entamés sous l’égide de l’Union africaine, pour l’instant durablement dans l’impasse.

L’Ethiopie estime que le barrage est essentiel à son développement, tandis que l’Egypte le considère comme une menace « existentielle » et que le Soudan a mis en garde contre des « grands risques » pour la vie de millions de personnes.

 

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