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Mahamane Baby, ministre malien de l’Emploi et de la formation professionnelle

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« La création de 200.000 emplois projetés par le chef de l’Etat sera tenue »

 

  • La politique de l’Emploi et de la formation professionnelle font partie des priorités du gouvernement malien
  •  Plus de 180.000 jeunes ruraux arrivent chaque année sur le marché de l’emploi. Si rien n’est entrepris, ils seront quelque 240. 000 à l’horizon 2025
  •  D’ores et déjà et sous la houlette du ministre de l’Emploi et de la formation professionnelle des actions sont entreprises comme la création d’un Institut national d’ingénierie de formation et celle d’un Observatoire national de l’emploi et de la formation professionnelle (Onef).

 

Mahamane Baby

Mahamane Baby, ministre malien de l’Emploi et de la formation professionnelle

AFRIMAG : Vous aviez annoncé la création de 6650 emplois formels au cours du premier trimestre 2014. Si ce rythme devait se maintenir, la promesse du chef de l’Etat de créer 200.000 emplois pendant son quinquennat sera-t-elle atteinte ?

Mahamane Baby : Absolument oui ! Il n’ya pas l’ombre d’un doute en cela, car nous travaillons inlassablement pour l’atteinte de cet objectif. Vous savez depuis ma nomination à la tête du ministère de l’Emploi et de la formation professionnelle, il était important pour moi de rencontrer tous les acteurs devant intervenir dans le processus. C’était pour nous, une façon de capitaliser les acquis, de consolider les partenariats d’une part et d’autre part diversifier et intensifier les axes d’intervention. Cela a été soldé par la mise en place d’un cadre permanent de rencontres et d’échanges avec les partenaires locaux, nationaux et internationaux.

De mon point de vue, il fallait aussi et surtout penser à la statistique, donc mettre en œuvre un mécanisme de collecte, de traitement et de diffusion des emplois créés. Une initiative qui est aujourd’hui concrétisée. A cet égard, toutes les informations concernant les emplois créés sont disponibles et vérifiables sur les sites internet dédiés à cet effet.

Pourtant, le chômage des jeunes au Mali, notamment ceux du monde rural, constitue un défi majeur. Quelles sont les pistes envisagées pour ramener le taux de chômage des jeunes à des proportions acceptables sachant que le pays sort d’une grave crise dont l’impact sur les investisseurs est réel ?

Il est important de rappeler que le Mali s’est doté d’une loi d’orientation agricole et de politique de développement qui place la ressource humaine au centre du développement de c e secteur stratégique de notre économie.

Nous savons aussi que chaque année, environ 180.000 jeunes ruraux arrivent sur le marché du travail avec des difficultés extrêmes à trouver des débouchés professionnels.

Ce chiffre pourrait atteindre 240.000 en 2025, induisant un besoin d’emploi pour près de 3 millions de jeunes en milieu rural, donc il fallait anticiper, et entre autres pistes déjà envisagées la signature, vendredi 17 janvier 2014, à Rome en Italie, d’un accord de financement d’un Projet de formation professionnelle, d’insertion dans les filières agricoles et d’appui à l’entreprenariat des jeunes ruraux (Fier) d’un montant de 26,55 milliards de francs Cfa. La moitié de cet apport financier est un don de nos partenaires. L’objectif dudit projet est d’aider les jeunes ruraux, de plus en plus nombreux à arriver annuellement sur le marché du travail, à accéder à de l’emploi en zone rurale pour éviter l’engorgement des villes. La durée du projet est de huit ans.

Mahamane BABY

Rome. Vendredi 17 janvier 2014, signature d’un accord de financement d’un Projet de Formation professionnelle d’un montant de 26, 55 milliards de francs CFA

A quand la mise en place d’un Observatoire de l’Emploi au Mali ?

