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Inflation/UEMOA : L’arme du taux directeur ne suffira pas

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En augmentant ses taux directeurs début juin, la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) espère contenir les pressions inflationnistes. Mais des indicateurs de conjoncture qu’elle a publiés hier lundi 20 juin, laissent penser que l’ordonnance basée uniquement sur les instruments monétaires ne suffira pas à soigner l’épidémie de la hausse des prix. Il va falloir relancer la production surtout alimentaire.

 

La BCEAO a d’ailleurs concédé que l’inflation dans la sous-région tient surtout à la sous-production alimentaire, mais comme ses consœurs, elle déploie l’arme de la hausse des taux directeurs afin de lutter contre la surchauffe des prix qui met à mal le pouvoir d’achat des ménages. Le taux d’inflation au sein de l’UEMOA s’élevait à 6,4% au premier trimestre. C’est plus de 2 fois le taux de convergence adopté par les pays membres de l’UEMOA, et qui est de +/-1% sur une valeur-cible de 2%.

L’intérêt des mesures au profit de la production alimentaire

C’est clairement la composante alimentaire qui accélère l’inflation avec une hausse de 5,2% sous la pression des prix internationaux des céréales et des produits de base. L’emballement actuel des marchés agricoles profite également au cacao, à la noix de cajou et à l’huile de palme.

En revanche, la production des produits vivriers a reculé de 8% au cours de la campagne 2021/2022 qui s’est achevé à la fin mars. Au total, 66,3 tonnes de céréales, tubercules et autres cultures ont été récoltées dans la sous-région, selon les données publiées par la BCEAO. C’est une baisse de 8,1% par rapport à la campagne précédente. La solution de la BCEAO visant à réduire la quantité de monnaie en circulation peut être comprise. Dans la théorie économique, une augmentation des taux par une Banque centrale peut agir sur les prix et les faire descendre. Aussi, la carence de production face à une hausse de la demande risque de creuser encore plus l’écart entre les exportations et les importations, avec comme conséquence un accroissement de la dette commerciale. 

Il semble pourtant urgent que la Banque centrale prenne des mesures en faveur du financement des secteurs de la production alimentaire, tout comme elle l’a fait pour le soutien de ses Etats membres au plus fort de la covid-19.

De même, la BCEAO ne pourra pas faire l’économie d’une approche au cas par cas afin d’intégrer des situations disparates dans son ordonnance. Au Burkina Faso, l’inflation a atteint un record de 10,3% tandis qu’elle était à 8,2% au Mali et au Togo. La situation est d’autant plus complexe que les pays ne peuvent soutenir des augmentations des salaires.

 

 

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