Après une contraction du PIB sud-africain de 1,1% au dernier trimestre 2022, Pretoria a dû pousser un ouf de soulagement en découvrant que l’économie a réalisé une toute petite croissance de 0,4% du premier trimestre 2023 selon les données publiées ce mardi 6 juin par l’Agence des statistiques, Stats SA.
L’économie sud-africaine échappe ainsi de peu à une récession qui signifie techniquement, deux trimestres consécutifs de baisse du PIB. Entre le 1er janvier et le 31 mars 2023, l’industrie manufacturière et les services financiers ont résisté mieux que les autres secteurs aux coupures d’électricité auxquelles procède régulièrement la compagnie nationale de l’électricité Eskom pour éviter un effondrement du réseau.

Grâce à la croissance enregistrée durant les trois premiers mois de l’année en cours, le PIB s’est établi à 4.610 milliards de rands (240 milliards de dollars), soit un niveau supérieur à celui enregistré au dernier trimestre de 2019, avant la pandémie du Covid-19.
L’Afrique du Sud est en proie avec une grave crise énergétique depuis 2008, en raison de l’incapacité de l’énergéticien national Eskom à répondre à la demande, avec ses centrales à charbon vieillissantes et de nouvelles capacités de production inadéquates. Cette crise ne cesse de s’aggraver depuis début 2022, avec des délestages programmés qui durent parfois jusqu’à 12 heures par jour.
Selon les estimations du ministère sud-africain de l’Energie, les coupures d’électricité coûtent plus de 50 millions de dollars par jour en perte de production. Le FMI a abaissé, en mars dernier, ses prévisions de croissance économique pour l’Afrique du Sud en 2023 à 0,1%, contre une précédente estimation de 1,2% datant de janvier, en raison notamment de l’aggravation de la crise de l’électricité. Fin janvier dernier, la Banque centrale sud-africaine avait aussi révisé ses prévisions de croissance pour 2023 à la baisse, les ramenant à 0,3%, contre une précédente estimation de 1,1%, pour les mêmes motifs.





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