La nouvelle vision du changement prônée par le président de la République s’est déjà traduite au niveau des reformes institutionnelles par la création d’un Institut national d’ingénierie de formation et celle d’un Observatoire national de l’emploi et de la formation professionnelle (Onef). Le 27 novembre 2013, le Conseil des ministres a adopté les projets de textes relatifs à la création (ordonnance 024/P-RM), à l’organisation et aux modalités de fonctionnement de l’Observatoire national de l’emploi et de la formation du Mali (décret N°2013-999/P-RM). C’est aussi une réponse à la recommandation de l’Union économique et monétaire ouest- africaine (Uemoa) visant à aller vers l’unification et l’intégration du marché du travail dans notre espace économique. Les Observatoires nationaux sont mis en place et bénéficient, à cet effet d’une certaine autonomie.

L’Onef est un établissement public à caractère scientifique et technologique. Il a pour mission de faire de la recherche et des études afin de fournir aux décideurs et aux usagers des informations fiables et régulièrement actualisées sur le marché du travail, aux niveaux national et régional, pour une meilleure régulation de ce marché.

L’Etat malien doit s’appuyer sur le secteur privé qui attend toujours des incitations de sa part. Quelle politique de l’Emploi pour encourager le secteur privé ?

D’abord, c’est pour moi l’occasion de saluer les partenaires du secteur privé qui, faut-il le rappeler n’ont ménagé aucun effort pour nous accompagner dans nos efforts depuis l’annonce, dans un contexte difficile, de la création des 200.000 emplois.

Il reste entendu que cette stratégie de création d’emplois est basée sur le partenariat public- privé qui devra tenir compte de la prise en charge des groupes essentiellement vulnérables, notamment ceux qui vivent dans la précarité extrême ou frappés d’handicap. Nous y veillerons.

Il est aussi question de mettre sur pied une ingénierie de formation professionnelle afin d’accélérer les créations d’emploi. Où en êtes-vous dans ce dossier?

Suite aux recommandations du Forum national de l’éducation tenu du 30 octobre au 2 novembre 2008, nous avons, enfin dans le cadre du Programme décennal de développement de la formation professionnelle pour l’emploi (Prodefpe), procédé à la création par l’Ordonnance N°2013-009/P-RM du 28 août 2013 de l’Institut national d’ingénierie de formation professionnelle (Iniforp).

Il a été constaté que les activités liées à l’ingénierie de formation se caractérisent par l’intervention d’une multitude d’acteurs publics, privés et associatifs et chacun de ces intervenants développe ses outils et référentiels presque de manière isolée, et l’Iniforp étant un ensemble de politique, d’outil et de méthode nous permettra de mettre en œuvre de façon coordonnée et rigoureuse, les démarches de conception, d’organisation, d’exécution et d’évaluation des actions de formation.

A ce titre, l’Iniforp sera chargé de couvrir toutes les fonctions de l’ingénierie de la formation, de fédérer les acquis de tous les acteurs et de servir de levier d’adéquation des offres de formations aux besoins du marché et des débouchés locaux. Aussi, il apportera son assistance aux acteurs publics et privés du secteur de la formation professionnelle.

Verbatim

[caption id="attachment_1541" align="alignleft" width="320"]Ibrahim Boubacar Keïta, Président du Mali Ibrahim Boubacar Keïta, Président du Mali[/caption]

« Aujourd’hui pour avoir un plombier digne de ce nom il faut l’importer, cela signifie qu’il y a un besoin crucial de formation sur place. Je suis pour l’intégration africaine sous- régionale, mais si mon plombier je peux le trouver à la porte de mon domicile, c’est mieux encore, pareil pour l’électricité, la maçonnerie…

Je me bats pour ça au quotidien parce que c’est uniquement cela qui va nous faire respecter et tenir notre rang et place dans le monde.

Nous tenons beaucoup à ce qu’on puisse promouvoir les jeunes qui ont des idées, nous avons des bourses, nous avons des compétitions de plan d’affaires pour l’émulation et notre ministère chargé de l’Emploi et de la formation professionnelle n’est pas un gadget. »

(Un extrait de l’interview du président malien, Ibrahim Boubacar Keïta réalisé à Bruxelles)

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