À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, SWISSAID alerte sur les inégalités persistantes qui frappent les agricultrices. Accès à la terre, sécurité alimentaire, lutte contre les violences et participation politique : malgré leur rôle central dans les systèmes alimentaires, les femmes restent parmi les premières victimes de la faim et de l’exclusion

Celles qui nourrissent la planète, mais souffrent de la faim
Dans de nombreuses régions du monde, et particulièrement dans les zones rurales, les femmes constituent la colonne vertébrale de l’agriculture. Elles sèment, cultivent, récoltent et transforment les aliments qui nourrissent des millions de personnes. Pourtant, paradoxalement, elles figurent parmi les premières touchées par la faim.
Aujourd’hui, les femmes représentent près de 60 % des personnes en situation d’insécurité alimentaire dans le monde. En Afrique subsaharienne, près de quatre femmes sur dix souffrent d’anémie, un indicateur alarmant des inégalités nutritionnelles.
L’accès à la terre demeure l’un des principaux obstacles à leur autonomie. Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), les femmes ne possèdent que 15 % des terres agricoles dans les pays en développement. Les normes sociales et les systèmes patriarcaux limitent encore fortement leur droit à l’héritage et à la propriété foncière.
Cette précarité a des conséquences directes : sans titre de propriété, les agricultrices accèdent difficilement au crédit et hésitent à investir dans des projets à long terme, comme la plantation d’arbres fruitiers ou l’amélioration durable de leurs exploitations.
Pour tenter d’inverser cette tendance, SWISSAID a notamment lancé un programme de crédit-épargne communautaire en Guinée-Bissau. Ce dispositif, dont les femmes sont les principales bénéficiaires, leur permet d’acquérir des parcelles agricoles et de renforcer leur sécurité alimentaire.
Lutter contre les violences faites aux femmes
L’accès aux ressources n’est pas le seul combat. Dans de nombreux pays, les violences de genre restent une réalité quotidienne.
En Colombie, plus de 600 féminicides ont été recensés l’an dernier. Face à cette situation, SWISSAID agit dans les zones rurales pour prévenir les violences et réduire les inégalités structurelles.
L’organisation soutient notamment la création de réseaux communautaires permettant aux femmes victimes de violences de trouver soutien et protection. Ces initiatives visent aussi à renforcer leur autonomie et leur capacité d’action au sein de leurs communautés.
Parallèlement, le programme «Femmes, participation politique et paix» encourage l’engagement des femmes rurales dans la vie publique locale. Formations, sensibilisation et accompagnement leur permettent de participer davantage aux décisions politiques, économiques et sociales dans leurs municipalités.
Depuis 2024, plus de 12 000 femmes ont déjà suivi des formations sur la gouvernance et la construction de la paix, leur ouvrant les portes d’instances locales telles que les conseils consultatifs.
L’égalité, un objectif encore lointain
Malgré certaines avancées, le chemin vers l’égalité reste long. Les inégalités structurelles, l’accès limité aux ressources et les discriminations persistantes continuent de freiner l’autonomie des femmes.
Les objectifs fixés par les Nations Unies dans le cadre de l’Agenda 2030 pour le développement durable, notamment l’Objectif 5 consacré à l’égalité entre les sexes, demeurent encore loin d’être atteints.
«Garantir aux femmes l’accès à la terre, aux ressources, à la formation et à la protection contre les violences est indispensable pour bâtir des systèmes alimentaires durables et contribuer à un monde plus juste,» souligne Valentina Maggiulli, responsable adjointe de programme et spécialiste de la thématique du genre chez SWISSAID.
2026, année internationale des agricultrices
Les Nations Unies ont proclamé 2026 Année internationale des agricultrices, afin de mettre en lumière le rôle central des paysannes dans la production alimentaire mondiale. Souvent invisibles, elles accomplissent pourtant une grande partie du travail agricole et jouent un rôle déterminant dans la lutte contre la faim.
Au cœur des systèmes alimentaires, les agricultrices demeurent ainsi un pilier essentiel des projets menés par SWISSAID, qui œuvre pour renforcer leurs droits, améliorer leur accès aux ressources et soutenir leur autonomie.








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