La France «récuse le terme d’échec» au Mali après l’annonce du retrait militaire du pays, ce jeudi matin, a fait savoir le président Emmanuel Macron, en conférence de presse.
Le chef de l’Etat français s’exprimait quelques instants après la diffusion d’un communiqué de presse commun signé par la France, les pays européens engagés dans la force Takuba et le Canada, annonçant officiellement la fin de leur présence au Mali.
Ce qui n’était qu’un secret de polichinelle depuis plusieurs jours, est désormais acté : Paris se retire du Mali mais assure qu’une partie des militaires présents sur place vont être redéployés au Niger, sur la région frontalière.
Emmanuel Macron souhaite ainsi «impliquer et appuyer davantage les pays voisins de la bande sahélienne» et assure que «les groupes terroristes jouent de la porosité des frontières».
«Une coordination transfrontalière est indispensable pour contrer cette stratégie, c’est tout le sens d’un renforcement de la coordination entre les pays de la région», a-t-il poursuivi.
S’agissant spécifiquement du Mali, il indique que la France ne peut pas «rester engagée militairement aux côtés d’autorités de fait » dont elle ne partage «ni la stratégie, ni les objectifs cachés». Sur le terrain, ce retrait «se traduira par la fermeture des emprises de Gossi, de Ménaka et de Gao» qui «sera effectuée de manière ordonnée, avec les forces armées maliennes et avec la Mission des Nations unies au Mali».
Le Président sénégalais Macky Sall, Président en exercice de l’Union africaine, qui s’exprimait conjointement, a, quant à lui, déclaré que la lutte contre le terrorisme «ne saurait être la seule affaire des pays africains». Il s’est dit «heureux que l’engagement ait été renouvelé de rester dans la région et de réarticuler le dispositif». Les opérations de retrait de Barkane vont être étalées sur les 4 à 6 prochains mois.







![Tribune | La carte des fractures : le nexus séparatisme-exclusion -instabilité politique et risque terroriste [Par Pr. Hzaine El Hassane] Les derniers rapports des observatoires de la violence terroriste, ainsi qu'une enquête que nous avons menée, suggèrent deux constats : Primo, l'Afrique est toujours au centre de la carte des attentats des dix dernières années, et le terrorisme est le premier défi à la paix et à la sécurité africaine. Sans surprise, l'Afrique est la région la plus durement touchée, mais des parcours comme celui du Maroc montrent que le terrorisme n'est pas une fatalité et que l'africanité n'en est pas la cause. Secundo, le fléau terroriste est le résultat d'une combinaison de facteurs dont certains relèvent du niveau individuel (milieu familial, âge, éducation, caractère, enrôlement ou isolement, etc.) et d'autres du niveau macro national, qui est le niveau d'analyse choisi pour cet essai. Ni la pauvreté toute seule, ni la mauvaise gouvernance, ni les griefs ethniques, chacun dans son silo, n'expliquent ou ne déterminent ce phénomène : c'est une synergie, un nexus, qui fait qu'un pays bascule ou résiste.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/06/Les-chefs-des-agences-de-lutte-contre-le-terrorisme-se-reunissent-a-El-Jadida-450x253.jpg)



