Chefs d’État, ministres de la Santé et partenaires internationaux se réunissent les 21 et 22 juillet à Accra pour un Sommet extraordinaire de l’Union africaine. Au cœur des débats : l’élimination du sida d’ici à 2030, la réduction de la mortalité maternelle et l’affirmation d’une souveraineté sanitaire africaine face à la dépendance aux financements extérieurs.

L’Union africaine place la santé au sommet de son agenda politique. Réunis à Accra les 21 et 22 juillet, les dirigeants du continent entendent transformer les engagements en décisions concrètes pour accélérer la lutte contre les grandes urgences sanitaires.
L’ambition est de taille : mettre fin au sida comme menace de santé publique d’ici à 2030, réduire drastiquement les décès maternels évitables et renforcer des systèmes de santé capables de résister aux crises sanitaires, climatiques et économiques.
« Cette réunion est notre chance de tracer la voie de l’engagement à l’action », a affirmé le Président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, appelant les États membres à agir « pour les mères que nous devons sauver, les maladies que nous devons vaincre et les systèmes que nous devons bâtir. »
Le Ghana, vitrine de la souveraineté sanitaire
Le choix d’Accra ne relève pas du hasard. Le Ghana s’impose progressivement comme l’un des principaux promoteurs de la souveraineté sanitaire sur le continent, une stratégie qui vise à réduire la dépendance de l’Afrique vis-à-vis des bailleurs internationaux tout en renforçant les capacités nationales de financement, de production et de gouvernance des politiques de santé.
L’organisation du sommet a été officialisée par la signature d’un accord entre la Commission de l’Union africaine et le gouvernement ghanéen, représenté à Addis-Abeba par le chef adjoint de mission du Ghana en Éthiopie, le Dr. Kenneth Abotsi.
Cette orientation s’inscrit pleinement dans l’Agenda de Réinitialisation du Président John Dramani Mahama, qui fait de l’autonomie sanitaire un levier de développement et de sécurité pour le continent.
Une dynamique engagée depuis 2025
Ce rendez-vous constitue une nouvelle étape d’une séquence diplomatique amorcée par Accra. En août 2025, le Ghana avait accueilli le premier Sommet africain sur la souveraineté sanitaire, en présence du directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus.
Quelques mois plus tard, en décembre, le pays organisait, avec la République démocratique du Congo, une rencontre consacrée au financement durable des systèmes de santé en marge de la Conférence internationale sur le sida (ICASA).
En accueillant successivement ces grandes rencontres, le Ghana entend se positionner comme l’un des moteurs de la réflexion continentale sur la réforme des politiques sanitaires.
Un sommet à forte portée politique
Le caractère « extraordinaire » de cette réunion lui confère une portée particulière au sein de l’Union africaine. Ce format est réservé aux dossiers considérés comme stratégiques pour l’avenir du continent et destinés à susciter des engagements politiques au plus haut niveau.
Chefs d’État, ministres de la Santé, responsables d’institutions africaines et partenaires du développement sont attendus à Accra pour définir une feuille de route commune, alors que les défis restent immenses : insuffisance des financements domestiques, accès inégal aux soins, vulnérabilité face aux pandémies et pression démographique.




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