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Hezekiel Tasse, Program Manager, Ethios, fertilizer blending

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« OCP accompagne la cartographie de la fertilité des sols
d’au moins 30 woredas en Ethiopie »

 

Hezekiel TassePour relever le défi de l’autosuffisance agricole, l’Ethiopie a mis en place une agence dédiée à une radicale transformation de son système agricole. Son Manager Program rappelle les préoccupations de l’institution et revient sur la collaboration fructueuse avec le leader mondial des phosphates et acteur incontournable de la problématique de fertilisation des sols.

tinmar 970

 

AFRIMAG : Pouvez-vous nous présenter l’Agence éthiopienne de développement agricole ?

Hezekiel Tasse : Nous représentons l’Agence éthiopienne de développement agricole (Ethiopian agricultural transformation agency, ATA). Son rôle s’étend sur deux axes. D’une part, nous apportons notre soutien face aux obstacles systémiques au niveau national. D’autre part, nous identifions et résolvons les problèmes systémiques de l’agriculture éthiopienne.

Au cours de la dernière décennie, la principale préoccupation du secteur agricole éthiopien a été la sécurité alimentaire. Il nous a fallu également identifier les nouvelles technologies qui permettent d’accroître la production et la productivité des agriculteurs. Bien que cette approche ait conduit à une croissance importante du secteur, il est nécessaire d’en faire davantage afin de parfaire la transformation structurelle du secteur agricole nécessaire pour soutenir les ambitions de croissance économique et industrielle de toute l’Ethiopie. Par conséquent, nous nous sommes concentrés sur les principaux problèmes auxquels sont confrontés les petits producteurs afin de nous orienter vers une agriculture commerciale. En faisant du benchmark international, et en nous inspirant des meilleures pratiques internationales des organisations semblables à la nôtre, l’ATA a développé une approche spécifique à l’Ethiopie pour identifier et résoudre les problèmes d’ordre systémique. Il en ressort quatre types d’actions à mener. D’abord, il y a une priorisation, de la part des responsables politiques, des questions spécifiques nécessitant une action immédiate dans le programme de transformation agricole. Ensuite, nous avons identifié des solutions pour lever les entraves au développement grâce à l’implication d’experts éthiopiens et internationaux. Puis nous avons soutenu les organisations locales qui mettent en œuvre des solutions pour assurer que les analyses et les stratégies conduisent à des résultats sur le terrain. Enfin, la dernière action a été le suivi et la gestion des performances pour s’assurer que les interventions sont réellement exécutées dans les délais et suivant le budget prévisionnel.

Dans un pays aux influences climatiques variées, mais également aux pratiques culturales diverses, cela ne doit pas être une sinécure que de s’attaquer aux problèmes de l’agriculture. Comment procède l’ATA ?

Comme je l’ai dit tantôt, le second volet de notre intervention consiste à coordonner l’implémentation et la mise en place de solutions autour de produits agricoles et zones géographiques classées par priorité. Je confirme que l’Ethiopie au climat riche et varié avec une trentaine de zones agro-écologiques. Les systèmes de cultures ou d’élevage sont encore beaucoup plus variés. Toutes les solutions définies dans l’agenda de transformation agricole ont une application nationale. Néanmoins, pour un impact optimal, il faut que ces solutions systémiques soient intégrées dans une série d’interventions coordonnées appliquées à des produits ou terroirs spécifiques. Un second volet du rôle de l’ATA est de collaborer avec les actionnaires au niveau régional pour identifier et accompagner l’implémentation d’une certaine gamme d’interventions systémiques. Cela demande que notre agence travaille en étroite collaboration avec les gouvernements de la sous-région, mais aussi avec les partenaires aussi bien publics que privés, ainsi que la société civile. Cela demande également de la part d’ATA d’être impliquée dans le planning régional et dans le processus d’allocation des ressources. L’intégration régionale a été réalisée dans une certaine limite durant la phase de démarrage d’ATA. Cependant, une rapide expansion du travail d’ATA dans la région est attendue dans les mois à venir grâce au déploiement de l’Initiative de l’Agriculture commercial.

Quel est le niveau de partenariat que vous développez avec OCP ?

L’Agence éthiopienne de développement agricole et avec son principal partenaire, le ministère de l’Agriculture collabore avec l’OCP à différents niveaux depuis trois ans. Le support d’OCP Group comprend plusieurs points. Je dresserai une liste non exhaustive en citant certains éléments. Le groupe marocain accompagne la cartographie de la fertilité des sols d’au moins 30 woredas qui sont des circonscriptions administratives en Ethiopie. Sous le projet EthioSIS, le soutien de l’OCP a contribué à identifier le niveau de nutriments qui est nécessaire pour répondre à la question de l’amélioration de la productivité et le rendement au niveau des petites exploitations agricoles. Grâce à ce soutien, l’utilisation d’engrais a été améliorée et maintenant des petits exploitants agricoles dans ces limites administratives spécifiques ont accès à une information adéquate de ce type d’engrais à appliquer. De même, notre partenaire marocain a soutenu le projet EthioSIS dans la vulgarisation de la nouvelle fertilisation recommandée en fournissant à la suite des travaux de cartographie des sols. OCP a fourni des engrais gratuitement pour des parcelles d’essais de plusieurs agriculteurs. En plus de cela, OCP a fourni un soutien logistique pour mener à bien ce projet. Dans les deux dernières années, le projet EthioSIS a permis à au moins 40.000 agriculteurs, l’essai du nouvel engrais.

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