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France – Mali – Visite d’Etat d’IBK : Paris encourage le processus de paix au nord Mali

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Ibrahima Boubacar Keita (IBK) est rentré satisfait de sa visite d’Etat en France, les 21 et 22 octobre derniers. Les deux importants dossiers (la situation au nord Mali et l’aide économique) qu’il devait discuter avec son «ami» François Hollande ont permis, finalement, aux observateurs de qualifier le séjour français d’IBK de «fructueux».

Le president François Hollande reçoit à Paris son homologue malien Ibrahim Boubacar Keïta

Le president François Hollande reçoit à Paris son homologue malien Ibrahim Boubacar Keïta

La visite d’IBK en France a reçu une bonne couverture médiatique dans l’Hexagone. Et pour cause ? Pour la première fois depuis le début du quinquennat de François Hollande, un président d’Afrique subsaharienne a les honneurs d’une visite d’Etat en France. Ibrahim Boubacar Keïta, le président malien, a été reçu durant deux jours à Paris. Après un dîner à l’Elysée mercredi 21 octobre, il a ouvert la conférence des donateurs impulsée par Paris et qui a eu lieu au siège de l’OCDE (l’Organisation de coopération et de développement économiques). C’était le côté le plus délicat de cette visite plus économique que politique. L’engagement de la France au nord Mali, dans le cadre de l’opération Serval transformée plus tard en opération Barkhane, a scellé, pour de longues années encore, la présence militaire française au Mali et les préoccupations sécuritaires de Bamako. Ce que François Hollande exprime autrement en affirmant à son hôte malien que la France «restera en première ligne» s’agissant de l’aide publique au développement (APD). Une déclaration concrétisée par l’annonce d’une enveloppe de 360 millions d’euros, d’ici 2017, dans le cadre des engagements pris lors de la réunion de Bruxelles en 2013 pour la reconstruction d’un Mali qui peine encore à se relever des conséquences désastreuses d’une guerre contre les séparatistes touaregs suivie d’une occupation de tout le nord par des groupes terroristes.

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A IBK qui déclare qu’une «paix non soutenue par des efforts de développement n’a pas de sens», la France répond en décidant que 25% de l’aide octroyée (soit 80 millions d’euros) est destinée au nord Mali. Une somme qui s’ajoute déjà aux quelque 300 millions qu’avaient déboursés Paris pour la période 2013-2015 (en prêts et dons). Mais une goutte d’eau dans un océan de misère quand on sait qu’avant même les affres de la guerre cette partie du territoire malien était le parent pauvre dans la mise en œuvre des projets de développement. C’est aussi l’une des causes du mécontentement des populations du nord Mali et l’origine de tous les conflits avec l’armée régulière.

Relancer l’économie malienne

L’après visite devrait fixer les Maliens sur un déplacement que certains journaux locaux ont plutôt vu sous l’angle des «liens personnels entre IBK et François Hollande». On verra, par exemple, si le témoignage du soutien de Paris au Mali, en impulsant une conférence pour débloquer des fonds en faveur de la relance de l’économie du pays, sera suivi d’effets ou pas. Les investisseurs et partenaires internationaux du Mali ayant pris part, le 22 octobre dernier, à l’OCDE, à la réunion avec les membres du gouvernement malien qui ont fait le déplacement de Paris n’ont pas été prompts à sortir leurs carnets de chèque comme l’a fait l’Elysée qui a voulu que cette journée baptisée «bâtir un Mali émergent» s’inscrive officiellement dans la dynamique de l’accord de paix signé le 20 juin dernier. Des représentants des groupes signataires de l’accord de paix étaient d’ailleurs exceptionnellement présents à l’OCDE, pour une photo de famille très symbolique.

Deux ans après la conférence de Bruxelles en mai 2013 qui avait marqué l’engagement des partenaires du Mali, en faveur de la reconstruction du pays, les besoins, dans la partie nord en particulier, restent énormes. Infrastructures à lancer ou à reconstruire, écoles à réhabiliter, centres de santé à rééquiper, alimentation électrique à rétablir, sécurisation des routes, la liste des urgences est longue. Mais la première semble être celle de la reconstruction de la piste d’atterrissage de Kidal. Les ONG qui opèrent au Mali désirent ardemment que les travaux de réhabilitation menés par la Minusma soient accélérés. L’acheminement de l’aide humanitaire dans la zone dépend de la possibilité pour les avions civils de pouvoir se poser, à nouveau, à Kidal.

Cela étant, le président malien est rentré quand même avec de belles promesses à Bamako : l’engagement des partenaires au Mali devrait représenter 2 120 milliards de FCFA (3,2 milliards d’euros) pour la période 2015-2017, avait indiqué l’OCDE à l’issue de la rencontre internationale organisée de Paris.

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