Porté par la montée en puissance de ses filiales Moov Africa, Maroc Telecom signe un premier semestre 2026 solide. Avec une progression de 7,5 % de ses revenus à l’international, des performances record dans la data mobile et le Mobile Money, le groupe confirme que son principal moteur de croissance se trouve désormais au sud du Sahara. Une dynamique qui compense largement la maturité du marché marocain et conforte son statut de champion panafricain des télécommunications.
Maroc Telecom confirme son virage africain. Au premier semestre 2026, le groupe a réalisé un chiffre d’affaires consolidé de 19 milliards de dirhams, en hausse de 5,4 % par rapport à la même période de 2025. Mais derrière cette performance globale se cache une réalité de plus en plus évidente : ce sont les filiales africaines qui tirent désormais la locomotive.
L’Afrique, premier moteur de croissance
Regroupées sous la bannière Moov Africa, les activités internationales ont généré 10,15 milliards de dirhams de chiffre d’affaires, soit une progression de 7,5 %, contre une hausse plus modérée de 2,2 % pour les activités au Maroc. Les filiales représentent désormais plus de la moitié des revenus du groupe, confirmant l’importance stratégique du continent dans le modèle de développement de Maroc Telecom.
Présent dans onze pays africains, l’opérateur poursuit ainsi la diversification géographique engagée depuis plusieurs années, faisant de l’Afrique subsaharienne un véritable relais de croissance.
Data et Mobile Money, les deux accélérateurs
Cette dynamique repose principalement sur deux segments à forte valeur ajoutée : la data mobile et les services financiers numériques.
Les revenus liés à la Data Mobile progressent de 12,5 % dans les filiales africaines, tandis que les activités de Mobile Money enregistrent une envolée de 18,2 %. Ces deux moteurs compensent le recul structurel des revenus issus de la voix et des appels internationaux entrants, illustrant la transformation profonde des usages numériques sur le continent.
Cette évolution traduit également la montée en puissance de l’inclusion financière numérique dans plusieurs marchés africains, où les services mobiles deviennent progressivement des outils bancaires de proximité.
Une rentabilité qui résiste malgré les investissements
La croissance ne se fait pas au détriment des marges. Les filiales Moov Africa affichent un EBITDA de 4,38 milliards de dirhams, en hausse de 8,7 %, avec une marge qui progresse à 43,1 %.
Le résultat opérationnel (EBITA) augmente de 4,2 %, tandis que les flux de trésorerie opérationnels bondissent de 22,7 %, signe d’une amélioration continue de la génération de cash malgré la poursuite des investissements dans les infrastructures télécoms.
À l’échelle du groupe, l’EBITDA progresse de 5,1 % pour atteindre 9,54 milliards de dirhams, avec une marge toujours supérieure à 50 %, un niveau particulièrement élevé dans l’industrie. Hors effet exceptionnel enregistré en 2025 dans le cadre du règlement du litige avec Wana Corporate, le résultat net part du groupe affiche même une progression de 8,1 %.
Des marchés africains particulièrement dynamiques
La croissance est alimentée par plusieurs filiales particulièrement performantes.
Le Togo enregistre la plus forte progression du parc mobile avec +24,6 %, suivi du Burkina Faso (+19,9 %), du Niger (+13,2 %), de la Mauritanie (+9,9 %) et de la Côte d’Ivoire (+8,2 %). La Centrafrique affiche même une spectaculaire hausse de 59,7 %, certes sur une base plus réduite.
Sur le haut débit fixe, les performances sont tout aussi remarquables. Le parc progresse de 84,5 % en Côte d’Ivoire, de 47,6 % en Mauritanie et de 28 % au Burkina Faso, témoignant de l’accélération des investissements dans les infrastructures numériques sur le continent.
Le Maroc poursuit sa transformation numérique
Si l’Afrique constitue désormais le principal moteur de croissance, le marché domestique reste solide.
Au Maroc, les revenus progressent de 2,2 %, soutenus par l’explosion de la consommation de données. Les revenus de la Data Mobile bondissent de 20,2 %, tandis que ceux de la Data Fixe augmentent de 12,3 %, portés notamment par l’expansion du réseau FTTH, dont le parc progresse de près de 30 %.
Le groupe poursuit également un important effort d’investissement, notamment dans le déploiement de la 5G, avec des dépenses représentant 21,4 % du chiffre d’affaires des activités marocaines au premier semestre.
Une stratégie panafricaine qui s’affirme
Dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques et les incertitudes économiques mondiales, Maroc Telecom maintient ses perspectives pour l’ensemble de l’exercice 2026. Le groupe prévoit toujours une croissance du chiffre d’affaires et de l’EBITDA, tout en poursuivant une politique d’investissement ambitieuse, avec un CAPEX représentant environ 25 % des revenus.
La feuille de route repose sur deux piliers : le renforcement des infrastructures très haut débit et l’accélération des investissements dans les filiales africaines, notamment dans la data et le Mobile Money.
Au-delà des chiffres, ces résultats illustrent une tendance de fond : Maroc Telecom n’est plus seulement le leader historique du marché marocain. Son avenir se joue désormais à l’échelle du continent africain, où l’explosion des usages numériques, la démocratisation des smartphones et l’essor des services financiers mobiles ouvrent un potentiel de croissance encore considérable. Ainsi, le premier semestre 2026 confirme que l’Afrique est devenue le principal levier de création de valeur du groupe.





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